AN 497. 2«S
s éleva des rangs de la milice à des fonctions supérieures , sans parler de l'époque de son enrôlement.
Zonaras dit qu'il avait été promu au rang de tribun militaire, t«yh-** *PX tfll < > avant de passera d'autres emplois (XIV, 5).
Cédrénus, Zonaras et Épfrrem ont parlé d'une autre disgrâce arrivée à Justin pendant son service, sur la fin du règne d'Anastase , qui aurait mis en péril sa vie et celle de Justinien, et dont ils auraient été sauvés par une autre vision. Mais ce fait, s'il est réel, ne peut être le même que celui dont a parlé Procope, et dans lequel Justinien (plane puer, selon Alemanni) n'a pu être impliqué. (Voir, ci- a près, an 5i6.)
Vers l'an 497.
Naissance de Théodora.
Comme il sera prouvé plus tard que cette femme est devenue la maîtresse de Justinien avant l'an 523, qu'en cette an«ée elle avait acquis assez d'empire sur lui pour se faire élèvera la dignité de patricienne, et qu'en 5a4 elle obtint, en bravant le dernier obstacle que lui opposaient les lois et les mœurs, le titre d'épouse, il est clair qu'elle avait acquis toute l'expérience des courtisanes les plus raffinées, et qu'elle avait bien vingt-cinq ans, quand déjà elle se faisait ouvrir les trésors de l'empire (Anecd. IX, 10).
Nul texte n'indique l'époque de sa naissance ; mais elle mourut en 548, puisque ce fut, selon Théophane, la vingt-deuxième année du règne de Justinien.
Elle vécut vingt et un ans et trois mois , sur le trône. (Procope, de Bell. Pers, II, 3o; de Bell. Goth. III-, 3o.)
On doit donc rapporter sa naissance à peu près à l'an 497.
Si l'on en croit Procope, elle serait née à Byzance , puisque Acace, son père, y exerçait la profession de gardien des animaux du cirque (Anecd. IX, 1), et qu'il mourut sous le règne d'Anastase (ibid.), c'est-à-dire avant l'an 5 18, quand sa fille aînée n'avait pas encore sept ans.
Cependant il n'est pas impossible qu'Acace fût originaire de Chypre et qu'elle soit née en cette île , dans une ville qui aurait été nommée Justiniane seconde : c'est ce que disent Nicéphore (XVI, 3 t 9, KuTtpov Xa^ouav); 7?aTp(5a) , Zonaras et d'autres , suivis par Cujas dans son comm. de la Novelle XI. Mais on a vu que, d'après Procope, la seconde Justinienne était Oulpiana de la Dardanie; la ville natale de Théodora eût dû être appelée par analogie Theodorias , et non Justiniana; et on ne connaît aucune ville de ce nom en Chypre, tandis qu'il y en a eu trois : l'une près de Carthage en Afrique, auparavant Baya (Procope, JËd. VI, 5); la deuxième sur les confins de la Colchide (Agathias, V, 1), et la troisième dans l'Asie Mineure (Synode de Constant. V).
Il est vrai qu'on aurait pu aussi la nommer Théodora, comme le château de ce nom, sur une rive du Danube (de Md. TV, 6), ou Théodoropolis, comme l'ancienne Laodice (Synode de Constant., ibid.), ou la ville de Thrace de ce nom (Proc, de Mdit IV, 6, 7).
Mais, nous le répétons, on ne connaît pas de ville de Justinien , ni de Théodora , en Chypre.
On a prétendu enfin que Théodora était également issue de l'illustre famille Anicienne, dont il y eut trois consuls sous l'empereur Justin : le premier, en 5a B,
An ici us Symmachus (Préface île Priscien, IV, n); le second, Flavius Anicius Maximus, consul en Occident en 523, selon Cassiodore (V, 42), et l'autre, Anicius Probus Junior consul pour l'Orient, en 5a5, selon la Chronique d'Alexandrie. Mais Alemanni, p. 3 1 , croit fausses les Lettres du Pseudo-Gordien , à la suite de la Chronique du Mont- Cassin, qui affilient Théodora à ces Aniciens (quels qu'ils soient), et qui ajoutent qu'elle était parente de Tertullius, premier patrice romain, et tante de saint Placide, martyr. J. Sifrid, abbé de Zwethal, sur la généalogie de cette famille, sect. 3, c. 9, p. 98, a soutenu cette origine. Mais c'est un écrivain de la Renaissance, qui n'invoque aucun témoignage ancien , et dont Hoffmann repousse avec raison la conjecture , se fondant sur ce qu'aucun écrivain contemporain de Théodora n'a parlé d'aucune illustration quelconque qu'elle dût à sa famille. 11 faudrait d'ailleurs prouver que la famille Anicia avait quelque branche établie en Chypre.
