LITH II
Bientôt, sous l'influence de la menace ou 6f. nea l'or, tous les vieux abus, le fatal liberum veto, entre autres, ressuscitèrent.
Les dissidents avalent aussi retrouvé leurs pri villes.
Une nouvelle Diète confirma ces décisions.
Révoltée d'un tel arbitraire, la Pologne frémit, ' et, la Confédération de Barr ayant arboré sa bannière, on en vint aux mains. C'était là que ^étranga^ attendait l'infortunée République.
La RuMie envoya des troupes. Marie-Thérèse ouvrit Ses États aiix chefs des confédérés ; d'accord avec la France et la Porte, elle fit passer aux Catholiques des hommes, des armes, de l'argent.
Cette situation ne tarda pas à se compliquer. Un parti russe ayant poursuivi les Polonais sur le territoire turc , le Divan déclara la guerre à la Russie. Mais de rapides succès couronnèrent les armes'de Catherine.
Déjà l'armée russe , commandée par le prince Gallilzio , avait battu les Turcs près de Ghoozim(i); la conquête de laMoldâvie suivit de près la prise de cette ville. De tels avantages étaient de nature à alarmer les alliés mêmes de la Russie; et à Berlin on voyait , avec anxiété , les menaçants progrès d'une aussi redoutable amie. Ne (i) Ville forte d«laBes9arabie, sur leDniester.à six lieues ouMt de Kaminieclc.
devait-OD pas prévoir qu'un jour, là aussi, comme en Pologne , rambitioQ moscovite voudrait peut-être imposer des lois ?
Les mêmes réflexions s'oUraient au cabinet de Vienne.
. Devant des appréhensions commuDes, les vieilles'animosités s'apaisèrent j un même périt rapprocha les deux cours.
Dès l'année 1 766 , Frédéric avait proposé à Jo^ seph une entrevue : le jeune Empereur la souhaitait vivement; mais jusqu'alors Marie-Thérèse et le prince de Kaunitz s'y étaient opposés. Cette fois , il en fut autrement. Du consentement de sa mère , Joseph fît les premiers pas : Tentreviie eut lieu à Neiss en Silésie.
Voulant garder l'incognito , l'Empereur avait pris le nom de comte de Falkenstein (i).'
Entre les deux monarques , il -y eut assaut de courtoisie. « Ce jour est le plus beau de ma vie, » dit Frédéric à Joseph , a puisqu'il doit servir « d'époque à l'union de deux Maisons trop long- <t temps ennemies, et dont l'intérêt véritable a est de s'entr'aider au lieu de se détruire. .» L'Empereur répondit qu'il n'y avait plus de Si- Ci) • Ce jeiine prince afTeotsit uae franchise qni )|ii Sentbiait naturelle; sod earactère aimable marquait de la gatlé joiote à beaucoup Je vîvacilé. Mais avec le désir d'apprendre, il n'avait pas la patience de s'instruire. •
OKuvres de Frédéric. Mémoires île 1763 jusqu'à 177S.
lésie pour l'Autriche j donnant ensuite à enten-r itw dre, mais avec une adroite réserve, que, du vivant de sa mère, 'il ne lui serait sans doute pas possible de réaliser toutes ses intentions.
Néanmoins, il ne dissimula pas que, vu la situation actuelle des aflEaires en Europe, ni sa mère, ni lui ne souflriraient que tes Russes demeurassent en possession de la Moldavie et de la Valachie. Prévoyant ensuite une guerre entre l'Angleterre et la France , Joseph proposa des mesures pour maintenir la neutralité en Allemagne. Frédéric ayant adhéré aux vues de l'Empereur, les deux princes s'engagèrent , par écrit, au maintien de cette neutralité et de la paix entre «ix. Us étaient convenus d'entretenir une correspondance particulière, et de décider, sans l'interventi(m de leurs ministres, toutes les contestations qui pourraient naître entre les deux gouvernements.
L'année suivante, de nouveaux sujets d'alarme vinrent préoccuper la cour dé Vienne. L'incendie de la flotte turque à Tchesmé; Bender, célèbre parle séjour forcé de Charles XII, au pouvoir duQomte Panin, et la Valachie conquise,. teJs étaient les nouveaux triomj>hës des Russes. On forma des magasins en Hongrie; des renforts furent envoyés vers les frontières.
Dans ces circonstances , une seconde entrevue semblaopportune. Elle eirtlieuau campdeNeu-
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i^stadt, en Moravie. Frédéric et ses généraux portaient runiforme autrichien : « Mon frère, d dit-il à l'Empereur, en l'abordant, « j'amène des recrues a à Votre Majesté. » Mais la présence du prince de Kaunitz disait aussi que cette visite ne se bor- . perait pas à des échanges de politesses. Le Roi et le premier ministre eurent de longues conférences. Après avoir déclaré que jamais l'Impératrice-Reine ne permettrait aux Russes de passer le Danube, ni d'arriver par des acquisitions au voisinage de la Hongrie, M. de Kaunits ajouta qu'une seule barrière, l'union de la Prusse et de l'Autriche, pouvait arrêter le torrent qui menaçait l'Europe.
