‹ Histoire de JouvenetChapitre 4 sur 141 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Lorsque, en 1836, l’Académie de Rouen proposa un prix pour la meilleure Notice sur la Yie et les ouvrages de Jouvenet, personne n’obtint la récompense que voulait accorder ce corps savant , mais celui qui en approcha le plus et qui mérita , du moins, une mention des plus honorables, avait fait des recherches laborieuses et profondes; le manuscrit qu’il a laissé est un ouvrage précieux, que quiconque veut essayer une nouvelle histoire du grand peintre , ne doit pas manquer de consulter. Grâce à la bienveillance de la très-estimable compagne de M. J. Houel dont nous regrettons la perte, nous avons obtenu la faveur d’être admis à étudier cette mine riche et féconde. Nous avons

en outre compulsé plus de soixante ouvrages qui

se rapportent à notre héros. Nous avons interrogé plusieurs savants et artistes, plusieurs grands écrivains ; nous avons vu et revu nous-même , de nos propres yeux, la plupart des œuvres de Jouvenet qui existent aujourd’hui dans les collections publiques et privées ; enfin nous avons fait tout ce qu’il nous a été possible pour être complet, exact et véridique.

« Pour composer la Notice de Jouvenet , dans les conditions tracées , il fallait rechercher les plus anciens et les plus minutieux documents de sa famille à des sources authentiques, assembler les faits de sa vie , de ses rares voyages même , retrouver tous ses tableaux , en faire la liste, détailler les plus remarquables, faire la critique des précédentes biographies, et, coordonnant ces matériaux épars, en faire un ensemble littéraire; c’est du moins le plan de l’auteur : il a fouillé dans les actes de l’état civil, à Rouen et à Paris ; il a eu à sa disposition des archives de notaires ; il a compulsé tous les dictionnaires historiques , les nécrologes , les notices de tableaux , les catalogues , les almanachs même ; il a visité les musées de Paris , de

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Rouen, de Lyon, de Grenoble et de Dijon, où sont les grands tableaux de Jouvenet ; il a été admis à apprécier des collections particulières; il a consulté l’œuvre gravée à la Bibliothèque impériale , les archives de l'Académie de peinture , puis les Recueils de Sociétés savantes et des Mémoires manuscrits. Ses opinions , il les a souvent étayées du sentiment des artistes vivants , ou bien d’écrivains comme Guérin , Florent Lecomte, d’Argenville , Piganiol De la Force, Taillason, Rainsant, Landon et Duchesne. 11 a pourtant pris sur lui et s’est arrogé le droit de comparer les œuvres de Jouvenet avec les produits de la nouvelle École française (1). »

Ces lignes qu’écrivait M. Ilouel dans l’Avantpropos de son savant travail et de ses minutieuses recherches, nous osons nous les appliquer; nous avons marché sur les voies que, le premier , il eut la gloire de frayer ; nous y avons ajouté les découvertes et les travaux que le temps a permis de faire depuis, et, aidé de plusieurs autres livres capi-

(1) Mémoire de M. J. Houel , présenté, en 1836 , à l’Académie de Rouen.

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