CHAPITRE m. a
les avant-gardes, La bataille de Roveredo lui offrît une .nouvelle occasion de donner des preuves de sa bravouve et de rendre de grands services. Ppùr attaquer les positions formida-blés qtl*occupait le général autrichien Davidowich, il fallait passer le Lavis sur un pont doAt le débouché était défendu par tous les moyens propres à arrêter les assaillans : une batterie enfilait ce pont dans toute sa longueur et menaçait de balayer tous ceux qui se présenteraient pour le passage. Pendant que le général DaTleraagne affronte ce pont. Murât conçoit Theureuse idée de faire une diversion : il traverse la rivière à gué, à la tête du lo* de chasseurs, dont, chaque cavairer porte en croupe un fantassin , et tombe aussitôt sur les troupes autrichiennes, au milieu desquelles il sème la terreur. Davidowich, craignant une déroute complète , fut forcé de faire précipitament sa retraite. Murât le harcela jusqu'à ce que la nuit cojuvrît de ses voiles ce champ de carnage, où venaient d'avoir lieu tant d'actions d'éclat.
Quelques jours après eut lieu la'bailRlle de Bassano. Murât n'avait sous ses ordres que quelques détachemens de cavalerie; mais dès que l'infanterie française eut rompu les colonnes autrichiennes» il se jeta sur elles ,^ les mit dans le
plus grand désordre, et les poursuivit ] dans les reins jusqu'à Bassano.
Les personnes qui sont tamlliarisées avec les campagnes d'Italie, savent qu'après la bataille de Ëassano il ne se serait pas sauvé un seul homme des restes de l'armée de Wurmscr, sans la méprise d'un guide qui, devant conduire la division Masscnaà Sanguinetto, par la voie la plus courte , prit la plus longue. Ce contre-temps retarda la marche de cette division. Murât, qui avait devancé Masséna , arrivait au village de Cerca , avec une avant-garde de chasseurs, en même temps que le général autrichien Oit y entrait avec ses troupes légères. Murât ne voulut pas reculer devant l'ennemi, et s'élança sur quelques escadrons qu'il réussit d'abord à culbuter; mais il fut bientôt ramené par des troupes plus nombreuses , au milieu desquelles il resta longtemps enveloppé. Heureusement, l'infanterie de Masséna arriva pour le dégager, etpours'emparerdupontsurletfbell'ennemidevaitpasser.Dans cette mêlée, oij les cavaliers se battirent en désespéws, Murât , couvert de sang, tua ou blessa de sa propre main un grand nombre d'Autrichiens, sans recevoir la moindre égratignure.
Mais il n'en fut pas de même au combat de Saint-Georges : entraîné par son courage au milieu des ennemis, il reçut dans la mêlée un
CHAPITEE III. aS
coup de sabre sur le bras. Il est à remarquer que Murât , toujoui*s heureux sur le champ de bataille , ne reçut sa première blessure qu'au moment où la campagne contre AVurmser allait finir par la fuite des restes de son armée, dans Mantoue.
Le général en chef remit alors le commande* ment du blocus au général Kilmaine , et se rendit à Milan , où Murât le suivit , et où il prit quelques jours de repos nécessaires à là guérison de sa blessure.
Ce fut alors que les duchés de Modène* et de Re^o y réunis aux légations de Bologne et de Ferrare, imitant la Lombardie dans son élan vers la liberté , décrétèrent la création de la République Cispadane. Bonaparte, conformément aux instructions du directo^'e , travailla vivement à affermir des révolutions si avantageuses aux succès des armées françaises. Murât reçut plusieurs missions du général en chef , et les remplit de la manière la' ^us satisfaisante.
La guerre était pourtant loin d'être finie ; la puissance autrichienne n'était pas encore ^fcattue : il lui restait de grandes ressources. Une nouvelle armée , sous les ordres du ntaréchal Alvinzi , vint fournir à Murât l'occasion d'ajouter de nouveaux lauriers à ceux qu'il avait déjà cueillis en Italie. Bonaparte porta son
grand quartier-général à Vérone , oà il se trouvait pour ainsi dire cerné par Tannée d' Alvinzi réunie derrière la Piave , et par celle dé Davido\vich sortant du Tyrol. Murât prit part aux combats qui eurent lieu sur la Piavé et sur la Brenta. Les immortelles journées d'Arcoie et de Riroli fournirent un vaste champ à son courage ; et lorsqu'après la dispersion de l'armée d' Alvinzi , Bonaparte crut devoir aller combattre le général Provera devant Mantoae, il laissa à Masséna , à Joubert et à Murât , le soin de poursuivre Alvinzi. Murât, constamment chargé des coups les plus hardis , reçut Tordre de s'embarquer à Salo avec quelques centaines d'hommes , pour aller couper la rem traite aux Autrichiens ; après une marche àé nuit
il arriva ai^ont de la Gorona , et ferma ainsi la seule rçiite par laquelle les colonnes autrichiennes pouvaient se retirer. Il y fut bientôt joint par d'autres troupes françaises, contre les- • quelles les Autrichiens vinrent s'entasser \ et
n'ayant pu rompre le corps de Murât , ils furfen^ forcés de mettre bas les armes et de se rendre à discrétion.
Quelques jours après , il fut encore chargé d'une expédition non moins périlleuse , celle de s'embarquer sur le lac de Guarda , avec deux ' cents hommes , pour aller descendre sur les