‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 58 sur 113 · CHAPITRE ¥H. 30I · texte numérisé non relu

CHAPITRE ¥H. 30I

€HAPIÏUE VU.

Combats de Rraxnoë, de Smolensk, de Valoutrna. — Mcsintelli^enGc «ntre Murât et le maréchal Uayoust. — Prise de Gjatz. ( 1812 ).

liVLithuahie était conquise, et Napoléon paraissait décide à s'arrêter sur les rives du Borysthène et de la Diina. Déjà une ligne de défense était tracée sur les cartes ; Witepsk , si facile à fortifier, et ses hauteurs boisées devaient ser^'^ir decain{> retranché au centre de la grande armée. Dans cette position , les troupes françaises auraient vécu dans l'abondance. Tel fut, dit-on, la première idée de Napoléon. Mais si Tun des l>uts de la guerre était atteint , la guerre elleinéme était à peine Commencée ; Tarmée russe existait presque entière. On n'était encore qu'au wûlicu de l'été , et quelques généraux , insatiables de gloire , trouvaient qu'un repos de sept mois les aurait plus fatigués qu'une nouvelle campagne. Murât surtout, qui se sentait près de Tennemi et qui brûlait d'en venir à une af-

faire dfîcisivc , fut , dil-on , un de ceux t tèrent le plus vivement Napoléou à continuer sa marche. Il ne voyait dans l'armée nisse que des troupes terrifiôes qui ne cherchaient qu'à fuir une action générale, après laquelle rien n'empêcherait plus d'aller à Moscow.

S'il est vrai que le roi de ÎSaples ait ébranlé la détermination de l'empereur, et qu'il ait contribué i le pousser vers Moscow, on pourrait considérer ses avis comme les plus funestes qui aient pu être donnés à Napoléon; mais qui ignore aujourd'hui que ce grand capitaine n'aimait à prendre conseil que de l'occasion , cl qu'avec un grand but, il ne formait jamais que des plans vagues, qu'il modifiait, suivant les circonstances , avec la promptitude propre ii son génie? Ce fut plutôt ce génie ardent, ibquiet. accoufumé aux voies courtes , qui fit changer la détermination prise par Napoléon de s'arrêtera Witepsk. Comment aurait -il pu attendre huit mois , quand vingt jours pouvaient suffire pour le rendre maître de l'une des capitales de l'empire russe? Au bout de quelques jours de repos l'impatience le saisit , et il ordonna de marcher sur Sraolensk.

Le lo août l'armée française s'ébranla. Murât et le maréchal Ney partirent de Lissna et se dirigèrent sur le Dnieper en face de Komino. Dans

Page 1