La position deFrédéricdevenait embarrassante: placé entre son alliance avec la Russie et ses nouvelles relations avec l'Autriche, il tourna habilement la difficulté, en offrant son intervention pour réconcilier les deux cours. Le monarque prussien promit d'engager la Porte-Ottomane à accepter la médiation du cabinet autrichien. Poussant la déférence plus .loin , il consentit à communiquer à Vienne toutes les ouvertures que la France pourrait ^ire à la I^nisse. Enfin , pour mieux cimenter la bonne harmonie, on promit réciproquement de terminer à l'amiable les discussions qui ne s'élèvent que trop souvent , sur les frontières, parmi les agents des finances. Comme tout ceci s'était passé entre le Roi et le
prince de Kaunitz seul , Frédéric crut en devoir im 1 , Ut. , im
rendre compte à 1 Empereur qui parut tres-sen-
sible à ce procédé.
Le lendemain delaconfécence, on reçut àNeustadt des dépêches de Conslantinople. Le Grand- Seigneur invitait les deux cours de Vienne et de Berlin à se rendre médiatrices entre la Porte et la Russie, déclarant qu'il n'accepterait de paix que par leur entremise. Joseph, reconnaissant qu'il devait cette médiation aux: actives démar- ' ches de Frédéric à Constantinople, le remercia avec e£Fusion. Quant au prince de Kaunitz, il affecta de recevoir cette importante nouvelle avec une sorte d'indifférence, il dissimula sa joie; mais elle n'en était pas moins vive.
Au reste, d'autres intérêts furent malheureusement aussi débattus dans cette conférence. Là^ devant une carte de la Pologne , on arrêta les bases de l'odieux partage. Déjà , sous prétexte d'organiser un cordon sanitaire, grande ressource pour de pareilles iniquités , des troupes autrichiennes et prussiennes s'étaient établies sur cette terre condamnée. Les spoliateurs étaient prêts à fondre sur leur proie. »
Cependant l'aversion de Marie-Thérèse pour la Russie l'engageait à une démarche bien singulière , à une contradiction vraiment inexplicable chez uneteUe £emme. Au moment où toutes
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KM les bases du partage venaient d'êtrearrétées^l'Iia* pératrice écrit , de sa propre main, à Stanislas , cet élégant et vain simulacre de roi. Elle lui parle de son affection pour lui , de sa bienveillance pour la République. A l'entendre , jamais l'Autriche n'a tourné un regard d'envie Vers la Pologne; jamais elle ne permettra un démembrement quelconque.
En entendant dépareilles assurances , on aimerait à penser que l'indigne complot avait pu rester un secret entre Frédéric, Joseph et Kaunitz. - Ce n'est pas tout. Marie-Thérèse conclut un traité avec la Porte ; elle s'engage , silaHussie ne restitue pas ses conquêtes, si elle persiste dans son système oppressif contre laRépublique, à lui déclarer la guerre. C'était l'époque où les confédérés polonais organisaient leur patriotique ré> fiistance : on les combla de promesses.
£n -même temps, la cour de Vienne^ admettant l'hypothèse où elle attaquerait les Russes partout ailleurs qu'en Pologne , réclamait de Frédéric une entière neutralité .
Mais une proposition decette nature ne pouvait convenir au monarque prussien ; il la rejeta , et son frère , le prince Henri, après avoir été rendre visite à la reine de Suède, princesse de Prusse, partit pour Saint-Pétersbourg (i). Le motif osten- ■ (i) Voir Pièces justificatives, lettre F
fiible du TOyage était le désir de revoir l'Impéra- i; trice qu'il avait auti%fois connue à Berlin : son but réel était d'abord de préparer la paix entre la Porte et la Russie, puis de rapprocher l'Autriche et la Prusse par l'appât du partage.
Cependant , un corps autrichien , entré en Po> logne , occupait le comté de ZÀps. C'était , car il fallait un préteste , à titre d'ancienne dépendance du royaume de Hongrie, et comme gage de sommes dues par la République.
De son côté, Catherine s'était emparée d'une «utre partie de la Pologne , trouvant tout naturel -dé s'indemniser ainsi aux dépens du plus faible , et de faire payer aux Polonais la restitution de ia Moldavie et de la Valachie.
Personne ne voulait se donner l'odieux de la première exécution; mais chacun déclarait à son voisin qu'à la moindre tentative de démembrement, il en ferait autant.
Exploitant ces avides dispositions, le prince Uenri conclut, à Pétersbourg, un projetde partage. Il ne s'agissait encore que de la Prusse et de la Russie. Mais Frédéric se hâta d'en informer le cabinet autrichien.
Prête à signer aussi , Marie-Thérè$e hé^ta : elle craignait d'irriter la France et de briser l'alliance de 1756. Ce qu'elle allait gagoer, valait-il iine semblable chance , et le sacrifice des avantar