JÉSUS AU JARDIN DES OLIVIERS
Longueur : 2 mètres 50 ; — hauteur : 3 mètres 10.
« Le second tableau que nous avons admiré dans l’église de Venons représente le Christ en agonie dans le Jardin des Oliviers.
« Jésus à genoux, les mains jointes et tombantes, dans l’attitude de la douleur , se renverse en arrière et est soutenu par un ange. Un autre ange , dans un nuage , lui apporte le calice des amertumes pendant que les apôtres dorment. Jacques et Jean sont couchés , tandis que saint Pierre , assis et tenant un genou dans ses mains , semble lutter contre le sommeil.
« Il y a un double effet de lumière admirable, produit par un clair de lune et une lueur céleste.
« La figure du Christ est sublime ; il est impossible de rien concevoir de plus grand , de plus majestueux , de plus divin. U y a dans sa tête , dans son regard, dans tout son visage, dans son attitude entière , un mélange de souffrance , d’abattement, d’ennui, en même temps que de calme, de résignation et de courage surhumain , que la plume est impuissante à reproduire. Ici, comme dans tous les autres tableaux de Jouvenet , il est vêtu de la robe rouge et du manteau bleu.
« Les deux anges paraissent en proie 'a la tristesse la plus profonde , en même temps qu’à une force surnaturelle qu’on ne se lasse pas de contempler. Leur robe est d’une blancheur éclatante.
Saint Jacques a un vêtement de vermillon ; ceux de saint Pierre et de saint Jean sont gris. Saint Pierre est armé de son épée, dont on aperçoit la poignée de cuivre.
« Derrière le Christ , à droite et sur le même plan , une
espèce de grotte est taillée dans le roc. Contre le cadre, de ce côté, s’élève un tronc d’arbre. Au-dessous du disque de la lune , on découvre , en arrière-plan et en miniature , une troupe de gens armés de piques et de torches allumées, ayant à leur tête le traître Judas.
« Les principaux personnages sont moins grands que nature.
« Au bas, à gauche, se trouve la signature: Jouuenet ,
« Un second exemplaire de cette toile se trouve dans la cathédrale d’Orléans. Il est identiquement le même que celui de Vervins. M. le chanoine de Torquat , archéologue et ami des beaux-arts , nous a obligeamment fourni sur cette toile d’excellents renseignements que l’on trouve pages 186 et suivantes. ?»