ET SA CORNETTE
Gendarmerie.
M. de Montpancier L lances.
M. de Lorraine L id.
M. le prince de Melphe L id.
M. de Longueval L id.
M. de Bonneval L id.
M. de la Roche-du Mavne L id.
Somme IIIc lances.
Et les chevaulx légers et arquebusiers à cheval.
Gens de pied.
Les bandes de M. de Thais.
Les Grisons.
Et les Lansquenetz.
A la bataille, Monseigneur le Dauphin et son cornette.
Les gentilshommes île sa maison.
Les archiers de la garde.
Gendarmerie.
La compagnie de Monseigneur S C lances.
Monseigneur l'Admirai G id.
M. de Maugeron L id.
M. de Dampierre L id.
M. d'Escîirs L id.
Somme III^ lances.
Gens de pied.
Les deux bandes des Suisses.
Les harquebusiers luilliens.
A l'arrière-garde M. le duc de Guise.
M. de St-Pol C lances.
M. de Guise CL id.
M. le marquis de Rothelin L id.
Les arrière-bans C id.
Somme IIIc lances.
Gens de pied.
Les arrière-bans et légionnaires.
Les Italiens.
Fait au camp de Jallons le II* jour de septembre MVo XLIIII,
L'on attend avoir dedans deux ou trois jours plusieurs autres compagnies dont Ton ne fait maintenant ici estât pour ce que ne scais si ;K^Iustot il faudra combattre.
Il n'est aussy fait mention de la gendarmerie et gens de pied estant ^:3evant Chaaions qui toutefois pourront grandement servir, estant l'en- Kiemy entr'eux et nous. (Ane. f» 8,536, f" 50.)
C'est au lendemain de Tordre qui précède le 3 septembre <jue, sur le commandement du Dauphin, la ville d'Epernay :ïut arse et brûlée ; et par la noie qui suit on voit en <}uelle panique était Paris, puisque, pour affamer l'ennemi, il était question d'incendier toutes les habitations :fournies de vivres, grains et bestiaux.
6 septembre 15kk. — Sur l'avis que le Roy donnoit que l'Empexeur vouloit aprocher de Panis (étant empêché de retourner dans ses ^tats), il est arrêté publié que tous les bourgeois ayant grains et bestiaux aux champs, les feront amener dans la ville, dans quatre jours, autrement seroient les maisons et vivres étant en icejles brûlées, pour oter à l'Empereur la commodité qu'il en pourroit retirer s'il approchoit ; comme aussi obtenu arrêt, pour obliger les paysans à payer aux bourgeois les vivres qu'ils leur dévoient au terme de Saint-Marlin, fi de publier que tous paysans seroient reçus dans la ville en y apportant leurs vivres. Rég. de l'Hôtel-de-Ville de Paris. (An. 1544, BibL nation., f. Colbert, vol. 252.)
Nous trouvons encore, dans le même volume du fonds Golbert, celle note qui annonce la fin de la guerre et la paix de Crécy.
13 septembre 15kk. — Héraults du Roy envoyés à Paris pour avertir que la paix venoit d'être conclue avec l'Empereur, à Crespy ;
Et fut fait feu de joye, et un muid de vin défoncé pour les pauvres. Et y avoit gens pour empêcher que les riches ne bussent dudit vin. Il y avoit aussi douze douzaines de pains qui furent distribués aux pauvres.
Maisons de Reims, 15kl. — Avant les troubles causés par l'invasion et l'occupation des soudarts allemands, les Dames abbesse et religieuses d'Avenay se croyant lezées dans le bail amphithéotique qu'elles avoient souscrit de leurs maisons de Reims, avaient impétré lettres royaux pour être relevées de leur traité : opposition des preneurs aux dites lettres offrant de prouver qu'en raison des grandes réparations qu'à leurs frais ils avoient été obligés de faire à ces maisons, ces Dames n'avoient pas lieu de rien revendiquer. L'affaire en ces termes venue à la prévoslé d'Epernay, accord intervint, ces Dames renonçant au bénéfice des lettres impétrées, consentant à laisser les locataires jouir du reste de leur bail, à la condition qu'à son expiration ils remettroient.lesdites maisons en leurs mains en bon et suffisant état de façon à pouvoir être relouées à d'autres : qu'il seroit par experts procédé à la visité des dites maisons, et que constatations faites des réparations a compléter, les preneurs seroient tenus de la faire immédiatement exécuter.
