CHAPITRE lit
plaire à ces jeunes guerriers. Tous les yeixs des
belles Italiennes étaient fii^^s sur le général
en chef, qui , épris de sa feiniae » et craignant
d'ailleurs de se laisser vaincre par la mollesse et
les plaisirs ^ se montra un véritable Caton ; mais
il n'en fut pas de même des officiers de son
brillanlt état-majpr. B^rthier donna le preniier
l'exemple , il se laissa séduire par madan^e Yis-
conti, qu'il n'a cessé d'aimer jusqu'à sa mort.
La belle, la sémillante madame Kuga, n'eut
p9S beaucoup de peine à se faire aimer par
J'aide-de-camp Murât « Murât est malade,
« écrivait quelques jours après Bonaparte à
« Joséphine; la déesse du bal , madame Ruga ,
« lui a donné une galanterie. Il est furieux , il
- « veut faire mettre son aventure dans les jouj^
« naux. Je l'ai envoyé à Brescia »
Pendant quis Murât maudissait à Brescia la belle déesse du bal , les troupes françaises marchaient à de nouveaux triomphes. Murât accourut reprendre sa place auprès du général en chef, et eut bientôt mille occasions de se faire citer dai)S ces rapports au^directoire, qui préludèrent aux bulletins de la grande armée.
Au passage du Mincio, quatre mille fantassins et trois mille caysdiers autrichiens et napplitains se trouvaient en position dans la plaine ; Murât , ^ la téfce d'une brigade de cava-
^ XO PREHIÈRE PARirt.
lerie, chargea les trois mille cavaliers avec son intrépidité ordinaire, les rompit et les mit en fuite , en même temps que le colonel Gardannc avec ses grenadiers chargeait l'infanterie ennemie. Le Mincio fut passé. Dans cette journée Murât se montra aussi brave que généreux; il s'exposa lui-mâme pour sauver quelques cavaliers qui étaient sur le point de tomber entre les mains des Autrichiens, et fut assez heureux pour les dégager.
Quelques jours après il était de retour à Milan , d'où il fut envoyé à Gènes pour .demander l'expulsion des agens de l'Autriche, et particulièrement celle de l'ambassadeur Gerola , qui ne cessaient de fomenter des troubles dans les fiçfs impériaux , et qui avaient infesté les grandes routes par des bandes de JBarhets. Murât parla de manière à être promptement obéi ; il fit ensuite organiser des colonnes génoises pour purger les routes et protéger les convois français, Bonaparte fut très-satisfait du résultat de cette mission , et lui en confia bientôt après une autre de la plus grande importance.
Il s'agissait de faire une excursion à Livourne, pour y surprendre cent bâtimens anglais richementcbargés qui s'y trouvaient prêts à mettre à la voile. Murât, commandant l'avant^arde de cette expédition, traversa rapidement la Toscane,