CHAPITRE XVIII. «& I^C
et da Levant Quelques escadrons de la garde impériale balayèrent au galop les deux grandes
rues d'Alcala et de San*Geronimo, qui abou* tissent à la place dite Puerto del Sol, où ils s'établirent , tandis qu'une colonne d'infanterie inondait la rue de San-Bernardo , pour se join* dre aiâL troupes qui défendaient le palais du grand*duc de Berg. La vue des cadavres français étendus dans les rues irrita les troupes, qui se portèrent à des représailles sanglantes. L'^^ÉItaque et la défense furent également vives ; mais le résultattae pouvait: être douteux. Les soldats français furent bientôt les maîtres des mes et des places. Murât, les ministres Azanza et 0*Farril, ainsi que plusieurs autr^ membres de la junte*, s'exposèrent à tous les dangers pour faire cesser l'effusion du sang. Les troupes réglées espagnoles secondèrent les Français, et contribuèrent à apaiser momentanément le carnage. Mais dans la soirée , les révoltés recommencèrent à faire feu de Tintérieur des maisons ou ils s'étaient réfugiés, et les Français furent obligés d'enfoncer les portes pour s'emparer des paysans. Soixante hommes pris les annes à la main furent entraînés au Prado et fusillés sur-le-champ; une quarantaine d'autres révoltés furent conduits au quarâer.de l'infanterie,, à côté du palais de Murati
tJi:k # PaBHlÈRE PARTIE.
On a prétendu que dans cette funeste ^ournée' Murât dvait fait périr par la mitraille plus de cinq cents habitans de Madrid : le rapport rédigé par les Espagnols, lorsqu'ils n'avaient plus aucun intérêt à diminuer le nombre des victimes de l'indépendance nationale, ne fait nionter leur perte qu'à cent quatre tués et cinquant^qmtre blessés. Parmi les morts on comptait Yelarde et Daoiz, tous deux officiers de Tartillerie espagnole , braves et estimés, lesquels se trouvantdaos le dépôt d'artillerie avec quelques canonnieitMnvalides, s'opiniâtrèrentâ tirer éur une colonne de près de quinze cents hommes, déjà miaîtresse de tout le quartier, parce qu'on vint leur dire qu'un régiment espagnol était attaqué dans sa caserne par les Français.
' On a également exagéré le nonibre des soldats égorgés par les Espagnols. Le rapport isir séré dans le Moniteur^ au lieu dé diminuer les pertes des Français, se plut à les doubler. D'an* très rapports plus véridiques portent à cinq cents le nombre des soldats égorgés dans lés mes, ou fusillés des fenêtres. La disproportion ^ existe entre les pertes faites par les agresseon et celles des Français , se conçoit facilement quand on réfléchit que les troupes ne commencèrent à tirer sur le peuple que lorsiqu'ii y ariii déjà un grand nombre de soldats égorgés.