‹ Histoire de Joseph II, empereur d'Allemagne (volume 2)Chapitre 8 sur 19 · II . ... 1 , . IT · texte numérisé non relu

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nouvelle et presque étrange au milieu des palais de Louis XIV.

Occupant un appartement modeste dans une maison garnie, souvent l'Empereur sortait en fiacre ou à pied. Tous les monuments publics, tous les établissements ' dignes d'intérêt, reçurent sa visite. L'Hôtel des Invalides excita son admiration : il s'étonnait que Louis XVI n'eût jamais vu ni ce noble asile de la valeur guerrière , ni l'École militaire, son berceau. A l'Hètel-Dieu , il ne put contenir son indignation, en remarquant étendus dans le même lit , un malade , un mourant, un mort, a Cet asile, » dit l'Empereur, « n'est pas un bienfait, d

Jusqu'alors , le vertueux abbé de l'Épée avait recueilli les sourds-muets dans une école spéciale, sans même obtenir l'attention du public , . ni de la oour. Josepb , surpns de cette ingrate indiffé^ rence, signala hautement au respect de tous ce modeste bienfiiiteur de l'humanité. En lui offrant son portrait enrichi de diamants, il le pria de lui former un disciple capable d'obtenir, à Vienne, les heureux résultats de sa méthode.

Chez BuiFon, Joseph s'annonça modestement comme un disciple du grand naturaliste. Bufion, souffrant et en robe de chambre , voulait prendre un vêtement plus convenable, a Non, non, v lui répondit l'Empereur, « quand un maître

2B4 HUIOIBI DB 40SBPfl II.

n « reçoit son élève, il ne doit feire aucune céré- M mODÏe pour lui> »

A la cour, son humeur frondeuse ne manquait pas d'aliment; il s'y abandonnait d'autant plus qu'un secret dépit l'excitait, et que soo amour* propre de monarque autrichien soufFrait en face dessplendeursdelaFrance. Ainsi, plaisantant son beau-frère sur son goût pour la chasse, il lui con* seillait, au lieu de parcourir les bois, de visiter les principales villes du royaume. Ne ménageant pas davantage sa sceur, dans ses parures, dans ses nouvelles habitudes, dans les fastueuses superfluités qui l'entouraient , Jose[^ se complai-> sait à lui rappeler la simplicité de leur éducation première. « Que de choses , o lui disait-il , « dont « nous n'avons pas besoin à Vienne! v

11 voulut tout voir, tout jusqu'à madame Dui barry. L'ex-favorite le reçut dans son élégant» retraite de Lucienne. Joseph se montra froid , mais poli; il respectala dignité de femme, mémo chez celle qui l'avait le plus oubliée.

Un jour, dans un cercle nombreux, une dame " célébrait avec enthousiasme le Congrès américain et l'héroïque persévérance des'milices nationales ; Joseph l'écoutait en silence. Blessée de cette réserve : 0 Qu'en pensez-vous, monsieur le comte,» luideioanda-t-elle, «etde quel côté vous rangea-r « vous? » « Eh! mais, madame, » répondit-il, « mon métier à moi , c'est d'être royaliste. »

Joseph quitu Paris, le 3i mai, peu satisfait ittt de la cour de Versailles qui, sur toutes les questîoiis politiques, avait observé une grande réserve. L'accusant d'envie et de mauvais vouloir, il se plaignait qu'on cherchât d'avance à entraver son ascendant futur en Europe.

De là , il parcourut la Normandie , la Breta.' gne, kProveHce, le Languedoc, la Bourgogne, la Franche-Comté.

Mais, soit fiatigue d'un incognito qui le livrait aune importunecuriosité, soit sentiment pénible à ra^>ect de Lyon, de Bordeaux , de tant d'autres villes florissantes, réunies sous 1^ même sceptre, tandis que lui, dans son Empire germanique , il trouvait plus d'un souverain assez puissant pour lui Étire la guerre, Joseph manifesta parfois des mouvements d'humeur et même d'injustice.

Aussi les provinces furent-elles moins contentes du voyageur couronné que la capiude.

Par goût, il eût accueilli et fréquenté les philosophes : fils respectueux , pour ne pas blesser Marie-Thérèse, il s'abstint de les voir.

Voltaire , leur roi , l'attendait à Ferney sa capitale, et l'Europe comptait sur l'entrevue des deux souverains : l'Empereur passa sans entrer.

En traversant Berne, Joseph alla visiter le célèbre Haller. Il le trouva affaibli par l'âge , accablé d'infirmités, mais entouré de livres, et travaillant encore.

^ L'Empereur lui ayant demandé s'il s'occupait toujours de poésie : « Des vers! » répondit l'illustre vieillard, a ce sont les péchés de ma jeuff nesse; il n'appartient qu'à M. de Voltaire de « caresser les Muses à quatre-vingts ans. u

Joseph était revenu de ce voyage plus décidé que jamais à fortifier entre ses mains l'unité du pouvoir impérial , et à s'afïi'anchir, en tes absorbant autant que possible, de toutes lés souverainetés secondaires, groupées autour de son trône électif.

