CHAPITRE XII
Colère deNipoléoil^iitre Mural. — Intrigués ti la cour de Naples^. — ^ Bataille de Dresde. — Moreau et Beraadotte. — Bataille de Leipzig» — Adieux de Murât à Napoléon. ( i8i3 ).
A PEINE Napoléon fut-il informé du départ du roi de Naples et de la ïnanière dont il avait * quitté Farmée , qu'il ne se posséda plus, de colère. Il écrivit aussitôt à sa sœur, la reine Caroline , une lettre dans laquelle il laissait éclater tout son ressentiment : « Le roi, lui disait-^il, a a quitté Tarmée le i6!... Votre mari est un fort (( brarve homme sur le champ de bataille ; mais il (( est plus faible qu une femme ou qu'un moine <c quand il ne voit pas Tennemi. Il n'a aucun cdu- « rage moral. » Deux jours après, c'est-à-dire le 26 janvier. Napoléon écrivit à son beau-frère dans les termes suivans :
« « Je ne vous parle pas de mon mécontente- « ment de la conduite que vous avez tenues de- «< puis mon départ de l'armée ; cela provient de « la faiblesse de votre caractère. Vous êtes un
:i5o , PR^MIÈHE PARTIE.
« bon soldat sur le champ de bataille ; mais hors « de là vous n'avez ni vigueur ni caractère. Je « suppose que vous n'êtes pas dç ceux qui pence sent que le lion est mort. Si vous faisiez ce « calcul il serait faux!... »
En même temps que ISapoléon écrivait ces lettres foudroyantes à Naples , où elles devaient arriver peu de jours après Murât , il faisait annoncer le départ de son beau-frère de Tarmce par ce peu de mots : « I^e roi de Naples , étant « indisposé , a quitté le commandement de Tarcc mée , qu'il a remis entre les mains du vice^roi. « Ce dernier a plus, d'habitude^ des grandes ad- « ministrations ; il a la confiance de l'empereur. )» |
Pendant que I*4apoléon traitait ainsi celui qu'il avait long-temps appelé son bras droite Murât arrivait sur le territoire napolitain dans une situation difficile à décrire. II ne voulut pas se rendre directement dans sa capitale, et descendit au palais de Caserte , où sa famille l'attendait. On remarqua dans cette première entrevue avec sa femme de la froideur et de la contrainte^ Un duc napolitain , écuyer de la reine^' reçut l'ordre de s'éloigner de la cour et d'aller îoindre son régiment. La disgrâce de ce favori accrédita^ les bruits qui couraient à Naples qu'une intrigua de cour avait été là principale cause du retour inattendu de Joachim.