CHAPITRE III
Ënlèreineiit du pape. — Extirpation du brigandage dam tes pro^l^
▼inces napolitaines. ( 1809. } ^1^
Pekdant que Murai repoussait l'expédition
des Anglo-Siciliens, de grands ëvënemens avaient
eu lieu souples murs die Vienne , et avaient réagi
jusque dans la capitale des Etats du saint-père ,
qui venait lui-même d'être enlevé et conduit en
France* Plusieurs historiens, ot ent|ie autres
l'abbé de Mont^Uard, qpt rejeté sur Murât
l'odieux de cet attentat. Pour démontrer que le
roi de Maples fut absolument étiranger à cet acte
de violenee , il me suffir%^, (^ rétablir les faits.
Au moment où la quatrième coalition contre
Isi Fraiice se déclai'a, le cabinet du Vatican avait
x*<appelé son ministre à Paris. La guerre se trou-
^vait déclarée' entre cette puissance faible, qui
'le pouvait opposer aucune résistance, etlapui^-
s^ricc victorieuse du monde. Mais le système
"^tait à Rome de porter tout à l'extrême , dk>p^ ^*
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l68 DEUXIÈME PARTIE.
poser les armes spiritudyies aux temporelles : on s'j; flattait encore de voir renaître les temps où tout tremblait à la vue des foudres sacrées. La guerre dans laquelle la France se trouvait en-
* gagce avec TAutriche et l'Espagne parut favo-
«able au saint-sicge : il lança sa bulle d'excomaunication contre l'empereur Napoléon et les Français. La population de Rome s'agita. Le général français qui command||t la ville de- à m^nda un refifort de troupes pour contenir cette population. Il reçut Tordre de. s'emparer * du gouvernement pontifical, d'incorporer les troupes papales dans Tarmce française, de maintenir une bonne police; mais de ne^'oubler en rien la direction des affaires spirituelles.
Sur ces entrefaites eut lieu la bataille d'Es-
* ling, doijM; le résultat vint jeter^des doutes sor l'issue de la guerte ejjgenhardir legouvernemcat pontifical. Les troupes françaises étaient peu
« nombreuses à Btome ; elles ne mouvaient espér rer aucun secours 4ii royaume de Naples, qui était alors menacé par les Anglo-Siciliens , et ^ Joactiim, occupé lui-même de sa propre défense , ne pouvait nullement intervenir dans les affaires de Rome, n'ayant d'ailleursreçu aucune ^- mission à cet égard. Cependant le saint-père, ' qiii voulait attendre les événemens^ s'était en- ^^ jÇprmé dans son palais j et avait fait élever autour
f.HAPITRE 111. l6g
des barricades , gardées |^ar quelques centaines d'homines armés exerçant la plus grande surveillance. Les troupes françaises qui occupaient les postes extérieurs se prirent de querelle av^c les soldats du saint-siége ^et la situation du pap/e^
^.. devint dangereuse, car il était à craindre, qu^^l d%in moment à l'autre on n'en vînt aux mains soul^P les fenêtres du palais, et les balles ne respectent
s personne. Lenénéral frança^ commandant « à Romts fit les plus vives remontraifces sans.pQ|h voir faire comprendre que le pape serait beaur cbûp plus en sûreté, gardé parla sainteté de son * caractère, que si Ton opposait la force à la force. N'étant paft écouté, il adopta le parti de faire transférer le pape à Florence, Le roi de N^aple^ ne fut pas même consulte ; le général français crut qu'il était de son devoir de veill0i^ sur les jours de Pie YII et de mai|^tenir la tranquillité publique : il prit conseil des circonstances , et fit enlever le pane. s
l^es détails de cet enlèvement sont trop connus poiir que je les répète ici. On sait aussi aujourd'hui . par quelles combinaisons imprévues Pie VII fut successivement ballotté de Rome à Florence , de Florence à Turin , et de Turin à Grenoble. Là , un courrier de ISapoléon, expé- ^ die de Schœnbrunn , vînt faire rétrograder le saint-père , dont la résidence (ut fixée provi«oi% ^ *
rement à Savone, Quoique mécontent de w (ïtait arrivé. Napoléon ne pouvait pas desavouer son général à Rome ; sa conduite avait 6lêdictée par la prudence : il était impossible déi renvoyer le pape à Rome sans s'exposer à dff graves inconvéniens. On était alors à la veil!^ We la bataille de Wagram qui devait décider de la paix : Napoléon voulut attendre le résultat de cette bataille pour négocier ensuite avec le saînt-siége, elmcttre un terme à ces fâcheux dé* bats. Ce ne fut pourtant que plusieurs mois après que l'empereur fit offrir à Pie "Vil de rétourner à Rome , pourvu qu'il consentît à ne point troubler la tranquillité publique , à reconnaître le gouvernement établi dans cette capitale , et à ne s'occuper que d'affaires spiiTtuelles. Le refus de Pie VI lui valut les quatre années de captivité qu'il passa à Savone, à Nice et à Fontainebleau.
Je ne sui.s entré dans ces détails que pouf prouver combien Murât fut étranger à ente mesure violente et odieuse. Le roi de Naplesne connaissait pas toute la pensée de Napoléon sur l'Italie; il ne savait pas que son beau-frère voulait élever un trophée immortel de sa gloire et de sa puissance en recréant la patrie italienne, en réunissant les Vénitiens, les Milanais, les Piémontais, les Génois , les Toscans, les Par-