‹ Histoire de Justinien (volume 2)Chapitre 57 sur 62 · AIN · texte numérisé non relu

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Tous les membres de cette famille sont qualifiés IUyriens par Procope , ainsi que par Théodore Lecteur (n° 37 du liv. II, extrait par Nicéphore CallisteJ, et les trois frères sont dits originaires de Bederiana.

Ce lieu était un des vingt forts de la Dardanie, dont il n'est fait mention nulle part antérieurement, ce qui prouve qu'il était de peu d'importance, quoique Agathia* dise expressément que Bederiana était une ville ancienne, ix itatXouoo (IV, ai, p. 3u4, éd. de Niebuhr).

Quant au père de .Tustinien (Uprauda), il habitait un lieu appelé Taurésion , situé, dit ailleurs Procope (dé Mdii.y IV, 1) avec une grande précision, « près du fort Bederiana, chez les Dardanes européens, limites des Epi damniens. Ce lieu, Justinien le fortifia bientôt en forme de tétragone, en plaçant à chaque angle une tour, et il l'appela Têtrapyrgie; auprès de ce lieu il fonda une ville très-remarquable, qu'il nomma Justiniana prima (en latin), pour témoigner qu'elle était sa nourrice. Il y construisit aussi un aqueduc, afin qu'elle eût de l'eau perpétuellement, et fit bien d autres choses glorieuses pour son fondateur. Il n'est pas facile d'énumérer les temples de Dieu, les palais des gouverneurs, la grandeur des portiques, la beauté des places publiques, les fontaines, les rues, les bains et les marchés. En un mot, c'est une ville grande, peuplée, riche, et digne d'être la métropole de tout le pays, qualité qui lui fut donnée. Elle eut aussi l'honneur d'être l'archevêché des Illyriens, auquel les autres cités furent subordonnées.

•< De plus, le fort de Bederiana fut agrandi et rendu beaucoup plus puissant. Il y avait chez les Dardanes une ancienne ville nommée Ulpiana ; il démolit ses murs

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ruinés en grande partie, les releva, la décora de monuments, au point de la rendre méconnaissable, et l'appela Justiniana secunda. Non loin de cette cité, il en fonda une troisième, dans un terrain neuf, et la nomma Justinopolis, en l'honneur de son oncle. Sardica, Naïsopolis, Germana et Pantaleia furent restaurées, de manière à devenir imprenables. »

Dans la Novelle XI, que nous n'avons qu'en latin, et qui est datée du 6 kal. de mai, sous le consulat de Bélisaire, c'est-à-dire, an 535, l'empereur Justinien, par un rescrit adressé au bienheureux (beatissimo) A. Catellianus, archevêque de Justiniana prima, déclare que, « pour honorer sa patrie (c'est-à-dire le heu de sa naissance), il a résolu de lui donner la supériorité sacerdotale, en érigeant son évêque, non-seulement en métropolitain, mais en archevêque, afin qu'il ait sous son autorité toute la province, à savoir la Dacie méditerranée et la Dacie ripuaire, la Mysie (Mœsie) seconde, la Dardanie, la Praevalitane et la Macédoine seconde, ainsi que la partie de la Pannonie seconde qui est dépendante de la cité Bacensis. Comme autrefois la préfecture de Firmi (probablement SirmiunO avait été constituée prépondérante en IUyrie, tant au civil qu'au spirituel, et comme le prétoire de la cité Firmitane avait, par l'effet des entreprises d'Attila, été transféré à Thes sa Ionique, aujourd'hui que l'empereur avait purgé les contrées de l'Ister, il voulait que la très-glorieuse préfecture de la Pannonie fût reportée à sa patrie Justiniana ; et de sa pleine autorité (sans consulter ni le clergé, ni les synodes provinciaux, ni le pontife de Rome, auquel cependant il reconnaît plus tard la primauté), l'autocrate défend à tout évêque , et spécialement à celui de Thessalonique, de

contester en rien les prérogatives du nouvel archevêque. »

