SAINT PHILIPPE ET SAINT JACQUES
Les peintres ont coutume de représenter l’apôtre saint Philippe parvenu à une extrême vieillesse. Néanmoins, les écrits qui lui donnent un âge si avancé ne sont pas très-authentiques.
Selon le témoignage d’Eusèbe , cet apôtre fut d’abord lapidé, puis crucifié. Les peintres peuvent donc le représenter avec la croix , qui fut l’instrument de son martyre. Si on le peint avec un livre, ce n’est pas qu’il ait laissé quelque écrit; car l’Évangile que certains hérétiques voulurent lui attribuer est rangé par saint Gélase parmi les apocryphes ; et saint Épiphane nous apprend que c’était l’oeuvre impure des Gnostiques; mais le
livre convient à tous les apôtres, parce qu’ils prêchèrent la doctrine évangélique parmi les Gentils.
Saint Jacques , frère de Jésus, parce qu’il était son parent, fut le premier évêque de Jérusalem. On doit le peindre avec un livre , non-seulement pour la raison commune à tous les apôtres , ainsi que nous venons de le dire, mais encore parce qu’il est l’auteur d’une des sept épîtres catholiques. Si l’on veut représenter son martyre, il faut ne pas oublier la massue avec laquelle il fut tué. C’est l’instrument dont se servaient les foulons pour exprimer l’eau. Les historiens ecclésiastiques attestent qu’il acheva de la sorte sa glorieuse vie. On peut voir ce que disent saint Jérôme , Hégésippe, Eusèbe, et saint Épipliane sur les vêtements que le saint apôtre avait coutume de porter.