SAINT PIERRE ET SAINT PAUL
Les portraits de ces apôtres sont reproduits avec une uniformité qui prend sa source dans l’ancienne tradition. Dès les premiers siècles, les traits des apôtres étaient , de la part des fidèles , l’objet d’une attention et d’une vénération particulières. Les Actes des saints martyrs Gervais et Protais renferment une circonstance qui se rapporte à ce que nous disons ici : « La troisième nuit, je vis paraître une troisième personne qui ressemblait au bienheureux Paul, dont le visage m’était connu par la peinture. »
Eusèbe , de Césarée, atteste avoir vu les images des saints apôtres : Quum et nos Pétri et Pauli apostolorum imagines in picturis colorum varietate expressas conservatasque aspexerimus , etc. Les images de ces apôtres étaient très-fréquentes en Orient et en Occident, surtout à Rome, ainsi que nous l’apprenons de saint Augustin.
Quelques peintres représentent saint Pierre déjà vieux à l’époque de la Passion de N. -S. , et dans les autres faits de l’Évangile. C’est une erreur. Quoiqu’on ne sache pas bien exactement l’âge de ce saint au moment de son martyre, il y a pourtant
de bonnes raisons de croire qu’à l’époque de la Passion de N. -S., saint-Pierre n’avait guère plus de quarante ans.
On le représente presque toujours avec deux clefs, l’une d’or, l’autre d’argent. La première désigne le pouvoir d’absoudre ; la seconde, qui est d’une matière moins précieuse, exprime le pouvoir de lier et d’excommunier. C’est après sa résurrection, que Jésus-Christ, sur le bord du lac de Tibériade, donna le pouvoir du souverain pontificat et de l’apostolat à saint Pierre, par ces mémorables paroles : Pais mes agneaux , pais mes brebis. Le peintre qui représenterait la concession des clefs du royaume des cieux sur le bord de la mer , ne commettrait donc aucune erreur.
L’usage très-commun est de représenter saint Pierre avec la tonsure romaine, c’est-à-dire avec la couronne sur la tête, en mémoire de la Passion du Sauveur. — Saint Paul, au contraire, porte une longue chevelure et une longue barbe, à la façon des Orientaux. Les peintres doivent se conformer à cette tradition.