‹ Histoire de Joseph II, empereur d'AllemagneChapitre 7 sur 15 · QUATRIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LETTRE

a De BarcziMrsi, oe !•* jaiii 1787.

» Je crois encore rêver quand, dan.H le fond d'une voi- • ture à six places, qui est un vrai char de triomphe orné » de chiffres en pierres brillantes, je me trouve assis entre

V deux personnes, sur les épaules desquelles la chaleur M m'assoupit souvent, et que j'entends dire, en me réveiln lant, à l'un de mes camarades : — J'ai trente millions i* de sujets, à ce qu'on dit, en ne comptant que les mâles. » — Et moi vingt-deux, répond l'autre, en comptant tout. » — Il me faut , ajoute l'un , au moins une armée de six

V cent mille hommes, depuis Kamtschatka jusqu'à Riga. » — Avec la moitié, répond l'autre, j'ai juste ce qu'il » me faut.

» Ségur vous mandera combien ce camarade impérial » lui a plu. Ségur a plu , en revanche, beaucoup à l'Empe- I) reur. Ce monarque enchante tous ceux qu'il voit. Dégagé M des soins de son empire , il fait le bonheur de ses amis r par sa société. Il n'a eu qu'un petit moment d'humeur.

» Tautre joar, lorsqu'il a reçu des uouvelles de la révolte i> des Pays-Bas. Tous ceux qui avaient des terres en n Crimée, comme tous les Mourza, et ceux à qui Tlmpén ratrice en a donné , comme à moi , par exemple , lai ont » prêté serment de fidélité. L'Empereur est venu à moi, » et, me prenant par le ruban de ma Toison , il m'a dit : t Vous êtes le premier de l'Ordre qui ait prêté serment » avec des seigneurs à barbe longue. — Il vaut mieux, loi '> disje, pour Votre Majesté et pour moi, que je sois » avec les gentilshommes tartares qu'avec les gentils- >' hommes flamands.

» Nous passons en revue , en voiture , tous les états et n les grands personnages. Dieu sait comme nous les accom- )) modons ! Plutôt que de signer la séparation de treize » provinces , comme mon frère George , dit Catherine II n avec douceur, je me serais tiré un coup de pistolet. — » Et plutôt que de donner ma démission , comme mon » frère et beau-frère, en convoquant et rassemblant la » nation pour parler d'abus, je ne sais pas ce que j'aurais » fait, dit Joseph II.

» Ils étaient aussi du même avis sur le roi de Soède, n qu'ils n'aimaient pas, et que l'Empereur, disaitil, avait » pris en guignon en Italie, à cause d'une robe de chambre » bleue en argent, avec une plaque de diamants. L'on et » l'autre convinrent qu'il a de l'énergie, du talent et de n l'esprit. — Oui , sans doute, leur dis-je-en le défendant, » puisque les bontés qu'il m'a témoignées, et un grand ca- » ractère que je lui ai vu déployer, m'attachent à lai. » Votre Majesté devrait bien empêcher un libelle affreux n dans lequel on ose traiter comme un don Quichotte uo » prince bon , aimable et doué de génie.

i> Leurs Majestés Impériales se tAtaient quelquefois sur » les pauvres diables de Turcs. On jetait quelques propos » en se regardant. Gomme amateur de la belle antiquité » et d'un peu de nouveautés, je parlais de rétablir les » Grecs ; Gatherine , de faire renaître les Lycurgue et les » Solon. Moi, je parlais d'Alcibiade; mais Joseph II, qui ') était plus pour l'avenir que pour le passé, et pour le ii positif que pour la chimère , disait : Que diable faire de » Gonstantinople ? y»

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