Chapitre xix. 34i
ïannoncer i'arrivde de Murât chez, lui, <!t pour le prévenir que ce malheureux prince n'avait d'autre vue que de trouver un asyle sûr , jusqu'à ce qu'il eût reçu les passeports qu'il attendait de Paris, llussurail en mètftc temps le commandant que la tranquillité publique ne serait nullement troublée par la présence dans ce pays de l'ex-roi de Naples. -
Le colonel Verrière avait déjà donné i'brdrc à trente gendarmes de se rendre à Viscovato , pour s'y assurer de la personne du générât ,, Murât ; et en effet ces gendarmes ne tardèrent pas à arriver ; mais le général Franceschettt ayant démontré au lieutenant Serra qu'il ne pourrait exécuter les ordres du commandant sans occasioner de très-grands malheurs, tel officier consentit à attendre d'autres instructions de Bastia , et demanda même la permission d'être présenté à l'cx-roi , qui le reçut avec aftabilité, et qui Ini donna de nouveau l'assurance qu'il n'avait nullement ^'intention de porter le (rouble et la discorde dans l'île, où il recevait une hospitalité généreuse.
Le lieutenant Serra ayant rendn compte de cet entretien au colonel Verrière, ce commandant lui donna l'ordre de rentrer à BalRa avec son délachement; mais en même temps il invitait M, Cecaldi à renvoyer l'ex-roi à BasLia ,
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DEUXIÈME PARTlt.
où il lui orirait la cHadcile pour logement jai qu'à l'arrivée des passeports. Dans le cas d'u ;efijs,le commandant cnjoij;nait au maire de Viscovato de faire embarquer son hôte le plus promptéfcenl possible.
Cependant le bruit de rarriv(:p de l'eic-roi de Naples à Viscovato s'était répandu dans toute l'île avec une grande rapidité; cl de tous SCS points on voyait journellement arriver près de cet illustre proscrit, i)n grand nombre d'of- ^^cicrs de tout giadc et de vétérans qui avaient servi sous ses ordres. Kn peu de jours le bourg de Viscovato devint la résidence d'une cour et le quartier-général d'une petite armée.
A la nouvelle de ce rassemblemeni: , qui vait cependant rien d'alarmant pour lc!<<(iiitorités françaises , le parti se disant royaliste , le méRK pourtant qui s'était révolté contre la France en avril 1814 , et qui avait alors appelé les Anglais dans l'île, et adopté la cocarde britannique , crut avoir un motif pour attirer de nouveau les Anglais dans l'île ; les chefs de ce parti firent répandre le bruit que Mural allait se faire déclarer roi de la Corse , et quelquesuns d'entre eux se rendirent à Gènes , pour eng.iger nPgénéral commandant les forces britsnniqtles à envoyer des troupes dans l'île. Ce généi'al IjBur fit observer que l'Angleterre étant
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ralliée de la France » il ne lui était pas permis de diriger des soldats anglais sur le territoire français. Néanmoins il fit aussitôt partir pour Bastia un hrick de guerre sur lequel s*embarqua un officier d'état-major , chargé d'aller pénétrer les intentions de, Murât. Cet émissaire anglais , ayant pris terre , se rj^ndit à Yiscovato , accompagné seulement du capitaine du^wrick :
Tex-roi de Naples le reçut aussitôt , eVlui^arla en ces termes ; •
« Le sort des armes m'a forcé d'abandonner a mon royaume ; un concours de circonstances ^ imprévues m'a jeté dans cette île : je ne suis « pas venu y porter le trouble et la discorde , tf mais seulement pour y chercher Thospitalilo : ce je m'attendais au bon accueil que j'ai reçu dearv ^ a habitans, parce que l'infortune a des droits'-? « sacrés chez ce peuple hospitalier. J'ai créé t « officiers plus de deux mille soldats corses :
V un grand nombre d'entre eux sont venus me « voir ; mais je ne permettrai jamais que mon t< nom serve de prétexte pour troubler la tranff quilité publique. Je vis ici en simple particu- « lier en attendant les passeports que les puisa sanpe$ coalisées doi^aent m'envoyer; si c'est « de vous que je dois les recevoir , je 4ks prêt « à quitter Viscovato et à m'embarquer sur .
V votre brick.. » *^
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L'officier anglais lui répondit qu'il n'avait pas ses passeports , mais que s'il voulait s'embarquer il metlrait sou brick à sa disposition.
Mural , qui régnait à Viscovato , n'agréa pas mieux l'hospitalité qu'on lui offrait sur le brick aHglais , qu'il n'avait agréé celle du commandant de Tiastia , lorsqu'il lui ordonnait de se rendre dans la citadelle. En ce moment, son imagination le transportait dans la baie de Naples ou sur les côtes de la Calabre. L'accueil qu'il avait reçu des Corses lui faisait croire qu'il n'avait qu'à se montrer à ses anciens sujets pour en être reçu avec joie , et pour ressaisir sa couronne de Naples. Déjà il avait envoyé une personne de confiance à l'île d'Elbe , pour inviter le général Dalem , commandant de Porto- Ferrajo, à ne point cédercette place, parce qu'il comptait aller s'y réunir bienlôt aux troupe» françaises qui la défendaient. On assure encore que cette personne devait ensuite se rendre à Naples pour s'y informer de l'opinion des habilans.
Ce fut sans doute pour exécuter son projet sur l'île d'Elbe, que Murât fît noliser, à Bastia, plusieurs bâtimens qui devaient se rendre à l'embonchurc du Golo, où il comptait s'embarquer avec ceux des officiers et soldats corses qm auraient yotilu s'attacber à sa personne.