‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 42 sur 113 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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Murât roi de Hq^les. — Prise de l'île de Caprée. (1808.)

l^APOLEOK avait donné à Murât Fespoir de régner sur le Portugal ; mais au moment de la cession de l'Espagne au roi de Naples, Joseph, le Portugal était au pouvoir des Anglais , qui paraissaient fortement disposés à le garder sous leur protection. Il aurait donc fallu que les troupes françaises en fissent la conquête : les circonstances étaient peu favorables ; l'insurrection générale des Espagnols donnait trop d^oc- ^upation aipt corps français qui se trouvaient dans la péninsule, pour^u'on pût s'occuper du Portugal.

Cependant il fallait un royaume à Murât : le

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grand-duché de Berg était trop peu de chose pour le premier lieutenant de Napoléon, qui était en même temps Tépoux de sa sœur : il dédaignait ses États d^outre Rhin , ,;et 3é plaignait de ce que rêmperéur ne lui avait pas laissé TEspagtie. Quoique Napoléon fût assez mécontent de la conduite que Murât aiait tenue à Madrid, comme il fallait qu'il disposât de la couronne de Naples, il signa, le i5 juillet 1808, le décret qui octroyait cette couronne à son beau-frère Joachim Napoléon.Touiefois^ enlaçant Murât sur lé trône de Naples , le grâncïxfistribut'êtir de royaumes ne se dissimulait pas Tinconvénient qu'il y aurait à le laisser livré à lui-même ; il savait très-bftn que si Murât avait de l'énergie et du courage lorsqu'il était près de lut, cf^était un hotnme faible et sans caractère des qu'il se trouvait abandonné à ses seules inspirations ; aussi Napoléon se promit -il d'exei'cèr feur le nouveau roi de Naples toute Tinflueùce qu'il avait sur le général de cavalerie : pirfs tard il avoua même qu'il ne s'était servi de éfo6 beaufrère' que comme d'un instrument flexible avec lequel il devait exécuter ses grands projets sur l'Italie. Murât ne pénétra pas si 4lnt dans lat pensée de Napoléon ; iUne vit qu'une couronne, un beau pays placé sous un beau ciel ; il se hâta d'aller en prendre possession.

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ÏjC 5 septembre 1808, Joachim Napoléon arriva aux confins des États de Naples, où il fat reçu par les autorités civiles et militaires de la province avec de grandes démonstrations de }oie. Le lendemain il fit son entrée à Naplès au milieu d'un brillant cortège , où figurait le maréchal Pérignon , lieutenant -général dû royaume y et d'une population bruyante qui agitait sut la;tétjs du nouveau roi des branchesde laurier et d'olivier. Murât se montra trèsaffable ^ et plut par ses manières affectueuses. Le peuple le^lrouvaît superbe sous son costume bizarre ; il le suivait des yeux et applaudissait.

£n prenant possession du royaume de INaples, Joachiin y trouva le ministère qiijî le roi Joseph avait lai^ , à l'exception de M. Miot, ministre de l'intérieur, qui était parti pour l'Espagne avec Joseph, etde M. Rœderer, ministre des finances, qui venait d'être nommé secrétaired'£tat du grand -duché de Clèves et de Berg.

Ce premier ministère de Joachim se trouvait -donc Cjjjipiposé :

De M. CianciuUi , ministre de la justice , qui eut en|iii^te pour successeur M. Ricciardi ;

Du muniis de Gallo, ministre des affaires étrangères. C'était un ancien ministre du roi Ferdinand, qui avait assisté aux conférences d'XJdine et de Gampo-Formio, et qu'on avait

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VU chai^gé des négociations les plus délicates* M. de Gallo avait également rempli les hautes fonctions de yice-roi de Sicile. Plus tard il fut successivement nommé ambassadeur près de la république cisalpine , près de la répubUque française» et enfin près de Teippereur Napoléon. Son caractère s'étaut alors trouvé compromis par des traites secrets que la cour de^Naples avait conclus avec l'Angleterre , A|. de Gallo donna sa démission. Lors de l'avènement de Joseph Napoléon au trône de Naples, M. de Gallo reçut le portefeuille des affaires étrangères de ce royaume, et le conserva sous Joachinu

L'archevêque de Tarente, M. Capecelatro, administrait par intérim le département de l'intérieur. Issu d'une des plusanciennes/amiUes de Naples, M. Capccelatro avait obtenu de bonne heure les plus hautes dignités ecclésiastiques II s'était pourtant montré contraire à certaines prétentions de la cour de Rome, et on l'avait vu combattre toutes les idées gothiques , tous les genres de superstition. Citait un prélat partisan de la vérité et d'une saine philosophie. ^ ^

Deux Pignatelli , de la maison deaprinces de g Strongoli , étaient au iiombrc des praniers ministres de Joachim : l'un, le commandeur, avait le département de la marine, ainsi que celui des

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affaires ecctcsiastiques ; rautre, le prince François, était cbargé des finances. Le commandeur fut ensuite remplace par M. de Tugny; et le prince te fut également par M. de^Mosbourg.

Tous ces ministres de Joachim Napoléon étaient de$ bommtes de mérite ; mais un seul , Saliccttiy qui réunissait alors le portefeuille de la guerre à celui de la police générale , était un véritable hoi|ime d'Etat. On se rappelle que cet ancien député de la Convention à Tarmée d'Italie, fut le premier à vanter la bravoure de Murat, et à deminder de l'avancement pour ce jeune officier. Après de longues guerres , dans lesquelles Murât s*était journellement fait distinguer parmi les braves généraux de la révolution j il r^ouvait au nombre de ses ministres ce même Salicetti, son protecteur à son début dans la cairière militaire. Joachim savait tout le cas que Napoléon faisait des talens de son compatriote; il n'ignorait point qu'on le considérait en Kurope comme un des plus habiles politique^t des plus sages administrateurs connus; il ne balança donc pas à lui accorder toute sa confi^Ai^ ; et l'on peut dire que ce fut Saliytti qui di^^Ba les premiers pas du nouvçau roi de Naples.

Joachim , «entouré d'hommes sages , débuta par la suppression des commissions militaires ,

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.tribunaux expéditifs que le roi Joseph avait cru devoir organiser pour effrayerTes brigands •qui infestaient plusieurs provinces , et qui faisaient surtoift une guerre à mort aux Français: il décréta en même temj^s une amnistie générée à tous les déserteurs qui se présenteraient pour <r.eJ9indre leurs corps.

Par un autre décret remarquable , il défendit aux employés de percevoir deux émolamens divers à la charge de l'Etat , lors même qu'ils exerceraient deux fonctions différentes. Jusqu'alors les salariés du gouvernement avaient pu ;cumulcr leurs divers traitemens , et il en était résulté un abus très - préjudiciable au trésor. Cette réforme était d'autant plus nécessaire, qu'en arrivant au pouvoir, Murât a«rait trouré les finances dans une situation peu prosipèrc : on annonçait en outre une diminution dans les recettes de Tannée suivante , et Joachim se vit dans la nécessité d'augmentcf l'impôt foncier.

Si l'on en excepte cette dernière diesure , Vavèiiement de Joachim fut signalé par des actes de clémence et de générosité quîi llnévinrefit les Napolitains en sa faveur. Pluqjpti^s itidividfi accusés d'avoir ourdi des trames contre la éôveté de l'Etat furent rendus à la liberté; quelques-uns, exilés de leur pairie, obtinrent la pcr-

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