On se rappelle qu'en vertu de la transaction de H74, que nous avons mentionnée en son temps, Madame Hélisinde et Tabbaye avoient cédé à Tabbé de Belval-en- Diolet tout ce qu'elles possédoient au terroir de Vaux, à charge de payer à l'abbaye d'Avenay annuellement et perpétuellement 40 septiers de blé froment du meilleur dudit cru. On a vu tout ce que Tacquittement de cette rente éprouva de retards et de difficultés.
Belle VAL, i545. (F" 135, n» 8.) — Sentence du lieutenant du bailly de Victry, tenant son siège à Sainte-Menehoul, sur l'appréciation des quarante septiers de bled-froment, que les abbés et religieux de Belleval doivent annuellement à l'abbaye d'Avenay, laquelle appréciation est faite à 43 sols le septier, à la mesure de Reims, étant convenu qu'il se doit payer à la mesure du minage de ladite villç.
Nous verrons encore plus tard surgir de nouvelles diflB' cultes de la part de MM. de Belval.
Mareuil, iô45, 25 avril. — Echange par madame Tabbesse de six livres de rente pour cinq fauchées de pré assises en la prairie de Mareuil, passé sous le scel de la prévosté d'Epernay.
- AvENAY, i545, 27 avril. — Messire Jean Guyot, prestre curé de
I^livis, et chanoine d'Avenay, avait, par son testament, légué à Godon
et Jeanne Robinet, sa femme, nièce dudit Guyot, une censé consistant ,
en maison, jardin et grange, size au bourg d'Avenay, en la rue de
Mareuil, avec les terres, prez et autres héritages à lui appartenant, h
la charge de payer annuellement et à toujours, aux Dames abbesse et
religieuses d*Avenay la somme de 6 livres tournois, et de faire dire
une messe tous les lundis de Tannée par le chanoine soubs-semainier
<3e leur église pour le repos de son âme et de Tâme des siens. Et
ladite censé étant tombée en partage à Jean Choupelain, laboureur à
^venay, à cause de Collette Bray, sa femme, il supplia lesdites Dames
de vouloir bien accepter une pièce de pré size audit terroir de Mareuil
contenant cinq fauchées pour les tenir en propre et y prendre les six
livres de rente annuelle et perpétuelle, en déchargeant de cette rente
ladite censé à lui et à sadite femme ; échange que lesdites Dames
^nt accepté.
AvENAir, 15i6 21 mai. — Sentence de requête du Palais contre un nommé Marie Vincent, habitant d'Avenay, Tobligeant à comparaître pour répondre à la demande que lui intentoit madame Tabbessede 20 deniers pour livre, sur Tachât par lui fait d'une vigne de trois boisseaux au terroir d'Avenay et à raison du droit de lods et ventes.
lo. — Autre sentence rendu le même jour contre un nommé Jean Guérin, habitant d'Avenay, l'obligeant à payer auxditcs Dames 9 liv. 1 sol i den. des arrérages de ses surcens dus en plusieurs années, h raisons d'héritages possédés par lui au terroir d'Avenay.
AvENAY, i547. — Lettres patentes de Henry II, Roi de France, contresignée de messire du Prat, conseiller, et gentilhomme ordinaire de sa chambre, et par deux notaires jurés au Grand-Chatelet de Paris, portant que Sa Majesté n'entend point obliger les ecclésiastiques à donner les déclarations de leurs acquêts, sinon depuis la date du dernier amortissement à aux donnés.
7 juillet 15k8. — Autres lettres du même prince, interdisant à ses commis pour le recouvrement de sa finance, de molester aucunement )es ecclésiastiques au sujet de leurs acquêts.
204 ABBAYE d'aVENAY
XXX V^ Abbesse. — Madame liouise ^ de liinaiii^e.
Vauciennes. 155'i, 12 juin. —'Didier Tourner, vigneron, et Claude de Beaule, sa femme, demeurant à la Ghapotte, paroisse de Vociennes, ceddent aux Dames d'Avenay la 5* partie de 20 arpens de terre de la censé de la Grange-V Abbesse, en raison des divers droits cens et arrérages dont éloient chargés envers elles ces héritages, pour lesdites Dames en jouir comme de leur propre, moyennant qu'ils seront quittes envers elles de tous leurs devoirs; à quoi s'accordèreot lesdites Dames en entrant dès lors en possession dudit cinquième. (F* 30, n- 3.)
