CHAPITRE Xl. 2Ît
Ainsi que je Tai dit dans le chapitre precé-' dent , au moment où Napoléon commençait sa retraite , le corps dii roi de Naples devait ser-^ vir à masquer les marches que Tarmée allait ' faire sur Kalouga : c'était un rideau qu'il importait de conserver le plus long-temps possible. L'empereur écrivit donc à Murât pour l'engager à tenir dans la position de Winkowno , et pour l'autoriser à se replier ensuite sur celle de V^oronowo , où il jugeait que l'infanterie pourrait soutenir la cavalerie. Le lendemain , il lui écrivit de nouveau pour l'engager à bien faire reconnaître les débouchés qui pourraient le ramener vers Mojaïsk, afin que s'il avait à opérer une retraite , il pût le faire par cette route.
Tout ayant été prévu pour masquer , la retraite, le général Lauriston se rendit aux avantpostes russes, et pendant qu'il s'introduisait au quartier-général de Kutusow , sous prétexte de savoir $i la réponse de Pétersbourg aux lettres qu'il avait. remises était anivée , Murât établit ' un rideau Rêvant le défilé de -Woronowo , et sa marche «rétrograde ainsi que celle du corjtô de . Pomatowski resta inaperçue. C'est ainsi qu'après avoir donné à l'armée française le temps d'arriver à Borowsk, Murât et Poniatowski la rejoignirent dans les environs de cette villci
Après le combat de Malo^Jaroslawetz , dont
a3a BEUXiÈttfi partie.
l'honneur appartient tout entier au prince Eugène et aux troupes sous ses ordres , les Fran-r çais , quoique victorieux , se trouvaient égale^ ment coupés sur les routes de Kalouga et de Mc*^ dyn. ^apole'on consulte ses principaux généraux, pour savoir par quel chemin on marchera sur Smolensk. Murât , que cette hésitation fa-« t^e , s'écrie : « A la guerre , c'est aux circonstances à décider de tout; là où il n'y a plus qu'à attaquer , la témérité devient prudence. S'arrêter est impossible; il faut donc poursuivre.
Qu'importe l'attitude menaçante des Russes, et l^urs bois impénétrables ? je les méprise. Qu'on me donne seulement les restes de la cavalerie et celle de la garde, et je vais m'enfoncer dans leurs forets , dans leurs bataillons , renverser tout et rouvrir à l'armée la route de Kalouga.» Mais Bessières qui désire conserver intacte cette cavalerie de la garde qu'il avait formée , n'est pas de l'avis de Murât , et opine pour la retraite. Davoust désire que ce soit par Medyn et Smolensk. Mais Murât Tinterrompt vivement , et lui demande s'il a juré la perte de l'armée, «c Ëh! pourquoi veut-on qu'une si longue et si lourde colonne aille se traîner sans guides dans une route inconnue, offrant son flanc à Kutusow?
qui là défendra ? dit Murât , en s'adressant à Davoust; si nous devons nous retirer, n'avons-