Une occasion de tentev l'entreprise ne tarda pas à s'offrir. Maximilien- Joseph ^ électeur de Bavière, mourut le 3o décembre 1777 sans postérité masculine.

Si jamais droits à la totalité d'une succession, sauf les alleux proprement dits, avaient paru incontestables, c'étaient ceux de l'Électeur Palatin, chef de la branche aînée ou Rodolphine de la Maison de Wittelsbach. Les deux Maisons de Ba- TièreétPalatine descendaient de cet Othon de Wittelsbach qui reçut de l'empereur Frédéric 1" l'investiture duDuché deBavière, après qu'Henri le Lion , duc de Saxe et deBavière, eut été mis au £ande l'Empire.

Un -mariage donna à Louis, fils et successeur d'Othon, le Palatinat du Rhin, ainsi que la dignité électoi'ale. Othon riUustrelui avait succédé : en mourant, il laissa la haute Bavière, avec le

Palatinat , à Louis le Sévère , son fils aîné , et la [^ basse Bavière,à Heori, son second fils. Les États de Louis furent partagés entre ses deux fils, Rodolphe et Louis; Rodolphe, qui fut Électeur Palatin , devint la tige de la branche Rodolphine ; Louis, le plus jeune, et qui monta ensuite sur le trône impérial., fut Duc de la haute Bavière : de lui est sortie la branché Ludovicienne.

Les titres de l'Électeur Palatin, en 1777, reposaient :

1° Sur le droit féodal commun qni appelait à la succession l'Électeur Palatin, en sa qualité^de plus proche agnat et d'héritier féodal du dernier , Électeur de Bavière , compris comme tel dans la première investiture , leurs ancêtres communs ayant conjointemeut possédé les d^ix États avant le traité de partage de 1329, partage duquel date la division de la Maison de Wittel^ch en deux branches ;

2°SurlaBul)e d'or qui, ayant constitué ou sanctionné, dans les Maisons électorales, l'ordre de la succession linéate et le principe de l'indivisibilité, -assurait toute la succession à la branche Palatine, à déÊtut de la branche de Bavière ;

3° Sur le pacte de confraternité et de succession mutuelle établi entre les deux principales branches de la Maison de Wittelsbach , lors du traité de Pavie, en iSag, pacte plusieursfois re. nouvelé par ceux postérieurs de 1 534? 1 724, 1 766,

ne 1771, 1774) e>: conOrmés par les capitulations deâ Empereurs. Aux termes du pactexle 1774» l'Électeur de Bavière avait même admis l'Électeur Palatin à posséder tous les pays compris dans les pactes de succession antérieurs ;

^'Sur le traitéde Westphalie, dont l'art IV, § 9 et 10, non-^ulement assure à la Maison Palatine la réversion de l'ancienne digûité électorale et du haut Palatinat, mais confirme tous ses droits en général, et par conséquent son droit k la succession bavaroise.

Desemblables titres paraissaient bien à Tabri de toute contestation ; et certes personne n'eût mis en doute leur validité, si la justice, si la bonne foi n'étaient pas sans cesse étouâefts sous les sopbis* mes ou par la violence.

A peine Maxinûlien-foseph eut-il cessé de vivre, que plusieurs prétendants s'élevèrent.

Du chef de sa mère, sœur du feu Électeur, celui de Saxe réclaniait toutes les propriétés allodiales, évaluées par lui à quarante-sept mitlioas de florins.

lieDucdeMecklenbourg-Schwérin, s'appuyant sur l'inVestiture que Henri , l'un de ses ancêtres, avait obtenue, en i6oa, de l'Empereur Maximilienl", demandait lelandgravîat de Léuchtenberg.

Mais parmi tous les concurrents, nul plus redoutable que Joseph.

Depuis loi^emps, l'Autriche convoitait la

Bavière. C'était même afin de pouvoir revendi-'IL querun jour l'héritage allodial de cette Maison, que l'Empereur François avait marié son fils à la sœur de l'Électeur. Mais la princesse étant morte sans enfants , le prétexte n'était plus plausible. D'avance la cour de Vienne avait gagné les ministres de l'Électeur Palatin et ce prince lui-même qui, sans enfants légitimes, désirait assurer à ses nombreux enfants naturels des établissements avantageux. Orl'Autrichepromettait tout, pourvu qu'il lui sacrifiât ses successeurs légitimes, à la tête desquels était le Duc de Deux-Ponts.

Les prétentions impéi'iales s'élevaient presqu'à la moitié de la succession. Ainsi, comme Reine de Hongrie, Marie-Thérèse réclamait tous ceux des fiefs du haut Palatinat que, depuis la convention de Pavie , les souverains de ce royaume avaient conférés à la branche de Bavière.