SuiPPES, 155fi, n décembre, — Partage d'usages entre les Dames d'Avenay et les habitans de Suippes, fait suivant le pouvoir baillé aa nommé Jean Remy, échevin en la justice du lieu (F* 75, n* 92.)
AvENA-Y. 1555, 5 juillet. — Guillaume Avenel et Nicole Virart, sa femme, dontient aux Dames reli?ieuses tout ce qu'ils avoient à la Grange-l'Abbesse tant en terres que bâtiments, avec condition acceptée par ces Dames qu'elles donneroient dans un an, à leur fils Mathieu Avenel, trente écus, et quelles les nourriroient le reste de leur vie : le mari obligé p'éndant ce temps de servir de portier à l'abbaye et la femme d'y servir de servante en ce qu'il plairoit aux Dames. {F* 30, n- 4.)
AvENAY, ^5... — Procès dressé par le maire, juge en garde de la justice d'Avenay, sur l'homicide de Glément Lenoir, vigneron audit Avenay, ayant pour auteur Nicolas Thimot, pareillement vigneron d'Avenay, et fugitif : atteint et convaincu par témoins sufBsants du crime, est condamné par ledit juge à être pendu en effigie, et ses biens confisqués au profit de Madame. (F* 55, n- 6.)
AvENAY, Î555. — Arrest du Parlement sur lappel de Claude P. . . ., vigneron, natif d'Avenay, d'une sentence de mort portée contre lui par le maire dudit Avenay, pour raison d'homicide par lui commis en la personne de Pierre Desprez, vigneron audit lieu, lequel arrest le condamna aux galères perpétuelles du Roy, et en cas qu'il attentat de se sauver d'être pendu et étranglé. (F^ 55, n* 3.)
Ayenay, 1556, 23 juin, — Jean Poret, vigneron à Avenay, prend à titre de cens annuel et perpétuel des Dames ahbesse et religieuses
APPENDICE âOo
une pièce de terre, size au terroir d'Aveniy, lieudit les Onches, contenant 80 verges, tenant d'un côté, vers Avenay, anxdites Dames, d'autre vers Mareuil à... Ledit accensissement fait au prix de douze deniers ts. pour chaque boisseau, payable annuellement au jour de feste Sainl- Remy, chef d'octobre. Ladite terre portant lods et vente, saisines et amendes de cinq sols, si le cas échéoit qu'il ne payât point audit jour. (F« 8, n- 36.)
Î556, 15 novembre. — Philippe Avenel, fils de Guil. Avenel et de Nicole Virard, sa femme, quitte aux Dames ahbesse et religieuses d'Avenay, vingt arpens de terre avec une petite maison et étable faite en appentis, couverts de tuiles et de train, cour et jardin, à lui donnés pour son mariage, et ce, moyennant six vingt-quatre livres qui lui furent payés en deux fois par lesdites Dames, dont quittance. (F" 30, n*5.)
Avenay, 1561, — Sentence du grand maître enquesteur et général réformateur des eaux et forêts de France par laquelle il est ordonné au maître particulier des eaux et forêts d'Epernay, de marquer aux Dames religieuses les bois nécessaires à leur chauffage, sans aucun frais de leur part, et tous ceux qui seroient nécessaires à l'entretien des bâtiments de leur maison, après lui avoir fait voir leurs nécessités. Et si sommé juridiquement de faire la marque en question, il ne la faisoit dans le temps prescrit par la sommation, à elle permis de la faire exécuter par le sergent garde-marteau, et lui obligé d'en faire la déclaration dans les trois jours au siège particulier des eaux et forêts d'^pernay. (F" 53, n» 14.)
Boy, 1561. (F" 85, n» 34.) — Papier contenant les receptes de tous les droits seigneuriaux à Boy, durant les années 1561-62-63-74 et 75. Lesquels sont signés des officiers qui reçurent lesdits droicts.
Avenay, 1561, 13 octobre. — Jean Poret, vigneron à Avenay, prend des Dames ahbesse et religieuses une pièce de terre de huit boisseaux et demi, moyennant un sol pour chaque boisseau de cens annuel et perpétuel, payable à la Saint-Remi d'octobre avec promesse d'entretenir si bien ledit héritage que lesdites Dames puissent toujours percevoir leur dit cens ; le confessant aussi en cas de vendition sujet aux lods et ventes et que s'il différoit plus de trois ans à payer, qu'il seroit permis auxdites Dames de rentrer en leur héritage, sans autres formalités de justice ; en outre, qu'après sa mort, ses hoirs ou autres ayantcause, seroient tenus de renouveller le présent contrat d'accensissement, dans quarante jours, et non plus, sinon que ledit héritage retoumeroit comme devant auxdites Dames.
