‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 54 sur 113 · CHAPITRE IV. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. Î

de forcer les Anglais à retirer de l'Espagne des troupes assez nombreuses pour défendre leur alKé, ou bien de les empêcher d*attaquer Corfou. Mais Murât qui voulait être roi des Deux-Siciles de fait comme il l'était de nom, commença trèssérieusement à faire les dispositions prépara-^ toires^

A cette époque, c* est-à-dire, vers le commencement de l'année 18 10, il s'opéra un changement dans la politique de Murât. Salicetti , <]ui exerçait une grande influence sur l'esprit de la reine, venait de mourir; ce ministre , d'accord avec la sœur de Napoléon , soutenait à Naples le parti français , sans lequel il pensait que Joachim ne pourrait se maintenir long-temps sur le trône. Le nouveau roi , croyant le contraire, cherchait à se nationaliser , et employait avec a|fectàtion les hommes qui passaient pour les plus op^Us aux Français : jaloux de son autorité et Craignant d'être réduit à un rôle passif , il avait formé le projet de se débarrasser de la tutelle des Français , qui pesait moins à son peuple qu'elle n'était importune à ses propres regards.

On a dit que ce changement dJuis les id^es de Murât fat l'effet des intrigues de Fouché ; alors diflfgracié en lUyrie , et qui , depuis Tépoque où Napoléon l'avait renvoyé du ministère, n'avait cessé de conspirer contre lui et de saper sa

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puissance partout où elle pesait. Il n'est guère probable que Murât songeât alors à s*unir aux ennemis de son beau-frère, de ce Napoléon à qui il avait voue un attachement si sincère, et de qui il tenait la couronne. Murât avait de Télcvation dans .le caractère; il ne voulait pas être ''réduit au rôle d'un préfet de département , et on ne peut le blâmer d'avoir cherché à acquérir une certaine indépendance. 11 voulait s'affranchir d'une partie des Français en possession de tous les emplois civils et militaires , et les remplacer par des nationaux , de la fidélité desquels il se serait ainsi assuré. Néanmoins, comme à cette époque il avait besoin des troupes françaises et des généraux qui les commandaient , il remit à d'autres temps l'exécution de son projet d'affranchissement, et partit pour Paris, où plusieurs monarques, tous les petits souverains de la confédération du Rhin et les ambassadeurs extraordinaires de toutes les puissances de l'Europe, l'Angleterre exceptée, s'étaient empresses de se rendre pour complimenter le vainqueur de Wagram.

' Le roi de ttaples ne resta pas long-temps à Paris; il fut, dit-on , vivement peiné du divorce de ^apoléon avec Joséphine, et ne voulut pas assister à la cérémonie du mariage de l'empereur des Français avec la fille de l'empereur

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