Comme Archiduchesse d'Autriche, et représentant Albert , elle motivait ses prétentions sur l'investiture de la basse Bavière que Sigismond avait conférée. Ne sebomaut pas là, maisinvo* quant un acte de réversion accordé par Mathias , en i6i4iet confirmépar les Empereurs suivants, elle demandait aussi l'Étatde Mindelheim, dans la Souabe.

Quant à Joseph, c'était à titre de fieis masculins dévolus à l'Empire, qu'il réclamait le landgraviatdeLeucbtenberg, les comtés de Wolfslein

• 1778 de Haag , de Shabeck et de Hais , avec d'autres ûefs moins considérables.

L'Électeur n'avait pas encore fermé les yeux, que déjà les troupes autrichiennes marchaient vers les frcmtières. Dès sa mort , avant que ces prétentions fussent connues, elles envahirent tous les pays et districts réclamés. Le jour même, les portes de Muflich avaient été fermées. Pendant cinq jours , personne ne put sortir de la ville , sauf un courrier du résident d'Autriche.

Marie-Thérèse n'avait consenti qu'avec répugnance à cette mesure ; elle se troublait à l'idée d'une guerre nouvelle. Déjà trop de sang avait coulé pour sa cause sur les champs de bataille , et parfois , comme un remords , la Pologne assiégeait sa conscience. Arrivée à cet âge où le repos des peuples était devenu un devoir à ses yeux, un besoin pour elle-même, la mère de Joseph n'observait pas, sans de vives sollicitudes, l'ardente ambition qui allait bientôt siéger seule sur le trône.

Apres quelques réclamations sur des procédés aussi étranges, l'Électeur Palatin était venu à Munich pour y recevoirl'hommagede ses sujets. Mais bientôt une convention , signée par son ministre, le 3 janvier, et ratiâée par lui, le i5, reconnut la légitimité des droits de la Maison d'Autriche. Ainsi se trouvait sacrifié, à une promesse d'établisseinent en faveur d'un fils naturel , l'héa

ritier présomptif, le Duc de Deux-Ponts , issu , ma en ligne collatérale, de la branche Rodolphine. IjC prince de Kaunitz avait pensé que cette téméraire usurpation se consommeraitimpunément. La France? Il comptait sur son concoui's. LÀ Russie? N'avait-elle pas assez d'affaires du côté de la Crimée? L'Angleterre? L'insurrection de ses colonies l'occupait entièrement. Quant au Roi de Prusse, l'âge de la guerre était passé pour lui. Conserver en paix les conquêtes de sa jeunesse , tel devait être son but unique.

Calme, impassible en apparence, Frédéric semblait lui-même confirmer un telle opinion. Mais le vieiix Roi , loin de s'endormir / s'était déjà entendu avec les cours de Versailles et de Saint-Pétersbourg.

Sûr que la France , sans vouloir rompre avec l'Autriche , &ciliterait néanny^inà tout obstâde à son agrandissement; tranquille du côté de la Tzarine , car il avait persuadé à Catherine que le moindre changement dans le Corps germanique serait préjudiciable aux intérêts russes , Frédéric se tourna vers le Duc de Deux- Ponts, Charles II , chef de la branche de Birkenfeld.

En effet , dans la carrière de' violence où elle venait de s'engager, c'était, sans doute ^ pour l'Autriche, un pas considérable que d'avoir arraché à l'Électeur Charles-Théodore son consen-

30a IIISTOIKB DS JOSBM 11.

i77« tement. Mais aân de valider la convention du 3 janvier 1778, il fallait la ratification du Duc Charles.

Bientôt , cédant aux exhortations du monarque prussien , le jeune prince protesta devant la Diète ; il invoquait l'appui de la Prusse et de la France. L'Électeur de Saxe suivit cet exemple. Dès lors Frédéric se sentit en position d'intervenir efficacement. C'était vers lui que toute l'Allemagne tournait ses regards avec anxiété ; car^il s'agissait de défendre la constitution germanique , et de savoir si le chef de l'Empire en deviendrait le despote.

Le rôle était beau : il convenait au grand homme qui s'en empara.

Avant de recourir aux armes , ce prince engagea une guerre de plume ; il y eut , de part et d'autre , échange fréquent de notes, de lettres, de mémoires.

Mais, entre de tels contradicteurs, le seul argument définitif, c'est le canon.

, L'Empereur ne voulait que gagner du temps. Frédéric , qui s'en aperçoit , renvoie la discus*^ sien à ses uûnistres.

