CHAPITRE
ch^f l^ûpfré à tirer un grand odHi de <cîe6 pévbpistes ; maii^ jaifi»ais il h'eut cette {>ensée V ^Ue n-âiirait pu germer que dans la tête d'un ini^hse, et d'ailleurs Murât regrettait trop de se voir si loin de son beau royaume de Naples. l\ était dans son caractère de se faire remarquet-j et c'est par vanité seulement qu'on l4 vit Se complaire au mi]ieu des vedettes et des avant-poëtes russes, où naturellement il se trouvait éii* touré des (rhefs des eôsà^ues. Ma^* alors MiUrat croyait à une J)àix prôèhainé.
Lorsque ses illusions sût ce po4nt èioitimën^ cérentA se dissiper, il sentit nattrâ au fond dé son ame une inquiétude vague iqu'il n'avàrit jamais éprouvée. Il àVait vu se fdndï^è ^ans dei combats joornaflîers la moitié dé ^a cAvatetie ; il savait que Tarmée russe recevait constânkment des recrues; il voyait Thiver s'approcher; il entendait les officiers rtksses étagéret- les ttiaJ^ heurs qui menaçaient les Français , ef Napoléon , malgré les lettre de Miirat , ne ^rêhait aucune détéîrmiiîâtîoti. Il es^fàît tôujoui*s amener l'empereur Âléxândte à la paix , et fôîsâit' répondre à Murât qu'il avait des rSiîsoiië pôiir persiter dans ses positions.
Enfin, après pitfsilàùrs joûi^ pa^s aumiKcfi
des ïlussès , où Milrât nt cbssait de recevoir
aaS UEUXiÈUE partie.
l'accueil le plus caressant , un cosaque tire sur lui au moment où il se présentait aux avantposlcs, Il s'irrite , et déclare au général Miloradowitch qu'un armistice violé n'existe plus, et que désormais chacun ne doit plus avoir de confiance qu'en lui-mdme. Il fait aussitôt avertir l'empereur que sa position est critique, que les Russes peuvent surprendre son flanc et ses derrières.
En effet, le 17 octobre , au moment oij Nar poléon se disposait à donner des ordres pour la retraite, les Russes tombèrent à l'iraproviste sur l'avant-garde française. La première ligne de Murât , surprise et culbutée , fut long-temps dans le plus grand désordre. Murât se trouvait ' à pied au moment de l'attaque ; il se hâte de monter à cheval et après avoir rallié ses cavaliers, il charge les Russes avec la plus grande bravoure , et les force à fuir à leur tour ; mais il est bientôt blessé. En ce moment les Russes tournaient sa gauche à la faveur du bois , et lui coupaient la retraite. Plusieurs canons , trente fourgons, étaient déjà au pouvoir des ennemis; Murât, quoique blessé , redouble d'efforts , etz: après plusieurs charges . il force les Russes^ à rentrer dans leur camp de Tarutino ; maisJ ce ne fut qu'aprè.^ avoir éprouvé de grandespertes. Il fallait penser à agir promplcmenti:
CHAPITHE ix. 2ag
pour ne pas être enveloppé le lendemain par toute Tarmëe russe. Murât , se retira à Woropowo y où , avec le corps de Ney , il masqua les premiers mouvemens dç la retraite de IHapo^ lëon.
OECIIÈME PABTIF..
;CHAPIXRE X.
ti«U.âite de Moscou. — Murât commande l'escadron Napoléon le nomme son lieu tenant 'geDc-raL
J* ARRIVE, avec effroi à cette grande catas* Irophe dont tant d'historiens français et ëtran- ' gers ont déroula le triste et déplorable tableau: uion cœur se serre à la seule idée de la retraite de Russie , et je voudrais pouvoir franchir d'un trait la distance qui sépare Moscou de Posen. Mais si Murât ne fut pas un des héros de cette fatale retraite , s'il ne put partager la gloire immortelle qu'y acquirent le prince Eugène, le maréchal Ney et quelques autres généraux , tout ce qu'il fit ou ordonna pendant nos revers, principalement à partir du jour où Napoléon lui confia les débris de la grande armée française, jusqu'au moment où il se sépara de ces nobles restes qu'il n'avait su rallier , ne m'impose pas moins la tâche pénible de suivre ce lieutenant de l'empereur au milieu des désastres inouïs que tout bon Français voudrait pouvoir taire.