‹ Histoire de JouvenetChapitre 85 sur 141 · PURIFICATION DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

PURIFICATION DE LA SAINTE VIERGE

Que d’erreurs les peintres n’ont-ils pas accumulées dans la représentation de ce mystère ! Un temple qui a de grandes colonnes et une coupole comme nos églises ; des images et des statues ; l’arche d’alliance surmontée par les Chérubins ; les prêtres portant les ornements du sacerdoce ; sainte Marie et saint Joseph agenouillés sur un tapis ; des enfants en tunique , etc. Les peintres doivent savoir que le temple de Jérusalem avait trois parties : le saint des saints, dans lequel personne n’entrait que le grand-prêtre une fois par an; le sanctuaire et son vestibule, dans lequel les prêtres seuls pouvaient pénétrer; enfin les grands portiques , dans lesquels le peuple était admis et où l’on faisait les holocaustes et les sacrifices. Le saint des saints et le sanctuaire étaient surmontés d’un toit. Les portiques étaient couronnés de galeries. Qui ne voit l’erreur de

ceux , parmi les peintres , qui font entrer la Sainte Vierge dans le sanctuaire où les prêtres seuls avaient le privilège d’entrer? Mais le comble de l’absurdité est de représenter l’arche du Testament dans le temple où elle n’était plus depuis la captivité de Babylone. Jérémie eut soin de la cacher. L’historien Josèphe atteste que, de son temps, le saint des saints était vide. — Les peintres donnent les habits de grand-prêtre au vieillard Siméou qui ne l’était certainement pas et qui vraisemblablement n’était pas même prêtre; s’il l’eût été, l’Évangile, qui le décrit avec tant de précision, n’aurait pas omis cette importante particularité. D’ailleurs, l’Évangile dit que le saint vieillard vint au temple par inspiration du Saint-Esprit ; il n’y était donc pas pour les fonctions de son ministère. Enfin, que Siméon fût prêtre ou ne le fût pas, on ne doit jamais le peindre avec les habits sacerdotaux ; car les prêtres ne les endossaient que pour remplir les actes de leur ministère autour de l’autel du sanctuaire.

11 faut donc que les peintres se résignent à placer la Purification dans le lieu où elle se passa , c’est-à-dire dans X atrium du temple. A l’entrée, un vieillard grave et vénérable tient l’Enfant Jésus dans ses bras ; à quelque distance, la Sainte Vierge, saint Joseph et sainte Anne, pleine de mérites et de jours. Rien n’empêche pourtant de représenter un prêtre revêtu d’une tunique, pour recevoir l’of-

frande de la Sainte Vierge , ainsi qu’un enfant portant les deux tourterelles ou les colombes.

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