‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 74 sur 113 · CHAPITRE XII. 2S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. 2S

De ce moment , la politique du roi de Naples devint sombre et inquiète ; il s'entoura d'agens mystérieux qu'on voyait arriver et partir incessamment par des routes inaccoutumées. On a dit que Joachim , aigri contre Napoléon , avait préparé sa* défection dans l'hiver qu41 passa au milieu de ces intrigues. On a même ajouté que lorsqu'il vint combattre pour la dernière fois dans lesrang9 français, ii avait déjà signé un traité avec, l'empereur d'Autriche. Les de oats du parlement britannique ont prouvé plus tard que si Murât n'avait pas fait des démarches auprès de l'Autriche pendant les premiers mois de i8i3 , ses agens en avaient réellement commencé dans le courant du mois d'^ioût. Il est vrai qu'aucun traité ne fut coi[iclu alors , et qu'il ne s'agissait pas à cette époque de tourper ses armes contre la France : ce ne fut qu'en janvier 181 4 que Murât entra dans la coalition contre Napoléon. ' .

Les victoires de Luts&en et de Bautzen avaient arraché le roi de Naples aux intrigues qui Tentouraient depuis son retour de Posen. Napoléon, oubliant sa retraite de Wilna, l'avait rappelé sur le champ de bataille, et Murât, meilleur guerrier que politique , plus attaché à Napoléon comm» frère d'armes que comme allié , était accouru du fond de l'Italie dans l'es-

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poir de cueillir quelques nouveaux lauriers sbua les yeux de son ancien gén<*ral. Peut-être même avait-il un second but en se rendant en Saxe, celui de pouvoir être à même de voir de près la marche des cvénemens, sur lesquels il paraît qu'il voulait régler sa conduite politique. Il arriva as quartier-général au moment où un dernier con>gr^s s'ouvrait à Prague.

L'armistice qui devait finir la guerre n'avait servi qu'à lui donner de nouveaux alimens. Des deux côtés on n'avait perdu aucun des quarante jours qui s'étaient écoulés en pourparlers inutiles; toutes les réserves avaient été ralliécsi toutes les ressources épuisées pour les former. Napoléon était parvenu à porter ses forces h trois cent mille hommes; mais les alliés lui en opposent cinq cent raille : il n'a pu rassembler que quarante mille chevaux, et les alliés en ont près de cent mille. Napoléon connaît sa posilion ; l'infériorité du nombre ne l'effraie pas il croît y avoir paré en prenant les environs de Dresde pour champ de bataille, et la ligne de l'Elbe pour point d'appui. Mais son activité ne saurait se soumettre à rester immobile à Dresde jusqu'à ce que l'ennemi vienne l'y chercher: H calcule qu'il a le temps de faire une opération combinée sur Berlin , et de lancer son armée de Silésie sur lireslaw. Il porte son quartier-général

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cp Lus^lCje 9 et.sa^ garde $e réunit à Qaut^i»^ o^ Mursiit ariive le 1 7 apût.

Peu de j(iurs avaient suffi à Napoléon pour replacer j[e3 ^igle^ françaises sur les bords de la Kat^bach i c'était avoir assçz fait de ce côté. P'iimtres ennemis l'appelaient ailleurs. £n effet, dès qu9 )e# alliés réunis à Prague avaient appris que Kapoléon n'était plu^ à Dresde , ils s'étaient écriés: «c ir^'y ^st plus! hâtons-nous de profiter de son.a))^nce. Marchons! partout où il ne sera pas le succès est certain. » Dès le 20 août , lagrapdp «armée des alliés, sous les ordres du prince deSçhwdrtzenberg, avait débouché de la Bohémiç. L'alarme commence à se répandre à Dresde; et le maréchal Saint-Cyr, qu'on a laiçsé dans cette viUe , invoque vivement la présence dç l'empereur. Plus Napoléon se rapproche, plus les raisons qu41 a d'accélérer sa marche exigent qu'il se hâte. Déjà Wittgenstein s'était çïBpaxé de Pjnma , et les habitans de Dresde , en ypyaiftt refluer le$ blessés français et les bagages sont frappés de terreur.

N^ipoléon veut annoncer son retour sur l'Elbe au roi de S^xe et rassurer cette nombreuse po-

pulation ; U fait partir de Gorlitz le roi de Naples , et l'entrée à Dresde d'un tel précurseur remet le calme d^ns les esprits.

Cependant la plaine de Dresde est occupée

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par le développement des lignes ennemies. Mth rat va lui-même les reconnaître , et écrit sur-lechamp à Napoléon qu'il n'y a pas un instant à perdre pour sauver la ville. L'empereur fixe les yeux encore plus sur les alliés que sur la ville; il les voit sortir de leurs montagnes , s^étendre dans la position où il s'est promis de leaccoH battre. Le moment est donc venu de se jeter entre eux et la Bohême. Il quitte Bautzen et se met en marche. Les troupes qu'il amène ont fait quarante lieues en quatre jours; mais à la vue des ennemis elles marchent au pas de course. Napoléon arrive au galop sur le pont de Dresde, et sa présence relève le moral des soldats de Saint-Cyr et de la population : les troupes qui le suivent ne cessent de défiler au pasde charge pour être plus tôt en face de l'ennemi. Avant la fin du jour toutes les rues qui aboutissent aax portes principales de la ville sont encombrées de troupes attendant avec impatience le signal de franchir les barrières. Napoléon, après avoir reconnu lui-même le péril, retourne se placer à l'extrémité du grand pont. Bientôt Tarmce ennemie tout entière s'élance des hauteurs et descend vers la ville comme un torrent qui renverse tout sur son passage. L'attaque est impétueuse, la résistance opiniâtre. Les ennemis n'hésitent pas à enfoncer les portes ; mais il en

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