CHAPITRE XI ri
lui opposa le corps de droite du vice-roi , commandé par le général Mancune.
La nouvelle de Fabdication de Napoléon fut connue du vice-roi le i4 avril : il nomma aussitôt des commissaires pour traiter de l'évacuatien de. l'Italie avec le maréchal Bellegarde. Murât crut alors que son trône était assuré , et qu'il allait régner paisiblement pour transmettre ensuite la couronne de Naples à sa dynastie.
DEUXIEME WhB.TiE.
CHAI'ÏTRE XIV.
AvaHlages que, les allies lirËniBl dv \a Aéfvclioa ilu loi de Naplsi.
— Ingralitudi; dii congrès de Vienne. — Auilude imposaiilf et liostile , lé Mural. (iS.iel iStS.)
Les avantages que la coalition lira de la trahison de Murât furent immenses dans ce moment décisif, et l'on peut affirmer, comme l'a fait M, Horner dans la chambre des communes d'Angleterre , que la défection des Iroupes napolitaines fit changer le sort de la guerre. L'armée napolitaine , réunie à celle du vice-roi , au- , rait pu non seulement tenir tétc à l'armée autrichienne du feld-maréchai de Bellegarde, mais encore forcer les gorges du Tyrol , descendre en Allemagne , et revenir sur Bâle et les rives du Rhin, intercepter les communications des alliés et leur couper toute retraite. Cette armée pouvait aussi passer les Alpes noriques et aller menacer Vienne : le courage, l'audace de Murât auraient pu opérer une grande diversion. Sa trahison porta un coup mortel à Napoléon. Elle
CMAI'ITIIE XtV, 2^1)
LttH liellcgarde en état de réslsler au vice-roi ; ||t ItMsque les troupçs napolitaine^ eiitrércnl lîignef l'armée d'ItaJie fuL aussitôt obligée Lde quitter l'Adige pour se retirer sur le Pô , Ifi ne put plus détacher les trente mille hompes que ^apDliJon demandait , et qui , ar- ■tvés à temps sur Lyon , eussent donné de nouéèIIcs chances de succès à l'armée française, tfurat - avait donc décidé les événemens de afii4i et l'Angleterre avait consenti, au COTigrès B Chàttllon el par l'organe de lord Castlercagh, IffUii laisser le trône de Napfes.
ka^ Mais dès que la catastrophe qui p/écipi'laf poléon du trône impcfial Fut accomplie, dès fje les alliés n'eurent plus besoin de Murât , lis 4 mirent en discussion ce qu'ils avaient décidé 1 au commencement de i8i4' Murât apprit par ) ses ministres au congrès de Vienne cfiie ses al^ j liances nouvelles étaient peu sûres , et que quel-i ques souverains exigeaien t qu'il cédât Iç royaume j de Naplesau roi de Sicile. L'Autriche avait bici^ j ^intention d'exécuter son traité avec Muratj, ] lis plusieurs autres puissances demandaieu|. ] "lavement son expulsion. La France, représentée par le prince de Talleyraud, était celle qoi' mettait le plus d'importance au rétablisement du roi de Sicile sur le trône de Naplcs; et l'on vit alors lord Castlrircag^i , poussé par
a8o I)EUXI]ËM£ PAKTJ£.
Talleyrand ^ imputer à Murât des torts qu'il n'avait malheureusement pas , afin de ne point tenir les eiagagemens que la (xrande-rBretagne aviait pris envers Murât. On Jlui reprocha* de ne pias avoir agi franchement avec BeUcgarde:; oi^f lui fit un crime d'avoir rendu les. prisQooieis français que la trahison avait fait toi^ber en mn pouvoir lorsqu'il s'empara de Reggio; oià-ie blâma de ne pas avoir adopte la politique d^ua déserteur y celié de mettre toutes ses forces dans la balance, puisqu'il ne pouvait plus attendre aucune faveur de Napoléon ; enfin M. de Talleyrand et lord Castlereagh poussèrent les choses jusqu'au. point de produire des lettres falsifiées^ au moyen desquelles ils cherchèrent à. établir que Murât n*avait pas rempU ses proœe^seBi, et qu'il avait plutôt agi en ami dé Nap^iléon qu'en membre de la coalition. On le peignît comme un allié de mauvaise foi, prêt à se remettre avec la France si les armes de Napoléi» eussent obtenu des succès. Losd.Bentiuekfikun rapport dans ce sens , et le général Nugçtni^iqiii avait commandé l'avant-gaide austror napolitaine ^ attesta non seulement la prétendjierîoïctivitë de Murât ^ mais encore ses maiiDBiivnes habiles pour contre-carrer les projets des alliés» dans une <>irconstance oùils auraient pu faire un grand nombre de prisoimîers.
LHAPITRE XIV.
ndant tpi'on produisait des griefs contre Murât , des intrigues d'une autre nature étaient ourdies en Sicile. Le colonel anglais Church , qui avait commandé un régiment d'Anglo-Sici-liens , était venu sur le continent dans le but de travailler au rétablissement des Bourbons sur le trône de Naples. Ce colonel, tout dévoué au roi de Sicile , eut des conférences avec lord Bentinck, et promit de prouver au congrès de Vienne qoe Murât ne pouvait plus continuer à régner sur un peuple qui attendait impatiemment le retour de son souverain légitime. A cet effet , Cburch obtint lamissiondeparcourirle royaume de Naples afin de sonder l'opinion des habitans. De retour de cette tournée , il présenta au congrès un rapport dans lequel il démontrait qu'il ne pouvait y avoir aucun inconvénient à déposséder Murât, puisque les Napolitains étaient ou indifférens, ou partisans de l'ancienne dynastie.
Le roi de Naples, ayant eu connaissance de ces intrigues et du rapport de Church , vit clairement que les rois légitimes, dont il avait cru se faii'e des alliés, tramaient son expulsion du trône de Naples : il sentit la faute qu'il avait commise en s'attachant aux vieilles dynasties, et rijsolut d'en imposer au conjures de Vienne par une attitude imposanle. Il concentra donc
née de Murât de nuire à son beau-fr^e : en i8i4 il. l'avait perdu en l'abandonnant, en i8i5 il le perdit encore lorsqu'il Toulut le servir avec trop d'ardeur.
ti