Enfin pour témoigner de sa modération, il fait à l'Autriche une proposition sage , conciliante. En vertu d'une nouvelle convention qui sera conclue, sous sa médiation, avec la participa* tion du Duc de Deux-Pont» et de l'Électeur ée

Saxe , la Maison Palatine abandonnera à TAu- ittb triche deux districts de la Bavière , sur le Danube et sur rinn , l'un contigu à la Bohême , l'autre à l'Archiduché. De son côté , l'Autriche cédera à l'Électeur le Duché de Limboui^, avec la petite partie du Duché de Gueldre dont elle était en possession , et comprenant la ville de Ruremonde , ainsi que quelques villages. L'Électeur de Saxe obtiendra Mindelheim et Wisenateig, et Marie-Thérèse renoncera au domaine direct de la Bohème sur les fiefs du haut Palatinat, comme sur ceux de la Saxe et des margraviats de Franconie attachés à cette couronne par le lien vassalitique.

Une ambitign modérée eût accepté cette offre : mais il n'en fut pas ainsi. Alors Frédéric déclara les négociations rompues.

La guerre était devenue inévitable.

Aussitôt , la cour de Vienne réclama à Versailles le secours de vingt-quatre mille hommes* stipulé parTâlIiaoce de 1756 (i). Mais te ntinis> tère français répondit, avec raison, que les possessions garanties à Marie-Thérèse par le traité , n'étant pas contestées, et la guerre ayant pour objet des acquisitions dont les titres étaient inconnus lors de la conclusion de l'alliance , le co-

(1) Flauan, Hislolrt générale et rationnée de la Ji/Aomatitfran'

HISTDIBB DE JOSBPH I

fsus fœderis n'existait pas. Il ajoutait que rien □'autorisait la cour de Vienne à voir, dans cette alliance, un moyen d'agrandissement. D'ailleurs, le Roi de Prusse et le Duc de Deux-Ponts n'étaient-ils point en droit de réclamer la garantie de la paix de Westphalie , si incontestablement violée par l'Autriche? Louis XVI se retrancha donc dans la neutralité.

I^ 5 juillet , Frédéric entra en Bohême , à la télé décent mille hommes, parle comté de Glatz, occupa Naehod , et , s'avançant jusqu'aux bords de l'Elbe, s'établit en face de Joseph.

L'Empereur, commandant , avec le maréchal de Lascy , la principale armée, occupait une position formidable derrière les rives escarpées de l'Elbe. Sa droite s'appuyaità Kœnigsgrœtz, ville que ses ingénieurs avaient mise en état de soutenir uu siège de quelques semaines. Au delà de l'Elbe , et près de Kœnigsgrœtz , campait un corps de grenadiers , avec quelque cavaleriej dans des ouvrages plus semblables à une ville fortifiée qu'à des retranchements de campagne. DeSemonitzà Schurz , s'étendait un autre corps de 3o,ooo hommes , couverts par des fossés de huit pieds de profondeur , de seize de large ^ bien fraisés , bien palissades , et, de plus, entourés de chevaux de frise qui liaient ensemble les ouvrages séparés. Plus loin s'élevait la hau-'

téur de Kukus , qui , commandant la rive sep- itts tentrionale de l'Ëlbe , se prolonge , de colline en colline, par Kœnigsaal, vers Arnau; de là cette chaîne de montagnes va se joindre à Hohenelbe et seconfondre avec le Riesen-Gebirg(i).

De triples redoutes défendaient tous les passages de l'Elbe. Derrière d'énormes abatis d'arbres Ëiits sur le sommet de ces montagnes boisées, campaient quarante batailloùs de réserve , prêts à se porter sur tous les points menacés par les Prussiens. En outre, les bords du fleuve , hérissés de rochers depuis Jaromirtz (s) jusqu'aux montagnes , étaient inaccessibles à l'ennemi.

Cependant le prince Henri, avec une seconde armée, rassemblée dans la Marche de Brandebourg et dans le Magdebourg, avait à l'improviste occupé la Saxe, pour la mettre à l'abri d'une invasion. Cette armée, forte aussi de la jonction des troupes de l'Électeur, s'élevait à cent treize mille hommes^ L'avant-garde, aux ordres du célèbre Mœllendorf , qui devait être un jour prisonnier de Napoléon , entra en Bohème , et

(i) HoDUgnes des gianU, entre le cercle de BunzUu en Bohême et la province de Jauer en Sîlésie; l'une des principale! chaînes du système hercinio-carpathien.

(3) Petite ville sur l'Elbe , en Bohême, célèbre par les baini Koukkùusbad.

SOS HISTOIBE DB JOSEPa II.

I77S s'avança jusqu'à Commotftu, suivie du gros de l'armée.

Cependant le prince voulait se rapprocher de son frère : rétrogradant donc, il passa sur la rive droite de l'Elbe , et , à travers des routes presque impraticables, à force de constance et d'énergie , il atteignit Gabel > vers les premiers jours d'août.

