CHAPITRE XVlU. ^ l
On devait s'attendre , d'après le 'caractère 4o Murât I que des mesures sages, seraient prises par lui y à la suite 'de cette funeste journée , pour calmer l'irritation d'une populace qui n'avait cédé qu'à la force; mais Murât , irrité lui*inéme d'avcPirvu. couler le sang français autrement que sur un champ de bataille glorieux, oublia la modération et la générosité dont il avait souvent donné des preuves , et mit la terreur à l'.ojcclire du jour. Tous les insurgés qui avaient été .enfermas dans le quartier de l'infanterie , furent fu-^ sillés le lendem|^n à la pointe du jour. La pro^ clamation qu'il adressa aux troupes dans la soirée du 2 maiy leurannouiçait que tous leshabitans de la ville de Madrid allaient être tenus de dé? poser leur armes sous peine de mort ; que toutes les réunions au dessus de huit personnes.séraient dispersées à coups de fusil ; que tout village où ^ un Français aurait été assassiné serait brûlé ; que les auteurs ou distributeurs d'écrits provo^ qoaat à la sédition seraient fusillés , etc. , etc« On ne peut excuser la rigueur des mesures que lé grand-duc de Berg prit dans cette^circonstance, cju^ca /9e reportant sur la scène ou tant de Français venaient de périr si misérablement , et en pensant que Murât dictait son ordre du jour dans un moment d'exftspération.
La iournée du lendemain fut calme et siien*-
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cicuse comme les tombeaux. Murât expédia un courrier à Napoléon, et une ordonnance aa gé néral Dupont, pour leur donner les détails de l'insurrection. Bans la soirée l'ambassadeur français, Laforêt , eut avec don Antonio, une conférence secrète, à la suite de laquelle ce prince annonça aux ministres espagnols sa résalution de partir le lendemain matin pour aller rejoindre à Bayonne le jeune roi son neveu, et les autres membres de sa famille. C'est en rain que la junte représenta au prince qui la présidait que sa présence en Espagne ferait plus utile qu'à Bayonne pour la défense des droits de Ferdinand ; don Antonio déclara que sa détermination était invariable , et il partit en effet le 4 mai , après avoir désigné le ministre de la marine , François Gil , pour le remplacer dans la présidence de la junte du gouvernement.
Immédiatement après le départ de don Anr tonio. Murât lit dire aux ministres espagno^ qu'il croyait convenable, pour assurer le main* tien de l'ordre et de la tranquillité publique} de prendre part aux délibérations de la jmite) et dans la soirée même il entra dans le jlicu da séances, et se fit proclamer président.
Pendant que Murât se plaçait à ia tête seul gouvernement qui existât alors en Espagne) Napoléon recevait et faisait tire à Charles ÏV
niAPITRE XVIII. l45
le Rapport sur les évéïreraens du a mai. Le premier mouvement du vieux roi fut de nommer le gtand-duc de Berg lieutenant -jgénéral du royauirie d'Espagne. Ainsi, au moyen de cette atttOiution, Murât fut un moment le véritable roi d^Espagnè. Si Napoléon ne s'opposa pas à cette nomination , c'est parcç qu'il avait encore besoin de Murât dans la péninsule : toutefois il trouvait que son beau-frère n'était pas à la hauteur des circonstances ; on lui entendit dire plusieurs fois : « Murât va mal et trop vite. » Il est probable que celui qui venait de réunir entre ses mains toute la puissance royale, «pensait que l'Espagne finirait par lui rester, puisqu'il était le seul prince guerrier de la famille impériale ; mais Napoléon apprenait en ce moment que, s'il pouvait se fier à la bravoure éclatante de Murât, il ne pouvait pas compter sur sa capacité politique : aussi , dès qu'il eut obtenu de Charles IV la cession de tous ses droits au trône d'Espagne et des Indes, annonça-t-il que ce serait occupé par son frère Joseph.
Pendant que le prince de la Paix signait à Bayonne, au nom de son maître , la ce&ion de s^es royaume»! et que Ferdinand adhérait à cette cession et en stipulait les^ionditions, l'Espagne entière se soulevait contre les Français ; la position de Murât, d'ailleurs mécontent des disposi-
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