AVENAY, 1562. — Marc Collin d'Avenay reçoit de Madame Louise de
!è06 ABBAYE d'AVENAV
Linanges et son chapitre à titre de cens annuel un margier de dit verges, sis au terroir d'Avenay, lieudit en Préelies, moyennant 15 den. ts. de cens payable à la Saint-Martin d'hiver. (F" 9, n** 38.)
1563. (F" 9, n* 39.) — Marc Collîn, cordonnier à Avenay, prend à cens deux boisseaux de savart, de 10 deniers pour chaque boisseau, lieudit en Préeiles.
1665. (F" 35, n» 61.) — Un extraict des registres de rofïîcialité de Reims, portant sentence contre les chanoines d' Avenay, pour leur résidence et service de Téglise des Dames religieuses aud. lieu, donnée le samedy dix-neufvième septembre.
1665, (F" 55, n*" 23.) — Un arpentage desd. bois mis en séquestre pris en la grande et petite Brousse, Vausserain, Taillis-Roland, francalleu, l'Hostel-Dieu, le Chesne, et Mont-Flambert : ledit arpentage faict au nombre de cent quatre vingts arpens, pour la réserve par le commissaire député par Sa Majesté pour cette affaire.
De 1392 à l'650. — Plusieurs papiers en un livre de quarante pièces, tant en parchemin qu'en papier contenant les ventes des bois d'Ablois, en mille trois cent nonante trois, mille six cent trente quatre jusques à mille six cent cinquante. (F" 55, n" 23.)
INCENDIE ET DÉVASTATION PAR LES HUGUENOTS DE L'aBBAYE
D 'avenay.
Procèa-^erbal de la Visitation des bastimena de Vabbaye d^ Avenay, par les massons Estrebay et Pignon, de Reims. — 1" juin 1568.)
De Tordonnance de honnorable homme maistre Jehan Colbert, docteur ès-droicts, conseiller du roy nostre sire, lieutenant général à Reims de M. le bailly de Vermandois et commissaire en ceste partye, Nous Jehan d'Estrebay et André Pignon, massons jurez demeurant audit Reims, le l*"" jour de juing 1568, sommertransportez en l'abbaye de Saint-Pierre d'Avenay avec Tes charpentiers, couvreurs, vitriers cy après nommés, où illcc, ledit seigneur commissaire en la présence du pleureur du roy au siège présidinl dudit Reims, nous a commandé veoir, visiter, et rapporter par escript les ruynes naguères advenues à l'église et bastiment d'iceile abbaye, par feux mis par les gens de l'armée des huguenots en iceuis bastiments : Et avant que y procedder a pris de nous le serment en tel cas requis et accoustumé, où nous avons trouvé ce qui s'ensuit :
Premier, le cœur d'iceile église faict depuis (]uarante ans, contient dedans œuvre, 15 thoiscs. 4 pieds de longueur jusques à la croisée de l'auclcnne église, et quatre t boises ung phsd largeur, et ladite croisée quatorze llioises longueur et quatre largeur : lesquels cœur, croisée 0t
AÎ>PENDI(ÎÈ 20'ï
&ef, les combfes sont br usiez et du tout mis en cendres, de façon que la véhémence dudit feu a grandement offensé les murailles de ladicte église et les vouites dudit cœur, qui sont de burgc, qui est une pierre tendre, subgette à ruyne partout, tellement qu'il est bcsoing couvrir d'un comble icelluy cœur et lesdictes vouites, autrement ne scauroient durer contre les pluyes : et ja y a auxdites vouites plusieurs pièces de
g cassées, et en autres endroicts les pendantifs aussy cassés et
rompuz, qu'il faut refaire : aussy refaire cinq coullonnes à la croisée vers le cloistre et en réparer d'aultres : Refaire deux arches à la nef et la pointe de pignon. Au bout, près ladite croisée, et réparer toutes les murailles et pilliers, et y mettre plusieurs liens aux endroits où ledit feu a véhémentement touché : lesquels ouvrages vallent ensemble eschalTaulx, matériaux et fassons, cinq cent cinquante Kvres tournois.