Le maréchal de Laudon , s' étant retiré derrière l'Iser, entre Tumau et Jung-Bunzlau , yprttune position respectable, d'où il communiquait avec l'armée de l'Empereur.

Profitant de la retraite précipitée du maré^ chai, le général prussien de Platen s'empara de Leutmeritz , poussa jusqu'à Budin sur l'Egra : son avant-garde atteignit Welwam , à trois milles de Prague.

L'alarme se répandit dans cette capitale.

Maître du Cercle de IiQutmeritz , le prince Henri ne put néanmoins opérer sa jonction avec son frère. L'un et l'autre , ils s'étaient vainement efibrcés d'entraîner les généraux Lascy et Laudon k une bataille.

Mais bientôt les deux armées allaient manquer de vivres. I^e prince Henri commença sa retraite, le 10 septembre, et rentra, avec un ordre parfait, le 2 octobre, en Saxe.

Son digne adversaire, I^udon, blessé del'in*

Bction à laquftlle des ordres supérieurs l'avaient i7th condamné , s'était démis du commandement. Haddick le remplaça. Quant au Roi , il se replia sur la Silésie. Ce fut dans cette campagne , à son quartier général de Schatzlar , qu'il composa l'éloge de Voltait-e', mort le 3>o mai 1778.

Ainsi se termina, sans un siège , sans une bataille , sans un combat sérieux , cette singulière campagne où pourtautles premiers généraux du siècle étaient en présence.

- La cause principale de ce résultat imprévu , c'était la répugnance de Marie-Thérèse à continuer une guerre commencée malgré elle. Déjà cette princesse, après l'entrée des PrusMensen Bohème, avait envoyé le baron de Thugut à Frédéric, sous un caractère supposé, le chargeant de dire expressément , « qu'elle était dén sespérée.de voir qu'ils fusseût sur le point de o s'arracher, l'un à l'autre, leurs cheveux que o l'âgé avait blanchis. »

Cette négociation secrète resta sans succès , Frédéric ayant rejeté les bases proposées. Mais en même temps le Hoi se déclarait disposé à entaawr une nouvelle négociation. Il appela même, à Frankenstein , ses ministres Finkenstein et de Herlzberg. D'après les nouvelles bases qu'on lui soumettait alors , Marie-Thérèse devait acquérir le district bavaroisqui , à partir de Passau, longe

tÙè HISTOIBS DX JOSEPH II.

iTTsTInn et la Salza jusqu'à WUdshut , et qui depuis, lui ayant été adjugé par la paix de Teschen, fut nommé quartier de l'Inn.

Renonçant , en retour , à toutes prétentions directes sur les fiefs du haut Palatinat et de la Saxe , elle paierait à l'Électeur de Saxe un million de reichsthalers ; ce prince recevrait aussi Mindelheim en Souabe , avec la seigneurie de Rothenbei^ en Franconie.

Quand Joseph apprit cette démarche , son déplaisir fut extrême : il déclara même que, si toute idée d'arrangement n'était pas immédiatement abandonnée, il établirait sa résidence, hors de la monarchie autrichienne , à Aix-la- Chapelle ou ' dans quelque autre ville impériale.

Essayant une dernière tentative, l'Impératrice envoya l'Archiduc T^éopold à l'armée auprès de l'Empereur : mais l'unique effet de cette mission , fut de désunir deux frères jusqu'alors en parfaite harmonie.

Au reste, son fils n'était pas pour Marie- Thérèse le seul obstacle k la paix. Le prince de Raunitz luttait aussi de toutes ses forces contre des avances incompatibles , selon lui , avec la dignité de la couronne impériale.

Dans ces circonstances, l'Impératrice avait dû se résigner à la continuation des hostili-

tés. Mais dès que la campagne fut termiuée , m» elle réclama la médiation de la France et de la Russie.

Occupée enfin du rétablissement de sa marine, eniraînée, par son traité de commerce et d'alliance avec l'Amérique, dans une guerre ardente non moins que dispendieuse contre l'Angleterre , la France appelait, de ses vœux, la paix du continent , pour tourner toutes ses ressources contre sa formidable rivale. L'intervention de Catherine nepouvait donc que lui être agréable.

Quant à cette princesse , elle ne se rappelait pas, sans un vif ressentiment, combien le cabinet autrichien l'avait contrariée dans ses démêlés avec la Porte , tandis que Frédéric , en déterminant l'ambassadeur français à conseiller au Divan un arrangement, avait exercé sur l'issue de ces différends la plus heureuse influence.

Déjà , vers la fin de la campagne , Catherine avait feît déclarer à Vienne qu'elle se trouverait forcée , bien qu'à regret , de prendre parti dans cette guerre , et qu'elle désirait voir les puissances belligérantes accepter sa médiation. En même temps, pour donner plus de poids k cette pro^ position , elle envoyait trente mille Russes sur les frontières de la Galicie.

