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JOS. MONTFERRAND 17 Pa
La rue des Allemands, lieu de naissance de Montferrand, est en plein milieu du quartier Saint-Laurent, où se réunissaient, avant 1840, tous les hommes forts de passage à Montréal. Les tavernes y abondaient. Le mélange des pationalités s'ajoutait à la physionomie déjà étrange de ce quartier. Tout voyageur un peu solide tenait à s’y faire connaître, mais on ne se battait bien que sur la grève, au pied de la place Jacques-Cartier. Etre connu au faubourg St-Laurent, c'était avoir une répu-
tation qui s’étendait par tout le Canada.
Les habitués de ces tavernes passaient
alternativement de la buvette à la salle de boxe, car l’établissenrent n’eût pas été complet, en ce temps-là, sans le noble exercice que les Anglais nomment the manly art. Plus d’une partie, commencée avec les gants rembourrés, se terminait, quelques jours après, en présence de la foule convoquée par la rumeur publique, par une rencontre sérieuse à coups de poing.
Les sportsmen et les gentlemen les plus huppés de la ville, les officiers des troupes, les dames mêmes patronnaient ces joutes, ces tournois, ces exhibitions
de la force physique. Les rencontres se
faisaient suivant les règles, On n’y
voyait, dès lors, rien de répugnant. Plus d’une taloche savante a été, dans ce temps, l'objet de commentaires passionnés, et l’auteur du coup s’est attiré les louanges et les félicitations de milliers de spectateurs enthousiastes.
La légende qui s’est formée sur notre athlète est fausse en plusieurs endroits.
On dit qu'il ignorait l’art de la boxe. II le connaissait aussi bien que les plus adroits jouteurs. Elevé dans le foubourg Saint-Laurent, à deux pas du Fort Tuyau, du Coin Flambant et de dix salles de gymnase, il les fréquentait
habituellement, mais évitait les que-
relles si communes dans ces réunions.
Son éloignement pour les boissons fortes le laissait maître de lui-même et, lorsque les têtes s’échauffaient, il savait se retirer. Quand son adversaire le serrait de trop près, il levait la jambe et le couchait par terre sans lui faire de mal.
Deux boxeurs anglais renommés luttaient un jour, en 1818, sur le Champ de Mars de Montréal, en présence de la foule et d’une partie des troupes de la garnison. On rapporte que le vainqueur fut proclamé champion du Canada
et que le meilleur homme du pays fut
appelé, séance tenante, à lui disputer ce