Juliana Anicia mourut au commencement du règne de Justinien, ainsi que nous l'apprend Cyrille de Scythopolis. (V. ci-après, ad ami. 528.)
Procope, en parlant d'une guerre en Orient sous Anastase, et d'une campagne dans laquelle la ville d'Amida, sur le Tigre, fut assiégée et prise sur Cabadès, roi des Perses, dit que Justin y fut employé comme l'un des quatre généraux : Suv^v Se ctÙToïç xal 'Ioutmvoç,... Ô; ty Grapov t6actXtu« (de Bell. Pers. 1, 8), et qu'après la prise de la ville il fit irruption chez les Perses, sous le commandement de Céler (ibid. II, i5). La date de cet événement n'est pas
a 38 NOTES HISTORIQUES.
déterminée. Gabadès ou Cobat), roi des Perses , eu 49 1 5 fut déposé en 498 et rétabli en 5oi. — Les hostilités entre lui et les Romains se prolougèrent depuis Anastase jusqu'aux premières années de Justinien (iùid. I, 1 1 , et Malala, XVIII, p. 4 7 i).
Cédrénus place le siège d'Amida, par Cabadès, l'an i3 du règne d'Anastase, c'est-à-dire en 5o3 ou 5o4. (Synopsis , ed. Bekker, Byz. de Bonn.)
Vers 5 10.
Justin , dans son accession aux premières dignités de
l'Etat, passa par les degrés d'officier général dans l'armée et par ceux de comte (Zonaras, XIV, 5), de sénateur (Paul Diacre, liv. XVI), et de commandant des cubiculaires #xou6iT*»pe<;, ou chef des gardes du palais impérial. (Chrbn. Paschale, éd. Dindorf, i83a. I, 611.) Paul Diacre l'appelle Curopalate.
C'est probablement à l'occasion de son élévation , ▼ers 5io, qu'il adopta Uprauda, le fils de sa sœur, et lui donna le nom de Justinien, ou que celui-ci le prit selon l'usage des adoptés. Il n'est parlé qu'une fois dans l'histoire de son père* Sabbatius : ce qui indique qu'il le perdit d'assez bonne heure, et que, par cette perte, il eut besoin de l'appui de son oncle.
Justinien fut lettré; et dès lors l'épithète btvaXçâSrjtùç, que les textes de Suidas ( v° 'loixmvoç, au lieu de Twxmvidtvoç) et de Procope (Anecd. VI, 3) appliquaient à Justinien, est la qualification de Justin.
Mais comme Justinien suivit la carrière de son oncle, c'est-à-dire l'état militaire, et fut candidat de milice (Victor de Tunnes, p. 7, apud Scaliger.), à quelle épo-
que reçut-il 1 éducation qui avait manqué à son enfance, et quel fut son précepteur ?
S'il existe, comme il n'est guère permis d'en douter d après le témoignage d'Alemanni , un livre de Théophile , qualifié Praeceptor, c'est lui qui l'instruisit dans les lettres; et comme il était abbé, ce fut lui aussi qui inspira à Justinien ce zèle exagéré pour la foi orthodoxe , qui le rendit persécuteur des dissidents, et même dominateur de l'Eglise, au point de réformer sa discipline, de poursuivre ses dignitaires, et d'intervenir dans l'élection des évêques et même du pape.
Il règne beaucoup d'obscurité sur la vie de Justiuien, jusqu'à l'avènement de Justin, son oncle. ,
D'abord Ludewîg prétend que ce n'est pas à I adoption de son parent qu'il doit le nom de Justinien ou petit Justin, et que le nom d'Uprauda n'était que son nom slave, lequel, avec le retranchement de PU, ou par sa similitude avec le mot allemand Ufrecht, signifie homme droit et juste, et est ainsi synonyme de Justinianus.
