CHAPITRE XI. a4S
mais cet espoir fut déçu aux premiers rayons du soleil : il fallut se remettre en route , après avoir abandonné le reste du matéîriel , des bagages et plus de cinq millions d'or et d'argent que contenait le trésor impérial.
Api^s cette catastrophe , qu'il était facile de prévoir , Ney avec quelques centaines de Français et de Bavarois soutint la retraite Jusqu'au delà d'Eve; et taildis que le débris de notre arjmée arrêtaient les cosaques sur les hauteurs de Vakd , la rigueur du frbicl forçait Kiitusaw à ^'arrêter à Wilna ; les cent vingt mille hommes de ce général étaient réduits à trente-cinq mille,
i et les cinquante mille combattans de Wittgénatein à quinze mille : le désordre était presquç aussi grand chez les Russes que chez les Frajoiçais.
Malgré la détresse où se trouvaient les ennemis , tout fuyait devant les cosaques, et Murat, traversait Kowrio comme il avait 'traversé Wilna , donnant des ordres pour se rallier à Tilsitt y puis indiquant Gùmbinnen , et se remettant aussitôt en route , laissant Hey seul en Russie avec quelques centaines de recrues qu'il
j^vait trouvéei^ à Kowno. C'est encore à Ney qa*est confié tout le péril du dernier pas de notre retraite ; et tandis que ce maréchal se dé/end sur le pont de Kpwno , Murât est sur la rdute
de Wilkowisky , d'où il arrive enfin à Gwar binnen.
Là , Murât profita de Tincertitude que les Russes montraient , pour diriger sur les diffe^ rentes Tilles qui bordent la Yistule les restes des corps de la grande armée. Au moment de cette dislocation , Murât réunit les chefs, et leur tint, dit un historien , un langage que ses actions n'cMit pas démenti depuis , puisqu'il fut le pre^ mier symptôme de sa défection. Mais en ce moment , on ne vit dans ses paroles que Texpression de la douleur qui Taccablàit ^ à laquelle s'alliait un peu de honte de 1^ retraite qu'il venait de faire. É - Après s'être arrêté ({uelques jours à Gum- ^ binnen, Murât se vit encore forcé de se retirer sur Kœnigsberg. Là , il apprend la défection du général Yofck et des divisions prussiennes sous ses ordres. EJn même temps, une émeute éclate dans Kbenigsberg même. Il fut aisé de pressentir dès lors le soulèvement de toute la Prusse; et quoique le roi eût publiquement désavoué la conduite du général Yorck ^ et qu'il l'eût même remplacé dans son commandement par Kleist, Murât précipita son départ pour Elbing, lais^ sant dix mille malades ou blessés dans Koenigsr berg , abandonnés à la générosité du vainqueur. Le découragement de Murât en arrivant à