Arrivé à Breslaw , le 20 décembre 1778, le;

iTTs prince Repnin y déploya la double qualité de général et d'ambassadeur. La veille, avait paru une déclaration de l'Inipératrice, énonçant les moti& de sa démarche.

De son côté , Frédéric ayant rédigé un projet de pacification, le communiqua à ses alliés et aux deux cours médiatrices. Tous et l'Impératrice l'adoptèrent , et un congrès ftit indiqtié à Teschen, dans la Silésie autrichienne, pour le traité définitif.

Cependant, sous main, Joseph ne négligeait rien pour entraver les négociations. Au moment même où une suspension d'armes allait être signée, il envoya dix mille bomnies bombarder Neustadt, dans l'espoir de foi-cer ainsi le Koi de Prusse à continuer les hostilités.

Tout étant presque réglé d'avance , on sem^ blait devoir être bientôt d'accord. Néanmoins, plusd'unediÊficulté surgità l'imfH-oviste; les prétentions se croisaient avec chaleur. L 'œuvre pacifique semblait même gravement compromise, quand arriva la nouvelle du traité de Constantinople , entre la Russie et la Porte. Ce fait seul obtint plus de succès que les efforts de la diplomatie. Craignant que la Russie, libre du côté des Turcs , ne secondât de toutes ses forces le Roi de Prusse, la cour devienne devint subitement plus

accommodante, et la pus fut signée , le i3 mai t: 1779, heureux anniversaire de la naissance de Marie-Tbérèse.

Circonstances singulières! La Maison Palatine, pour les intérêts de laquelle la guerre avait été entreprise , n'y prit aucune part. La Bavière , objet du litige , ne fut point enveloppée dans les hostilités , et l'Électçur Palatin ,,qui avait refusé l'assistaDce du Roi de Prusse, dut à la protection de ce monarque le priucipal avantage de la paix.

Trois traités principaux, n'en formant qu'un seul, furent signés àXeschen.

!• Le traité de paix entre l'Impératrice-Reine et le Roi de Prusse; l'Électeur de Saxe y figurait.

a*> Une convention entre l'Impératrice-Reine et l'Électeur Palatin , qui réglait le différend sur la succession de la Bavière , et dans laquelle se trouvait compiis le Bue de Deux-Ponts. .

3' Une convention entre l'Électeur Palatin et l'Électeur de Saxe , relative à la succession allodiale réclamée par l'Électeur de Saxe.

Joseph y accéda comme héritier et co-régent des États autrichiens ; un acte du Corps germanique les ratifia, le a8 février 1780.

Nul événement de son règne n'avait causé plus de plaisir à Marie-Thérèse que la paix de Teschen i elle le proclama hautement , elle aimait à le répéter.

313 HISTOIKE DK JOSEPH II.

n Ed apprenant que le roi de Prusse accédait aux propositions des puissances médiatrices : a Je suis a ravie de joie, » s'était-elle écriée. cOn sait que je « n'ai point de partialité pour Frédéric ; mais je « lui dois pleine justice , çt reconnais qu'il a agi « noblement. Il m'avait promis de faire la paix « à des conditions raisonnables : il m'a tenu pa- « rôle. C'estpourmoi un bonheur inexprimable « que de prévenir une plus grande elïusion «Je « sang (i). »

Le prince de Kaunitz reçut de Marie-Thérèse les plus affectueux remerciments.

Après l'Empereur, il était le premier personnage de la monarchie. Ce ne fut pas une de ses moindres habiletés que de marcher si longtemps entre Marie-Thérèse et son fils, sans jamais heurter aucune de leui^ susceptibilités , sans blesser des volontés sisouvent contraires ; effort d'autant plus remarquable qu'il était contiauel. Durant surtout le récent litige de Bavière, le dissentiment entre l'Impératrice et Joseph rendit cette situation plus dif&cile encore. Aussi, dès la paix, le prince avait-il soUidté sa retraite. Mais il dut

(i) Jf. m. Keith's DUpatches (août et septembre 1779); HerCzberg , (Mavres poliliq, , tom. II; FVédéric , Œuerts posthM-

mes , tom. II; ViWWira Cote, Histoire de la Maison d'Autriche; Eoch , Abrégé de l'Uist. des traités de paix; Flassan , Hist. générale et rationnée de la diplomatie française.

UVKB ■[. 31S

céder aux instances de Mari&-Thérèse et de l'Em- it^ pereur. Néanmoins, sur sa demande, on créa, pour son ministère, un Vice-chancelier. Cette dignité fut conférée au comte Philippe de Cobentzel, plénipotentiaire au congrès deXeschen, le même qui depuis figura à Campo-Formio. Frédéric! Napoléon! quelles dates dans la vie d'un homme d'État!

