CHAPITRE m
mesans , les Moddnais , lem Romaâns , les Napolitains , et même les Siciliens et les Sardes , eji une seule nation indépendante , dont Rome y la ville étemelle , aurait été la capitale. Napoléon regardait' le séjour dejs papes à Rome comme un des principaux obstacles^ à son grand projet. Il fallait tout désorganiser pour détruire Tesprit de localité qui était un autre obstacle , et la cession de la <^our0|ine de Naples à Joachim Murât n'aVait été qu'un des moyens employés pour préparer la grande fusion.
Après avoir démontré combien le nouveau roi de Naples fut étranger à l'enlèvement du pape , et combien il connaissait peu les projets ultérieurs de Napoléon sur Tltalie , je reprends le cours de ma narration.
Joachim avait été assez heureux pour garantir ses États d'une invasion sur laquelle la vieille reine Caroline comptait pour reconquérir le royaume de Napl^; mais en fuyint, les Anglo- Siemens avaient vomi sui;'J(fiS côtes de nom- ^ l^ases bandes de malfaiteurs , et ces hordes dévastatrices s'étaient répandues dans plusieurs proTÎnces où elles portaient le ravage et la inort. Déjà plusieurs engagemens entre ces hommes sanguinaires et des ^ détachemens de gendarmes et de troupes de ligne avaient eu lieu , principalement dans la province de Basilicate.
I7a DEUXIEME PARTIE.
L'audace et le nombre des brigands avjaient jetc l'épouvante jusqu'aux portes de la capitale; les communications entre les prpvinces devenaient difficiles : les soldats de Joachim nt pouvaient plus voyager isolément sans être exposes à être misérablement poignardés sur les routes ou dans es villages. En peu de temps la sûreté intérieure du royaume se trouva compromise. Il fallut s'occuper sérieusement di| la rétablir , et d'extirper de|l^ Terre-Ferme les brigands qui l'infestaient.
Ainsi Joachim, dont le premier acte, comme roi de Naples, avait été la suppression des commissions militaires spéciales, se tr#ùva , peu de temps après, dans la nécessité non-seulement de rétablir ces redoutables tribunaux , mais encore de décréter des mesures qui rappelaient celles qu'à une époque sanglante la convention nationale avait décrétées contre les Vendéens. Voici les principales dispositions du décret de Joachim pour l'extirpation des brigands : '
« Voulant mettre un terme aux horreurs dont les brigands vomis sur nos côtes présentent chaque jour le spectacle épouvantable aux habitans pacifiques , S. M. décrète ce qui suit :
« Sont condamnés irrévocablement tous les brigands qui se trouvent actuellement dans le royaume les armes à la main. Nulle autorité civile