La tour où estoient les cloches contient environ 80 pieds haulteur, et unze largeur, faicte de massonerie de diversité de pierres de burge, et qui sont cassé^es, rompues, et la massonnerie fenaue en plusieurs endroits, de fasson qu'il n'est possible réparer lesdictes murailles pour pouvoir porter le fardeau des cloches et bois de clocher : tellement qu'il est besoing le tout desmolir et refaire à neuf, qui vault à fournir matériaux et fassons avec les pierres qui pourront servir, trois cens cinquante livres tournois.
A travers d'icelle église y a trois clausures de pierres de taille pour séparer ledit cœur et la nef de la place où estoient les chaises des religieuses a faire le service, dont l'une est du tout desmolie et aux aultres y a plusieurs pierres rompues qu'il faut refaire et réparer ; qui valent pour les mettre en Testât quelles estoient avant la ruyne, quatre vingt dix livres tournois.
Ladicte nef et les voysines sont pavées de pierre de taille et carreaux de terres cuites qui sont pour la plupart desrompues] des boys tumbez sur icelui pavé au moyen dudit feu : et pour le réparer et mestre en Testât quil estoit avant ladite ruyne, vault pour matériaux et fassons soixante et dis livres tournois.
Au bout de ladite croisée de costé, vers Cbaions, y a un corps de logis contenant vingt neuf toises et demy longueur et quatre toises trois pieds largeur, où sont au premier estage ung chappitre, la comunauté et infirmerie des religieuses, avec des passages et offices ; et audessus le dortoir où il y avoit quarante chambres pour lesd. religieuses comme on le peut cognoistre par les fenestres : le comble duquel dortoir avec les planchers audessus desd. communités et infirmerie et les séparations desdites chambres sont du tout brûlez et mis en cendres, tellement que la véhémente chaleur du feu a cassé les pierres desd. fenestres audit dortoir et des communiiez, et aultres places qu'il faut refaire et reparer; les murailles et huysseries, aussy les pavés, et refaire les cheminées d'icelles communité et enfermerye, qui sont tombées. Pareillement refaire trois arches audevant dudit cnapitre et les rempliaiges de pierres audedans d'icelles. Lesquels ouvrai^es vallent en fassons et matériaux quatre cens cinquante livres tournois.
Attenant dudit dortoir y a ung petit logis contenant 4 toyses cinq pieds longueur et trois toyses ung pied largeur, où il y a au premier estaige ung passaige et une chambre appelée la chambre du dépost. Et au second estaige estoit une autre chambre qui servoit pour chauffer les religieuses venant de matines et autres heures du service, le bois duquel tant du comble que du plancher, est dutout bruslé et consummé
âÔ8 ABBAYE d'aVENAY
dudil feu, et les pierres des cheminées, fenestres et huvsseries des* rompucs, et les murailles forcées en aucuns endroicts, tellement qu'il tault refaire lesditcs deux cheminées et la pluspart dcsdites fenestres et huvsseries avec réparer lesd. murailles. Lesquels ouvralges vallent, pour matériaux et fassons, cent livres tournois.
Le comble du pan du c'oître contre ledit dortoir est dutoat bnislé avec deux retours des autres pandz, chacun dix pieds longueur et uar le moyen dudit feu les pierres de trois verrières audevant dudit cnapitre sont en partie cassées, où il fault mettre plusieurs pièces de pierre de taille et cinq migneaux neufs et reparer les murailles. Et à i autre pand, vers ladite église, fault refaire douze arches et six coulonnes. Lesquels ouvraiges valent pour matériaulx et fassons quarante livres tournois.
Fault refaire la cheminée de la cuisine des religieuses qui est en partie fondue par le moyen du feu que on y a mis, qui a bruslé le manteau de bois et faict fondre la massonnerye aud^ssus, qui vault a refaire a tout fournir vingt livres tournois.
Audevant de ladite cuisine y a un corps de logis appelé Teschelle, contenant quatre toyses deux pieds longueur et trois toyscs quatre pieds largeur, où cstoit au premier estaige ladite escholle et aadessus une chambre pour la prieuse : le bois duquel logis tant du comble, plancher que monte est dutout bruslé et mis en cendre et au moyen dudit feu les murailles sont pour la pluspart fondues et le reste menace ruynes, tellement que fault refaire toute la massonnerie dudit logis, cheminées et fenestres ; qui valent comme matériaux et fasson, huit vingt, livres tournois.
