CHAPITRE IV
Mort de Salicetti et changement de système dans la politique de ^ Joachim.— Expédition contre la Sicile. — Son résultat. (181 o.)
Au moyen du système que l'on venait d'adopter , peu de mois avaient suffi pour rendre les troupes employées à Tèxtirpation du brigandage à leur destination primitive, celle de garderies côtes du royaume de Naples. Jo^chim, qui venait d'être bravé par les Siciliens, ÇjÇ^nçut, dit-on , le projet d'aller les braver à t^ tour. Soit qtiê ridée d'une descente en Sicile fût réellement due à Murât, soit qu'elle lui eût été suggérée paf Napoléon , toujours est-il vrai que dès que le roi de Naples se crut affermi sur son trône , il ^'occupa avec beaucoup d'activité de l'organisation de l'armée napolitaine, et de la construction d'un grand noihbre de bâtimeiis grands et petits, également propres au transport des troupes et à la garde des côtes.
J'ai déjà dit qu'en arrivant à Napléi^ , Murât
IjS DEUXIÈME PARTIE.
n'avait trouvé pour toute armée que quinze à seize mille hommes mal commandés ; en moins de quinze mois il avait porté cette armée à plus de trente mille hommes de belles troupes , non compris sa garde, qui était de six mille hommes d'élite. La cavalerie, l'artillerie, le génie étaient ^ aussi dans un état satisfaisant. La marine , tîrce d'un long abandon , n'avait plus à se plaindre ; deux vaisseaux , plusieurs frégates et un grand nombre de bricks et de canonnières sortirent des chantiersde Castellamare, et se montrèrent avantageusement devant l'ennemi. Indépendamment de l'armée régulière , Joachim avait organisé en légions provinciales les gardes nationales du royaume, dont le nombre s'élevait à près de cinquante mille hommes.
Appuyé parles vingt mille hommes de bonnes trouj^ françaises qu'il avait dans ses États, Joachim pouvait donc se croire en mesure de tenter une descente en Sicile. Deux projets lui furent soumis : il devait concourir à leur exécution, soit d'une manière directe, soit en profitant des démonstrations qu'une flotte partie de Toulon auraiifâitcs vers Palerme. Il est probable que Mapolëon ne désirait guère que son beaufrère fit la conquête de la Sicile; tout ce qu'il voulait au fond de sa pensée consistait à faire faire des démonstrations dans les Calabres , afin