Ritter, qui dans ses notes sur Heineccius se moque de la confusion que Ludewig a faite de l'allemand et du slave, à l'occasion du lieu de naissance de Justinien , paraît cependant accepter cette explication. (Note sur, le S 38a.)
Mais nous préférons l'autorité du grammairien Priscien, contemporain d'Ànastase, de Justin et de Justinien (Préface de ses œuvres , par M. Corpet , 1 845) , qui, à la fin du livre II de ses Œuvres grammaticales, atteste que Justinianus dérivait de Justinus, comme Tullianus de Tullius, Rom anus de Rom a, Priscianus de Priscus.
Théophile, dans la Vie de Justinien, atteste aussi que Justinien ne vint à Constantinople qu'à l'âge de trente ans (Trigenarius), sous Anastase; et que le général Justin, son oncle, lavait envoyé comme otage à Théodoric, roi des Goths. Alemanni, qui cite ce passage, p. 34> ajoute que Justinien était alors plane adolescens . Ainsi il ne faut pas s'arrêter à 1 opinion dTnvernizi, qui pense (p. y) qu'aussitôt en sortant de l'enfance, Justinien fut appliqué aux belles-lettres, et appelé, des son adolescence, par son oncle Justin à la ville , ce qui ne peut être que Constantinople. Hoffmann ne le pense pas.
Au contraire, pour qu'il fût sous les ordres de son oncle, il faut supposer qu'il est entré d'assez bonne heure au service militaire, et qu'il n'a repris ou commencé ses études qu'à trente ans ; son oncle n'avait que médiocrement subvenu à sa première éducation , n'étant pas lettré lui-même. Alemanni (p. 87) établit assez clairement que c'est dans l'intervalle de son arrivée à Constantinople et de son avènement à l'empire qu'il reçut des leçons de philosophie, ou plutôt de théologie, de l'abbé Théophile, et qu'il y puisa ce goût pour les controverses qui le fit appeler Doctissimus par les conciles , par les papes, les évêques et les chroniqueurs ecclésiastiques.
Ainsi l'on doit marquer l'entrée de Justinien au service militaire, vers 509 ou 5io, quand il arriva à l'âge de 20 ou de 11 ans; et c'est alors qu'il put être remis à Ravenne, comme otage, entre les mains de Théodoric, le plus grand des rois goths d'Italie.
On n'est pas certain , dit Hoffmann, que Justinien ait été formellement adopté par Justin , quoiqu'il l'appelle souvent son père (Novelles XXVIII et CIX; § 3, Inst.
de donation. * Et quibus non est permiss., » p. 267-307, edit. Tafel, Clossius et Maier, i83a. — Cod. de Advoc, II, 8). Ludewig va plus loin (note 45) et nie cette adoption.
Sans doute, il n'y a aucun témoignage qu'il l'ait faite pendant son règne; mais comme il n'avait pas d'enfants et qu'il était âgé de soixante-huit ans à son avènement, il est probable que cette adoption eut lieu auparavant. Les historiens n'en ont pas parlé , parce que c'était un usage très-suivi chez les Romains, et grandement favorisé par leurs lois.
Cependant le passage de Procope (de Bell. Pers., I, 10- 11) où il est question de l'adoption de Chosroés, proposée à Justin par Cabadès , semble prouver qu'il n'y avait pas d'acte semblable pour Justinien , à moins que la qualité d'héritier déjà assurée par Justin à ce dernier, et le consentement de Justinien lui-même à ce projet d'adoption, ne supposent une adoption préexistante.
An 5 16.
Justinien fut impliqué avec son oncle dans une suspicion de complot, sur la fin de la vie d'Anastase, qui voulait les faire périr tous deux sous l'accusation du crime de lèse-majesté; mais Anastase en fut empêch*» par une vision , dont ne parlent ni Procope ni les autres écrivains contemporains; elle est accompagnée d'ailleurs de circonstances fabuleuses qui la rendent plus que suspecte.
Justin était alors commandant de la garde, sénateur, patrice et comte; mais quel grade militaire avait Justinien? Le titre de candidat de la milice, que lui donne
précédemment Victor deTunnes, n'a rien de commun avec les hautes fonctions de maître de la milice, qu'il n'obtint que pendant le règne de son oncle.