Outre la cour des religieuses et la basse court, y avoit un corps de logis contenant 15 toyses 2 pieds de longueur et trois toyses un pied largeur, où estoit au premier estaige une salle et plusieurs offices et au second des chambres et garde robbes avec une gallerie de bois audevant d'icelle du costé de la court, comme se peult cognoistre par la masure, auquel logis les abbesses d'icelle abbaye selogièrent ordinairement, lequel est dutout bruslé et le boys consummé et mis en cendres : et par la véhémente chaleur dud. feu, les murailles sont tellement forcées qu'il n'y a moyen de les pouvoir rabillier pour les faire durer, ains est besoingdesmolirce qui en reste et les refaire neufves, excepté le pignon vers le villaige qui pourm encore servir (juelque temps en le réparant. Lesquels ouvraiges faits en massonnerie, cheminées, fenestres et huysseries pour acommoder ledit logis comme il estoit auparavant ladite ruine, vallent pour matériaux et fassons six cents livres tournois.
Attenant de ladite église du costé vers le village, y avoit un corps de logis pour les pellcrins malades, contenant six toyses un pied longueur et trois toyses un pied largeur, auquel y avoit au premier estaige une fasson de salle ou cstoient les licts desaits malades, et au second une chambre et quelques autres places, le bois duquel logis est dutout bruslé tnnt du comble que des |)lanchcrs et les fenestres et huysserie de bois desd. deux estaigcs qui sont pareillement bruslés; et ce par le moyen dudit feu, les murailles sont oflencées en plusieurs endroicts et la pluspart des cheminées fondues qu'il faut refaire réparer auxd. murailles et reffaire l'huysserie de pierre de taille de Ventrée dlcelle place, avec rasseoir auxd. murailles, quatre huysseries et sept fenestres
«le boys comme elles cstoicnt avant lad. ruyne. Lesquels ouvraiges dallent pour matériaux et lassons soixante livres tournois.
Près le logis de Madame l'abbcsse et attenant d'un grand grenier appelé le grenier aux avoynes, y avoit un petit logis contenant trois toyses ung pied longueur, 'et neuf pieds largeur ou estoit au premier <8iaige la cuysine de tous et audessus une petite chambre a pan de ]H>is vers la court lequel est dutout bruslé, comme les dessus dudit logis» ou il fault refaire la plupart des cheminées desrompues par le moyen dudit feu, avec reparer les murailles qui vallent cinquante livres tournois.
Dedans le jardin, au derrière dudit dortoir, y avoit ung poulailler a retirer les poinles d'Inde, faict et basti de bois, lequel est dutout bruslé et le 'bois consummé et mis en cendres, qui contenoit quatre toyses longueur et et trois toyses et demi largeur, et après qu'il sera rebastv
Sar les charpentiers fault bousillier les pan-de-fust; pareillement fault ousiïlier et blanchir toutes lesd. avaries des chambres dud. dortoir ponr les religieuses. Les séparations du lo^is de madite Dame et tous les aultres pour le bois qu'il conviendra faire pour réparer lesd. logis et les montées d'iceluy, tant à vis que aultres fassons, lesquels ouvraiges ponr matériaux et fassons vallent 200 livres tournois.
Ainsi les ouvraiges de massonneries ruynées de icelle abbaye par le moyen dudit feu mis au dessusd. bastiment qu'il est besoing refaire pour les mettre en Testât quils estoient auparavant lad. ruyne, reviendront à deux mil sept cent quarante livres tournois.
Signé" EsTREBAY et Pignon.
ProcèS'Verbal des peintres et vitriers Breheuille, de ReimSf et Guin, d'Espernay (Même jour).
Nous, Nicolas Breheuille, peintre et vitrier, demeurant à Reims, et Jehan Guin, aussi peintre et vitrier, demeurant à Espernay, le premier jour de juin mil V^ LXVIII, sommes transportés en l'abbaye de Saint-Pierre d'Avenay avec les dessusdits massons, charpentiers et couvreurs cy devant nommés pour voir, visiter et rapporter par écrit les ruynes des vitres, naguères advenues en l'église, dortoir et autres bâstiments de ladite abbaye par les gens de l'armée des huguenots qui ont mis le feu en ladite église et auxdits bastiments, comme l'on dit, où nous avons trouvé ce qui s'ensuit :
Premier, les vitres de ladite église sont pour la plupart ruynées partie au moyen dudit feu et les autres à coups de picques, perches et pierres gectées contre icelles, comme les apparences le démontrent par si peu qui en reste. A une grande forme de verrière dudit cœur estoit Vhtstoire sainte Catherine, peinte de plusieurs couleurs, contenant quatre-viflfgt-sept pieds de verre qui vault à refaire comme elle estoit, seize sols tournois chacun pied, ce LXIX liv. XII d. ts.