Dans la Novelle CXXXI, publiée à Constantinople le i5 kal. d'avril, Tan 18 du consulat de Justinien et de Basilius (an 545), adressée à Pétrus, très-glorieux préfet des sacrés prétoires, « l'empereur sanctionne, comme des lois, les conciles de Nicée, de Constantinople, d'Éphèse et de Ghalcédoine; règle l'ordre hiérarchique des patriarcats, en commençant par le très-saint siège de la vieille Rome, dont le chef est qualifié pape (pappa), et met au second rang le bienheureux (paxapu&twtov) archevêque de Constantinople, la nouvelle Rome. II nomme (ch. 3) en troisième lieu le bienheureux archevêque de Justiniana prima, dont il consacre la juridiction sur la Dacie mé~ diterranée et ripuaire, la Triballea (Privalis), laDardanie, la Mysie (Mœsie) supérieure, et la Pannonie, avec le privilège du trône apostolique et autres reconnus par le saint pape Vigile. »

Cette énumération diffère de la première en ce que la Mœsie seconde est appelée supérieure, et la province Prévalitane la Triballea; mais il n'est plus question de la Macédoine seconde, tandis que la Pannonie y est comprise tout entière, au lieu d'être réduite à la Pannonie Bacensis.

Est. de Byzance, contemporain de Justin, qui ne parle d'ailleurs ni de Bederiana ni de Justiniana (v° 2xouiroi,éd. Meinecke, 1849), étend la province de Thrace jusqu'à celte ville, qui ne peut être que Scopi, aujourd'hui Uskup, dans la haute Macédoine.

Mais Hiéroclès, grammairien du septième siècle, postérieur d'un siècle environ à Justinien, dans son Synecdème, analysé par Fortia et M. Miller, 1 845, comprend Scopi, Sxoiroi, dans l'éparchie de Dardanie, et en fait la

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métropole, sans parler ni de Bédériane ni de ia Justiniane première, et donne d'ailleurs à cette éparchiè deux autres villes, Meriôn et Outpiana. . ]

Nicéphore Calliste, historien du quatorzième siècle, XVII, 18, prétend que Justiniana prima n'est autre que Achrido, sur le lac Lychnidus; et que la métropole de la Bulgarie fut, de doute ancienneté, Hilissus sur l'Orinus (Lissus de Polybe et autres, Alessio plus tard, aujourd'hui Lesch, sur l'Adriatique).

Nicéphore Grégoras, un peu postérieur a Calliste, en rappelant l'émigration des Bulgares des bords du Bulga ( Wolga), leur invasion des provinces du Danube, et leur établissement sur les terres de la Macédoine et de l'Uly» rie, contiguës à l une et l'autre Mœsie, affirme que ces barbares choisirent pour leur capitale la ville que l'em* pereur Justinien avait érigée en archevêché, en lui donnant son nom, et que, par suite, cette cité fut appelée métropole de la Bulgarie. A la vérité, l'empereur Basile Bulgarochthone les repoussa dans la Mœsie inférieure, sut les bords de l'Ister, mais leur nom de Bulgaria resta à cet archevêché.

Les grands succès des Bulgares datent de l'an 678, et leurs revers de l'an 10 10. A la première de ces époques ils formèrent un empire dont la métropole, selon Maltebrun (Précis de géogr., liv. iao, tom. VI, p. 242, éd. 1820), a été Presthlaba ou Perejaslaw, peut-être Piristina, dans lé sandjak turc de ce nom (Voyez la carte de la Turquie* d'Europe par le général Guilleminot et le colonel Lapie, 182a, et celle de Kiepert, de 1 853).

D'Anville, dans un mémoire de 1761 (Acad. des inscr. et belles-lettres, t. XXXI, in-4°, p. 387), dit que, de son temps, l'opinion reçue plaçait la première Justinienne à

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