A cette époque le cahinet autrichien manifestait une tendance à modifier sa politique extérieure. Oubliant les conditions honorables dues à la médiation de la France , lors de la pais de Tesohen , on ne se rappelait à Vienne que le refus des secours stipulés en 1756, et l'opposition secrète au démembrement de la Bavière.

En toute occasion , Joseph laissait éclater son ressentiment. Avec plus de modération dansson langage, Marie-Thérèse partageait les mêmes dispositions. Le prince de Kaunitz p' était pas moins mécontent : mais , maître de lui-même , il gardait le silence, craignant, par-dessus tout, d'ébranler cette alliance française, son but constant, et selon lui , son premier titre de gloire.

Sans rompre avec la France, l'Autriche inclinait donc à se rapprocher de l'Angleterre et de la Russie.

Aussitôt même après la paix de Teschèn , elje avait offert àia Grande-Bretagne son intervention,

aiSTOIBB OB J08BPH II.

I7TO pour terminer la guerre avec la France, incendie allumé d'abord en Amérique, mais que la vieille haine des deux ennemies avait promptement étendu loin de son foyer.

- Quand éclata l'insurrection américaine, on fut dupe, à Vienne, de l'apparente neutralité de la France : malgré toute sa perspicacité , le prince de Raunitz lui-même s'y était trompé. C'est qu'il ne considérait qu'un côtéde la question , le principe monarchique à défendre, sans sonder toute la profondeur de la blessure que la France pouvait enfin creuser aux flancs de sa rivale. Or, après tant d'inimitiés invétérées, après tant de luttes séculaires, lui gouvernement, excité d'ailleurs par rentraînemeot national, ne résiste guère à de telles tentations.

Dans ce mémorable avènement d' un grand peuple à la souverainelédelui-même, lecabinetautrichien n'avait vu qu'une rébellion : àcetitre, l'antique monarchiefrançaise, compliced'une insurrection républicaine , lui semblait une monstrueuse anomalie. Non-seulement il interdit tout accès aux envoyés américains, mais tout commerce entre les Pays-Bas et les colonies révoltées fut prohibé. Robert Keith ayant offert à Joseph les remercîments deS.M. B, aLacausedeTADgleterre, »lui répondit ce prince , « est celle des souverains ; ils sont « tous également intéressés à maintenir la subor-

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a diiiation et l'obéissance aux lois dans les mo- i't* I narchies qui les environnent. »

L'offre d'intervention entre la France et l'Angleterre était restée sans succès. Mais l'Autriche n'en persévéra pas moins dans ses caressantes avances; car elle comptait sur les ministres de Georges pour disposer Catherine en sa faveur.

Bientôt ce fut l'Empereur en personne qui alla traiter ce grand intérêt à Pétersbourg même. Voici dans quelles circonstances ;

Marie-Thérèse avait établi detix de ses fils puînés; à Léopold,le Grand-Duché de Toscane; à Ferdinand, le gouvernement de Milan, et, de plus , par suite de son mariage , l'expectative du Duché de Modène.

Maximilien , qui , seul ne possédant que sou rang de prince du sang impérial , avait pris les Ordres, postulait les coadjutoreries de Cologne et de Munster. Mats deux redoutables oppositions contrariaient sesvues:laFrance ne voulait pas que l'électorat échût à un prince de Maison aussi puissante; la Prusse agissait activement, dans le même sens , auprès des chapitres de Cologne et de Munster.

Afin de contre-balancer ces influences hostiles, il devenait donc urgent d'obtenir le concours de Catherine. C'est ce résultat que Joseph alla ten-

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!mÔ **'"' ^'*° résolu aussi à saper, auprès de la Tzarine,le crédit de Frédéric.

Précisément alors Catherine s'apprêtait à visiter ses nouvelles acquisitions en Pologne : l'occasion d'un voyage semblait naturelle.

Joseph témoigna au princedeGallitzin, ambassadeur russe à Vienne , son ardent désir d'exprimer lui-même et de vive voix, à la grande souveraine du Nord , toute son admiration. Flattée de cet hommage , et voyant dans le concours de l'Autriche un sûr moyen de réaliser ses projets contre les Turcs , Catherine désigna , avec bonheur, Mohiloff (i), en liithuanîe , pour lieu de l'entrevue. L'incognito ayait été convenu : le 25 mai, l'ambassadeur autrichien , comte de Cobentzel , présenta à la Tzarine le comte de Falkenstein. Joseph avait d'avance étudié son rôle : il le remplit, d'un bout à l'autre, avec une irré-

(i) Jamais, quoi qu'on ait pu croire et supposer, jamais l'Autriche n'eût cooMDti à la destruction de ^'Empire ottomanJ Ce qui a pu tromper, c'est la coudescendance de Josi^phpour la Russie.Mais, en ne s'opposRot point à la conquétedela Crimée, Joseph ne songeait qu'à enlever an roi de Prusse l'alliance des Busses qui avaient fait échouer ses projets sur la Baiière. Toute ■a pensée était là. Loin d'être disposé à plus de complaisance pour Catherine ; « Bien des f<^ les turbans ont mis l'Autriche

• en danger, • répétait-il souvent ; ' mais la situation devren-

• drait hien autrement périlleuse si les chapeaux russes i^naîen^

• à Constantinople. a Ségur, Politique de tous les Cabinets, etc.

prochable habileté. Déguisant , sous le voile de tn» la franchise , une délicate et spirituelle adulation ; applaudissant , avec un abandon calculé , aux rêves ambitieux de Catherine, et, sans le promettre, laissant espérer son concours, il inspira à cette princesse un véritable enthousiasme. Le fantasque, l'altier Potemkin céda au même prestige.