Invernizi aurait dû s'expliquer assez clairement (note l4> 10) pour qu'il n'y eût à cet égard aucune confusion.
Il ne faut pas confondre la qualité de aTp<rojXaTrjç, qui, d'après Zonaras, est assimilée à celle de maître de la milice, au titre de simple candidat, qui , d'après Caïus (Lect.ant., 1. 3a), cité par Hoffmann, ne conférait, à ceux qui en étaient investis, que l'honneur d'entourer l'empereur à l'armée et de porter un uniforme blanc.
Mais on verra ci-après qu'avant de devenir maître de la milice, Justinien était parvenu au grade de générai ou stratège , et cette promotion dut précéder l'avènement de son oncle à l'empire. Au reste, Cédrénus rapporte le prétendu complot à Tan 2 5 du règne d'Anastase, c'est-à-dire à Tan 5 16; il reconnaît même qu'il était véritable, mais que la Providence s'interposa, pour que, malgré la conviction que cet empereur avait de leur culpabilité, Justin et Justinien fussent exemptés du supplice. Cependant, si la conjuration eût été véritable, il eût au moins enlevé à Justin le commandement de la garde du palais.
Zonaras (XIV, S 4) ne fait que copier son devancier.
Quant à l'abbé Théophile, il dit (selon Alemanni, P* 43) qu'Anastase eut la vision de Sergius et de Bacchua, martyrs vénérés en Dardanie et en Illyrie, auxquels peu après Justin et Justinien concoururent à élever un très* beaii temple dans la ville de Scodra (Scutari), sur le fleuve Barbeon.
An 5i8.
27* année d'Anastase.
Cédrénus rapporte à cette année une seconde vision dans laquelle un homme terrible aurait montré à cet empereur un écrit cacheté, dans lequel, après son ouverture, Anastase aurait trouvé son nom; le fantôme aurait ajouté : « Voici qu'à cause de. ta perversité , je retranche quatorze ans de ta vie; » et, de fait, il aurait rayé de l'écrit ces quatorze années. L'auteur ajoute qu'à son réveil, Anastase en parla à son ministre favori , l'eunuque Amantius, qui lui révéla que lui-même avait vu, en un songe analogue, un grand porc, lequel l'avait saisi par son vêtement et l'avait dévoré. Proclus , interprète des songes, mandé par l'empereur, lui dit que l'un et l'autre perdraient bientôt la vie. Anastase, averti par un oracle qu'il devait périr par le feu, fit ouvrir dans une citerne du palais beaucoup de conduits , avec des seaux , pour éteindre l'incendie; mais cette précaution fut vaine, car il mourut foudroyé!
Procope n'a rien rapporté de ce conte , d'autant plus ridicule, qu Anastase n'est pas mort prématurément, mais dans sa quatre-vingt-huitième année, et que sa mort n'eut rien que de naturel (Procop., Bel. Pers., 1. 11, p. 5o).
Jean Malala, presque contemporain de Justinien, dit qu'étant déjà malade, Anastase mourut de la peur que lui causa une détonation de la foudre, âgé de quatre-vingtdix ans et cinq mois (XVI, p. 4°9)«
Ati 5 i 8. i re année de Justin.
Magnus, seul consul, en Orient.
An astase laissait, selon Procope (/oc. cit., I, II, p. 5a), un grand nombre de parents d'un rang érainent, qui furent écartés par Justin. Celui-ci n'avait pas d'enfants (et il n'était pas d'âge a en obtenir, vu sa vieillesse et ses infirmités), et il était évident que Justinien , fils de sa sœur, serait son héritier. Ce n'est pas sans doute immédiatement, mais longtemps après son avènement que Cabadès, roi des Perses , proposa à Justin l'adoption de Chosroés, son troisième fils. Les deux princes ne la repoussèrent qu'à cause de l'étrangeté de la proposition , et de la crainte développée par le ministre Proclus, que la couronne impériale ne passât entre les mains d'un étranger.
