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semblance, appuyé d'ailleurs par le témoignage non suspect de Marcellinus.
Victor de Tunnes parle d'Amantius comme d'un chef de sédition, ainsi que Jean Malala, XVII, p. 4n.
Théophane, en sa chronique, écrite vers 810, place à l'an du monde 6011 (5i8-5io, de notre ère) la mort d'Amantius, qu'il qualifie de prœpositus, d'Andréas le cubiculaire et de Théocrite, qu'il accuse de tentative d'usurpation, mécontents qu'ils étaient de n'avoir pas réussi, Tannée précédente, quand le trône était vacant, à faire proclamer Théocrite au lieu de Justin. Il prétend que c'est l'armée et le peuple qui repoussèrent les présents par lesquels on avait voulu les acheter, par la main même de Justin (p. a55, tom. I er , éd. de J. Classen).
G. Cédrénus dit, comme Théophane, qu'ils avaient voulu usurper le trône, xwpowi'Sa fA&XtTifaavraç , et ne mentionne point leur complicité avec Sévère contre le concile de Ghalcédoine. Il semble d'ailleurs fixer aussi l'événement à l'an 2 de Justin.
La Chronique Paschale ou d'Alexandrie (p. 611, éd. L. Dindorf) porte aussi à l'an 5 19 et au même consulat la mise à mort d'Amantius.
An 520.
Vitalien et Rusticus, consuls.
Ce Vitalien, Scythe de naissance, selon la Chroniqne de Marcellinus, et fils de Patriciolus (Proc, G. Pers., I, 8), avait d'abord servi comme général , sous l'empire d'Anastase; puis il s'était révolté et s'était fait proclamer empereur. Il fut un instant reconnu, en 5i4, parle
peuple de Constantinople; et il frappa des tiers de sou d'or, dont il existe quelques exemplaires (Mionnet, Méd. rom., t. II, p. 4°5); mais il céda aux prières ou aux menaces d'Anastase, et resta en disgrâce jusqu'à la fin de ce règne. Il fut en grande faveur à l'avènement de Justin. Dans une lettre de Justinien au pape Hormisdas, ce prince l'appelle son frère j mais Alemanni prouve (p. 4^) qu'il lui avait seulement promis fraternité, avec les rites usités chez les chrétiens , c'est-à-dire en communiant avec lui à la sainte table : on appelait cette cérémonie àfclyomozta ; il en cite d'autres exemples. Arnold Wion s'y est trompé, et a cru que Justinien était son frère selon le sang. Vitalien acquit sur Justin assez d'autorité pour intervenir dans les affaires religieuses , en faisant bannir Sévère et Julianus, sous prétexte d'hérésie, et pour que le pape Hormisdas réclamât sa protection. Dès le septième jour de sa réception, selon Marcellinus, il fut créé maître de la milice, ou, selon Zonaras , stratélatès , et ensuite consul. Justinien en devint jaloux , et le dénonça à son oncle comme conspirateur. On n'observa alors aucune forme de jugement; Vitalien fut mis à mort, sans qu'il soit fait mention même de l'intervention du sénat , dont ses dignités le faisaient membre, et Justinien lui succéda dans sa double charge de maître de la milice et de consul.
Procope (Anecd., VI, 8) dit qu'aussitôt après la mise à thort d'Amantius, Justinien (dès lors tout-puissant) manda auprès de sa personne Vitalien , l'usurpateur (ancien), quoiqu'il lui eût auparavant, par sa parole, garanti sa sûreté, et qu'il eût communié avec lui selon les mystères des chrétiens. Bientôt après (an 52o) il le fit périr dans son palais (nous aurions dû traduire dans le palais), avec
ses familiers, sans aucun motif réel, et sur le seul soupçon d'offense, ne se croyant plus lié, même par les serments les plus redoutables.
Le comte Marcellinus dit que Vitalien, rappelé de l'exil par la piété de Justin, rentra à Constantinople; ce qui peut se rapporter à la première phase du récit de Procope et à l'an 519.
C'est le septième mois de son consulat (en 5ao par conséquent) qu'il fut frappé de seize blessures et tué dans le palais, avec Célérianus et Paulus, ses complices prétendus.
Le chancelier de Justinien ne dit cependant pas un mot pour l'absoudre de cette exécution.
Évagrius dit (IV, 3) que Vitalien fut rappelé de la Thrace à Constantinople, parce qu'on craignait à la nouvelle cour son crédit, son expérience militaire, sa popularité , et les droits qu'il avait déjà exercés sur le trône (par le vœu du peuple); on feignit de le traiter avec intimité, pour mieux cacher la trahison; on le créa stratège, ou général de l'un des corps privilégiés; et, pour mieux le tromper, on le fit passer consul; mais pendant l'exercice de cette magistrature il fut saisi dans le palais, entre deux portes, et assassiné.
Cette accusation terrible n'est pas nominativement portée contre Justinien ; mais qui peut douter de sa complicité, sinon de l'initiative qu'il prit?
Victor de Tunnes, autre contemporain, dit que Vitalien fut tué par la faction de Justinien, dans la partie du palais appelée Delphique parles Grecs; qu'il n'était revenu à Constantinople que sur la foi d'une parole engagée par serment, et qu'il avait plu à Justin, qui lavait créé maître de la milice et consul.
