CHAPITRE III. ai
comme pour aller occuper Sienne , et tourna brusquement sur Lîvourne, où il arriva en huit heures de marche forcée; mais les Anglais avaient été prévenus et avaieat mis à la voile : néanmoins Tpccupation de Livourne et la destruction de la factorerie anglaise furent un coup sensible porté au commerce anglais. L'expédition terminée , Murât repassa TApennin et le Pô , pour rejoindre l'armée sur l' Adîge. Il avait fait observer la plus grande discipline à ses troupes en traversant la Toscane , et quoiqu'il eût pu s'approprier des richesses immenses à I-ivournet il y fit preuve d'un grand désintéressement personnel. A cette époque, toutes les ambitions militaires se montraient pures, ce qui donnait à tous \es généraux rivaux de gloire , un caractère de grapdeur individuelle , qui disparut avec la république.
Napoléon était alors de retour à Bologne , où il régularisait l'élan des h^bi tans de ces contrées, que la présence des troupes françaises avait électrisés.' Bologne surtout sç faisait re'marquer par son enthousiasme : les fêtes se succédaienlhpartout ; M"' Bonaparte ^ qui s'était enfin rendue aux vœux de son mari, embellissait ces fêtes par sa présence ; Murât , son chevalier , se mon-^ trait plus que jamais fidèle à sa devise , et les mçmens qu'il dérobait à la gloire, il les consa-
sa PREmlÈHE PARTIE.
crail à l'amour qu'il inspirait aux belles Italiennes.
Cependant le maréchal "Wurmaer était arrivé en Italie avec un renfort de trente millchommes, et avait joint Me'las : les deux armées autrichiennes réunies formaient un total d'environ soixante-dix mille hommes, tandis que celle de république française ne comptait pas quarantç mille soldats. Le général en chef les avait concentrés sur l'Adige et sur la Chiesa : le moment d'agir était arrivé. Murât prit part à presque tous les combats qui eurent lieu avant lesecoiid blocus de Mantoue; il se distingua particulièrement sous les murs de cette place, en conduisant contre le camp retranche de Migtiaretto deux mille hommes d'élite, avec Icsqutîs il porta l'épouvante et la mort dans les rangs ennemis. LesAutrichiens opérèrent leur retraite avec tant de précipitation , que les Français, commandés par Murât, les suivirent jusque sur le chemin couvert, et quelques braves plus ardens que les autres, s'élancèrent même pour enlever les palissades; mais déjà les Autrichiens avaient reçu ■ des renforts , et ces tentatives de la valeur française devinrent infnictueuscs.
Murât se faisait remarquer de plus en plus par sa brillante audace et son activité : on ï& , trouvait partout ; il se battait nuit et jour contre'