Dans son discours, rapporté par Procope (ibid.), Proclus donne à Justinien le titre, non de maître de la milice, dignité qui ne lui fut conférée que plusieurs années ' après, mais celle de stratège ou général , ce qui est bien différent; car on a vu que Justin lui-même, dans la guerre contre les Perses, commandée par Céler, n'avait pas le titre de maître de la milice , quoiqu'il fût l'un des quatre stratèges employés dans cette expédition. G. Dindorf s'est donc servi d'une expression équivoque en traduisant stratège par magister militum , ce titre étant devenu alors celui de la dignité de général en chef et synonyme de cx^n^é.-^ employé par Zonaras (XIV, § 5), et par d'autres écrivains byzantins (Thes. d'Henri Estienne, éd. Hase, h. v°).
Joannès s'est vanté, dans une lettre au pape Hormisdas, d'avoir « de ses mains, décoré de la couronne la tête de cet empereur au milieu des acclamations de tous. »
An 519.
Consuls, l'empereur Justin et Eutharius.
Selon Procope (Anecd., VI, 6), à peine Justin était sur le trône, que , vu son incapacité, son neveu Justinien devint maître du pouvoir, et changea incessamment toutes les lois (VI, 7).
« Il voulut être investi du gouvernement (alors purement honorifique) de l'Afrique et de l'Italie; et à peine il était investi, depuis dix jours, du pouvoir suprême, qu'il fit périr avec quelques autres Amantius, chef des eunuques du palais. Cependant il ne lui reprochait d'autre tort que d'avoir prononcé quelques paroles indiscrètes contre Joannès , archevêque de Constantinople. Puis il manda devant lui Vitalien. »
Il semblerait, d'après ce récit, que ces actes appartiennent au règne de Justinien, ou du moins à l'époque où il fut associé à l'empire, c'est-à-dire en $27.
Mais la mort d'Amantius date au plus tard de l'an 519, c'est-à-dire de l'an 2 du règne de Justin, son oncle. Cette confusion n'est pas expliquée dans les autres écrits de Procope.
Evagrius rapporte que cet Amantius, ne pouvant, à cause de son état d'eunuque, prétendre au trône à la mort d'Anastase, eut le dessein de faire élire Théocrite, son affidé, à cette dignité. Il fit venir Justin, commandant des gardes du palais, et lui remit de grandes sommes d'argent, pour les distribuer dans le but de le faire proclamer. Mais Justin n'en usa auprès du peuple et des gardes du palais qu'à son profit, et fut proclamé luimême le 9 du mois Panémus, juillet 568 de l'ère d'Antioche (575 selon l'Art de vérifier les dates, 9 juillet 5 1 8).
Aussitôt, ajoute l'historien, il fit disparaître Amantius et Théocrite du nombre des vivants (Evag., IV, c. a, éd. d'Oxford, i844).
Marcellinus, plus contemporain , dans sa Chronique r place cet événement l'an du consulat de Justin et d'Eu* tharic, en 5 19; il appelle Amantius préfet du palais, et lui donne pour complices Andréas, Misaël et Ardobar, cubiculaires et fauteurs de l'hérésie des manichéens. Amantius et Andréas furent décapités, Misaël et Ardobar exilés, Théocrite lapidé et précipité dans la mer. Ce chroniqueur n'implique aucunement Justinien dans cette affaire ; mais il a été son chancelier, et il écrivait sous son règne.
Il est probable, malgré l'autorité d'Evagrius, écrivain postérieur et plus sommaire, que Justin , qui avait trahi la confiance d' Amantius, et qui n'avait pas plus de droits que lui ou que Théocrite, à la succession d'Anastase, qui était en un mot un usurpateur, dissimula quelque temps son envie de perdre ses antagonistes , et se servit d'un prétexte religieux. C'était alors un moyen de se rendre populaire auprès d'une population fanatique.
Le patriarche Joaonès de Cappadoce, institué à Pâques (517) par Anastase, avait été obligé par ce prince de souscrire à la condamnation du concile de Chalcédoine; mais en 5 18, après l'avènement de Justin , le 20 juillet, il tint un concile provincial, pour rétablir la mémoire des Pères de Chalcédoine; et jamais, dit l'Art de vérifier les dates , la joie ne fut aussi grande à Constantinople. On ne se souvenait pas d'avoir vu communier une aussi grande multitude. Le motif donné par Procope au meurtre d'Aman tins n'est donc pas dénué de vrai-