Jean Malala (XVII, p. 412), qui confirme les faveurs accordées par Justin à Vitalien , ajoute qu'il fut massacré sous son consulat, après sa première Mappa, sous prétexte qu'il avait usurpé le pouvoir sur les Romains, et pillé plusieurs villes et contrées de la Romaine (ce qui remontait à six ans).
Théophane {ibid^ p. a54) dit que Vitalien fut pris en grande intimité, pour son zèle orthodoxe, par le grand Justin, nommé «stratélatès (généralissime), consul et comte du Présent (xo{ay,ç np«t<revTou) , espèce d'alter ego ; et p. a56, qu'en l'an 6012 du monde (5ao de notre ère) Vitalien fut surpris par les Byzantins, et mis par eux à mort, en représailles des meurtres nombreux qu'il avait ordonnés lors de sa rébellion contre Anastase. Ce chronographe dissimule ainsi la part qu'auraient prise Justin et Justinien à cette exécution. Mais il est certain qu'à cette époque , ni pendant la durée du règne de Justin, il n'y eut d'insurrection à Byzance. Théophane, au contraire, vante Justin pour la terreur qu'il inspirait à ses sujets ; il est vrai qu'il l'impute à sa sagacité royale et à sa force {ibid., p. 263), quand tous les autres historiens sont d'accord qu'il tomba, bientôt après son avènement, en enfance, et qu'il abandonna le gouvernement à Justinien. Cette apologie manque donc de toute vraisemblance, et nous n'hésitons pas à croire que Justinien, jaloux du crédit pris par Vitalien sur son vieil oncle, est l'auteur de ce coup de main, qui le rendit maître du pouvoir ; et nous attribuons dès lors à Justinien les actes de gouvernement qui suivirent.
Cédrénus ne parle que de la liaison de Justin et de Vitalien. — Zonaras (XIV, 5, p. 59, éd. de du Cange) dit que Vitalien fut tué par les Byzantins, qui lui repro-
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chaient plusieurs meurtres qu'il avait commis dans leur ville, sous le règne d'Anastase (sans doute quand, en 5i4, il avait été par eux momentanément proclamé empereur). Mais Zonaras ajoute que d'autres pensent que ce fut par ordre de Justin et de Justinien qu'il fut assassiné secrètement dans le palais, parce qu'il voulait dominer l'empereur, et que Justinien fut nommé à sa place stratélatès ou maître de la milice.
Justinien eut-il auparavant un titre autre que celui de simple stratège?
Le recueil des conciles de Labbe rapporte, au tom. IV, p. i473, une première lettre de Justinien au pape Hormisdas, sans date, et que l'on porte, très-mal à propos, à l'an 5i8 ou 5 19, dans laquelle celui-ci, prenant le titre de comte, engage le pontife à envoyer ses légats à Constantinople, pour établir la paix et l'unité de l'Eglise orientale.
A la page 1476, on trouve une réponse du pape au même, et sans date également (lettre 3i e ), dans laquelle Justinien est appelé Auguste, ce qui ne peut s'entendre que d'un prince associé à l'empire. Or, Hormisdas était mort quand cette association arriva en 527; la lettre est donc plus que suspecte.
La lettre 38 du même recueil ne donne au prince quête titre de comte des domestiques.
A l'année 5 19, le même recueil rapporte une quatrième lettre de Justinien au pape, sans date, et dans laquelle il l'entretient de l'excommunication prononcée par Joannès et le concile provincial de Constantinople contre Acace, son prédécesseur, l'empereur Anastase ei autres adversaires du concile de Chalcédoine, tenu en 45 1. Cette excommunication eut lieu en 519, en effets
puisque Joannès ne mourut qu'au commencement de février de l'an 5ao.
La lettre en réponse d'Hormisdas (p. 1499) est datée du consulat d'Eutharic, c'est-à-dire de l'an 5 19, et contient des félicitations à Xillustre Justinien, sur son zèle pour l'orthodoxie romaine.
Il y a encore une lettre, la 59 e , mais sans date, dans laquelle le même pape donne au prince une semblable qualification, et une 66 e , datée du 4 des nones de septembre, sous le consulat d'Eutharic (5 19), qui l'entretient de sujets religieux.
L'année même du consulat de Vitalien, c'est-à-dire en 5ao, Justinien écrit à Hormisdas sur le même sujet, le 7 des ides de juin, c'est-à-dire le 7, quelque temps avant l'assassinat de son frère en religion, qu'il commit le septième mois du même consulat, c'est-à-dire en juillet 5ao.
A la page i536, il y a une lettre du même prince, datée du i5des cal endes d'octobre (i5 sept. 5ao), sous le consulat de Rustique, où il entretient le pape de l'excommunication d'Acace, qui, comme on l'a vu, frappait aussi sur un empereur.
Justinien alors eut la pudeur de ne plus parler de sa victime.
Ainsi Justinien , général à l'avènement de son oncle, eut le gouvernement (honorifique) de l'Afrique et l'Italie, selon Procope, et le titre de comte des domestiques, selon ces lettres, avec le titre d'Illustre; mais, en réalité, il était déjà le maître de l'empire, selon Procope.
Un chroniqueur français, Aimoin , a imaginé (Hist. franc, II, 5) d'ajouter à Nicéphore (XVII, 7), qui parle vaguement de l'ensemble du règne de Justin, pendant lequel Justinien, à cause des infirmités de son oncle, devint