‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 72 sur 113 · CHAPITRE Xl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xl

SIbidg était extrême ;. il: ci^oyait tout perdu : mais quand il sut que les Russes avaient sus^. pendu leur marché ,.et queies troupes de Maçdonald s'étaient réunies k celles des généiaux Heudelet et C^vajgnac , il passa subitement delà crainte ^. l'audace ^ et voulut prendre l'offenn sive. Le lendemain il s'aperçut que le ralliement sur la Vistule était impossible, et prit la réso-. lution de se retirer encore jusqu'à Posen.

Ce fut au moment ou il traversait Maricn-*-.

verder pour se rendre à Posen , qu'un ofFicieri supérieur parti de Kaples le joignit, et lui re-v mit une lettre dont la lecture produisit sur lui la plus violente agitation. Jaloux de son auto*rité. Murât apprenait que la reine sa femme venait d'y porter atteinte ; et ]\Iurat, qui^ jus^. qu'à ce jour , avait paru tout s^crifiçr à la gloire des armes , se laissa tout à coup maîtriser par une passion moins noble ; la jalousie pour son autorité remporta sur l'amour de la ghoire. A cette dépêche de Naples se joignirent des lettres, de Napoléon qui témoignaient son mécontentement de ce qu'on ne s'était pas arrêté sept à huit jours à Wilna , et enfin de ce que l'on n'avait pas pris position sur la Prégel. Murât ^ ir^ nhté par les malheurs qu'il n'avait pu conjurer çt par les reproches que Napoléon lui faisait , prit le parti de quitter un commandement qui

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ne pouvait plus être glorieux pour lui , et de se rendre en toute hâte dans son royaume , où il craignait d'être devancé par les Anglais.

Ce fut le i6 janvier i8i3, qu'un aide-de-camp du roi de Naples remit au major-gcncral Berthier une lettre de ce prince , dans laquelle il lui annonçait qu'il allait quitter te commanderaciit de l'armée et partir sur-le-champ. Berthier engagea Murât à conserver ce comman^ dément; mais il le trouva décidé : il ne voulait pas même attendre l'arrivée du vice-roi. Eugène refusa d'abord le commandement; mais Murât ayant persisté, et ses voitures étant prêtes, Ben* ihier détermina le vice-roi à se charger provisoî-', rement de ce pénible fardeau et se mit sous serf ordres. Murât monta alors dans ses voitures, avec le général Rossetti , son aide-de-camp , et partit pour Naples dans un état d'abattement et' de tristesse qui ne lui permit de prendre aucoD repos et presque aucune nourriture pendant' une si longue route.

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