Sur les instances de Catherine , Joseph la suivitàSaiut-Pétersbourg, où il séjourna jusqu'à la fin de juillet. Ce temps fut misa profit. Ne pouvant plus douter du mauvais vouloir de ta France, l'Empereur s'appliqua à gagner le cabinet britannique : «Renversons, n lui disait-il, «le parti a prussien; je vous seconderai de tous mes « efforts. »

Parvenu à son but , Joseph quitta Saint-Pétersbourg , emportant avec lui les regrets et les vœux de Catherine. Depuis, il s'établit, entre les deux souverains, une correspondance intime.

Frédéric était peu disposé à se laisser ainsi éconduire d'une confiance laborieusement obtenue. Il envoya, pour reconquérir le terrain perdu, sera neveu, le prince royal de Prusse. Mais le négociateur ne fit courir aucun danger aux souvenirs laissés par Joseph. Frédéric-Guillaume ne réussit qu'à confirmer Catherine dans ses dispositions.

J9 Peu de, temps après, l'Archiduc MaximUicn était élu coadjuteur de Munster. Marie-Thérèse, avant de fermer les yeux , vit rétablir les anciennes relations de sa Maison avec la Russie.

Cependant cette noble vie touchaitàson terme. Depuis longtemps, l'Impératrice s'affaiUissait , quand, le 2g novembre. 1780, l'hydropisie se déclara avec des symptômes annonçant une fin très-prochaine. Ses dernières souffrances étaient atroces : sa pieuse résignation Ait inaltérable. Une seule crainte la préoccupait : c'était de per* dre, si sa tête s' égarait, ce calme chrétien envoyé par le ciel.

Une fois les préparatifs du solennel départ accomplis, Marie-Thérèse, rassemblant, autour de son lit , toute sa famille , lui adressa les plus tendres, les plus fermes adieux.

Ensuite elle donna à chacun des assistants sa bénédiction , et les engagea à passer dans une chambre voisine , pour calmer leur émotion. Pendant la nuit qui précéda sa mort," elles'était longtemps entretenue avec son fils. Gomme il l'invitait au repos : «Dans quelques heures, » lui ré* pondit-elle, « je dois comparaître au jugementde « Dieu , et vous voulez que je puisse dormir! y

Le 29 novembre 1 780, cette grande âme s'exhala.

A l'imposant prestige du rang suprême, Ma- n rie-Thérèse avait uni une beauté remarquable : dans sa jeunesse, le diadème fiit sa moindre parure. Son port était plein de grâce et de dignité. Mais avec les années elle prit un extrême embonpoint. En 1767, ta petite vérole, contractée en soignant la seconde femme de son fils, commença l'altération de ses traits; plus tard, une chute de voiture la défigura. De tant d'avantages, sa physionomie n'avait conservé qu'une inaltérable expression de bonté.

Six fils et six filles étaient nés de son mariage avec François Etienne de Lorraine. Neuf d'entre eux survécurent à leur mère : i" Joseph II , son successeur; 2» Léopold, Grand-Duc de Toscane et Empereur; 3° Ferdinand, gouverneur de la Lombardie autrichienne, et possesseur, par suite de son mariage avec Marie-Béatrix , fille d'Hercule Renaud, Duc de Modène, du droit de réversion sur les Duchés de Modène, de Reggio et de laMirandole; 4° Maximilien, Grand-Maître de l'Ordre Teutonique , coadjuteur de Munster et électeur de Cologne; 5° Marie-Anne , abbesse de Prague et de Clagenfurth; 6" Marie-Christine, mariée à Albert de Saxe, fils d'Auguste III , roi de Pologne ; 7* Marie-Élisabeth , abbesse d'Inspruct; 8' Marie-Amélie, femme de Don Ferdinand, Duc de Parme ; 9° Marie-Charlotte-Louise,

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I7M femme de Ferdinand IV, Roi des deux-Siciles ; i(/ Marie-Antoinette, Dauphine et Reine de France.

Après un règne de quarante et un ans, Marie- Thérèse emportait avec elle le respect de l'Europe , l'amour d« ses sujets, et le surnom de mère de la patrie.

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