Une aultre forme de verrière audit cœur, où estoit contenu Vhistoire de Varhre Jessé, peint de diverses couleurs de peinture, contenant quatre-vingt-sept pieds, qui vault à refaire seize sols tournois chacun pied, ce sont LXXIX liv. XII d.
Une aultre verrière audit cœur, où estoit figurée Vkistoire de la conversion saint Paul, de plusieurs couleurs, qui contenoient 145 pieds chacun pied vault à refaire comme il estoit, seize sols ts., ce sont CXYI liv. te.
Une aultre verrière audit cœur où estoit figurée Vhistoire du cru* cifiement de J.-C., de plusieurs couleurs, à laquelle y avoit cinquairt^ neuf pieds de verre peint et quarante pieds de verre blanc, bordé de couleur» chacun jpied de verre de couleur vault seize sols ts. » celui des bordures neufs, ts. et de verre blanc six sols ts. Ce sont LXVIII Irv. ts.
Une auUre verrière audit cœur, où estoit figurée Yhis^oîre saint Pierre, de plusieurs couleurs, contenant sept yin^t-cînq pieds, oui vault à refaire comme elle estoit, seize sols tournois chacun pied. Ce sont CXVI liv. ts.
Une aultre verrière audit cœur, où estoit figurée Vhistoire de saine £ Joachin, de plusieurs couleurs, contenant 87j)ieds, chacun pied vault le même prix de seize sols tournois. Ce sont LXIX liv. XII s. ts.
Une aultre verrière à une chapelle dudit cœur où estoit figura une histoire de la Passion de Jesu Christ, portant sa croix, faicte de plusieurs couleurs contenant vingtrclnq pieds, au prix de seize sols tour«^ nois chascun XI d. Ce sont XXIX liv. XII s. ts.
Une aultre verrière de verre blanc et une aultre petite aussy de verre blanc bordées de couleurs qui contiennent 92 pieds, qui vallent à refaire comme elles estoient six sols ts. chacun pied, et chacun pied de bordure neuf sols tournois. Ce sont XXVII liv. XII s. ts.
Audit cœur y a cinq verrières rompues en plusieurs endrbîcts de coups de picques, perches et pierres qu'il fauit réparer, lesquelles vallent pour matériaux et fassons 25 liv. ts.
A plusieurs verrières de la nef d'icelle église se sont trouvez sept vingt dix pieds de verre blanc nécessaire à refaire qui vault six sots ts. chacun pied. Ce sont XLV liv. ts.
A la croisée de ladite église y a cing verrières qu'il faut refaire de verre blanc, contenant 80 pieds aud. prix de six sols tourn. chacun pied. Ce sont XXIIII liv. ts.
Au chapitre y avoit deux verrières de painctures, contenant 64 pieds qui vault 16 s. ts. chacun pied. Ce sont LI liv. IIII s. ts.
Au dortoir fault les witres de quarante fenestres pour les chambres des relideuses et une grande verrière au pignon du bout dudit dortoir pour y donner clarté ou se trouveront trente-cinq pieds de verre blauQ audit prix de six sols ts. chacun pied, vallant LaX liv. X s. ts.
Fault les vitres de dix fenestres à la communité et à l'enfermerye et offices, tant croysillesque demi croysilles, où se trouveront cent seize pieds de verre blanc qui vault ledit pied de six sols ts. chacun pied. Ce sont XXXIV liv. XVI s. ts. .
A la chambre du dépost et à celle du chauffoir au-dessus, il fault èa vitres des trois fenestres croysées où il y aura 36 pieds de verre blanc, audit prix de six sols ts, chacun pied, vallant X liv. XVI s. ts.
Au refectoir des religieuses, y a trois verrières de rompues et le verre mis en pièces, où se trouvoient 80 pieds de verre blanc audit prix, vallant XXIIII 1. ts.
Au logis où estoit Tescolle et la chambre de la Prieuse ancienne, fault vitres, trois fenestres croysées où il y aura trente-six pieds de verre blanc audit prix de six sols ts. chacun pied, vallant X liv. XVI s. t.
Au logis de Madame l'abbesse y avoit plusieurs fenestres, croysées et aultres petites fenestres où il y avoit, comme il nous semble, six
vingt pieds de verre blanc qui vallent six sols ts. chacun pied. Ce sont XXXVI liv. ts.
