CHAPITRE III
et Bné audace au dessus de tout éioge. »
En peu de temps Murât s*ëtait acquis la confiance de son gênerai , et Testime de tous ses brares compagnons d'armes ; et lorsque , quelques jours après la bataille de Mondoyi , Bonaparte eut forcé le roi de Sardaigne à se détacher de la coalition et à signer l'armistice de Chérasque , Murât fut envoyé en mission à Turin. Il fut eti^suite choisi pour porter au directoire les vingt et. un drapeaux pris sur Vennemi dans, cette courte et brillante campagne.
Personne n'était plus propre que lui pour cette solennité pompeuse et presque théâtrale , et ce ne fut pas un spectacle sans intérêt que celui où Ton vit un jeune et beau guerrier, éclatant d'or et de broderies , présenter aux chefs du gouvernement , au milieu des conseils et d'une population ivre de joie , les drapeaux conquis en vingt jours sur les armées coalisées contre la république française. Murât fut accueilli avec enthousiasme , et le directoire , qui ne Tavait pas même encore reconnu dans son grade de. colonel , le confirma dans celui de général de brigade.
Murât n'était pas seulement chargé de cette mission d'apparat : le général en chef lui en avait donné une autre plus propre à manifester la confiance qu'il avait en son aide^-de-camp. Tout le
# l8 PREMIÈRE PARtIE.
monde sait que Bonaparte avait épouse la veuve du général Bcauharnais quelques jours avant d'aller prendre le commandement de rarmée d'Italie ; il avait alors voue un culte à cette femme si aima^ble, et tous ses regrets étaient de ne pas l'avoir près de lui. Murât , porteur des lettres les plus pressantes et les plus tendres du général à son épouse , devait joindre ses prières à celles de Tépoux , afin d'engager madame Bonaparte à partir , pour l'Italie , où il devait l'accompagner. Murât reçut un accueil amical de Joséphine; mais comme elle était alors sérieusement indisposée , et qu'elle se croyait enceinte , elle ne voulut pas s'exposer aux dangers d'une longue route, et Murât retourna au quartier -général, qui se trouvait à cette époque à Milan, y rassurer Bonaparte sur les suites de la maladie de sa femme , et lui annoncer qu'il serait «bientôt père : ce qui fut loin de te réaliser.
En. entrant dans 1^ capitale de la ï^ombardie , les soldats de la république française reçurent des Milanais l'accueil le plus fraternel. Ce n'était partout que fêtes , illuminations et danses sur les places publiques. La haute société se distin- ^a par les bals charmais qu'elle donnait tous les joues aux généraux et officiers français, et le beau seice montrait un grand empressement à