Au logis des Pellcrins malades et à la chambre au-dessus y avoît^ plusieurs fenestres vitrées où estoient quarante pieds de verre blanc audit prix de six sols ts. chacun pied, vallant XII liv. ts. . A une petite église hors la grande église, appelée la chapelle du SépuTchre, à laquelle on a advisé faire le service pendant que ladite grande église reédiffîera, où il y a six voieries désrompues en plusieurs enàreits, où il Hiut six vingt pieds de verre blanc qui vallent ledit prix de 6 sols ts chacun pied. Ce sont'XLII liv. ts.
Ainsy les vitres ruynées en l'église et aultres bastiments de ladite litbbaye tant au moyen dudit feu que des coups de pierres et longbois Qii*ll est besoin reraire pour mettre icelle église et lesd. bastiments en Fétat qu'ils estoient avant ladite ruyne, reviendront à IXc LU liv. II s. ts.
Toutes les ymages qui estoient en icelle églyse sont rompues et tnlses en pièces et pour en refaire un tel nombre qu'il y en avoit avant ladite ruyne, vallent trois cens livres tournois y compris les tables ^'autels.
Signé : Breheuille.
Pour remettre la maison en Testât quelle estoit avant lad. ruyne, fault refaire les chayses des religieuses ou elles s'assialent à l'église en faisant le service, qui vallent en bois, ferrailles et fassons, quinze cens liv. ts.
Fault les châssis des quarante fenestres au dortoir pour les chambres clés religieuses, qui vallent chacun pour bois, ferrailles et fassons trente sols ts. Ce sont 60 liv. ts.
A la copimunité enfermerye et offices, fault pour châssis de cinq Teùestres croysées et cinq demy oui vallent assavoir chascune croysée pour boys, ferrailles et fassons, aix liv. ts. et chascune demye croysée Sàussi pour bois ferailles et fassons cent sols ts. Ce sont liv. XXV s. ts.
Fault aud. bastiment dix huit venteiles d'huysserie sans toucher a cselle des chambres des religieuse, au dortoir, qui sont prisées avec les ITermetures de ses chambres pour le bois et fasson seulement sans la dérailles, chascune des dixhuict vantelles vault pour bois, ferailles et fassons soixante cinq sols tourn. Ce sont LVIII liv. X ts.
Au logis de la chambre du dépôt et au chaufîoir au-dessus, fault les «shassis oe trois fenestres croysées et les venteiles de trois huisseries ^u prix des dessus et vallant pour bois, ferailles et fassons, XXXIX liv. XV. ts.
Au logis de Tescolle de l'ancienne prieuse, fault les châssis de trois Senestres croysées et les venteiles de deux huysseries au prix des «lessus et vallant XXXVI liv. X s. ts.
Au logis de Madame fault les châssis de sept fenestres croysées, ^ois demy et quatre petites fenestres avec les venteiles de dix huisse- Ties au dessus du prix VI^^ VII liv. X s. ts.
Fault les vantelles de la porte et entrée dudit logis et pour passer ècharroy a la court de ma dite dame, lesquelles vallent pour bois ferailles*et fassons XXX liv. ts.
Au logis des pellerins malades, fault les chassjs de sept fenestres oui Tallent pour bois ferailles et fassons chacune 50 s. ts. et les venteiles de cinq huisseries qui vallent aussi pour bois ferailles et fassons cia-< quante sols ts. Ce sont XXIII liv. XV s. ts.
212 ABBAYE D*AVENAV
Au petit logis pour le grenier aux avoines, fault les châssis de deux demy renestres croysées et les ventelles de deux huysseries qui valent quinze livres ts. '
Fault faire Quarante ventelles d'huis aux chanter des religieuses au dortoir qui Valtent chacune XXV s. ts. ce soit L liv. ts.
A aultres bâtiments de ladite maison y a défault de vingt cinq ventelles d'huisseries, les unçs bruslées et les autres desrompues qu'il fault refaire d'assemblage de plancher, et icelles faire, qui valent chacune 50 s. ts. Ce sont LXII liv. X s. ts. qui est le prix a accoutumé paier en cette ville de Reims et au pays environ, tant des.... et châssis que ventelles et ferailles.
Aussy les dites chaises, châssis, ventelles et ferailles trouvées a faire audit bâtiment par le moyen dudit feu, et les imaiges et tableaux d'autels de l'église reviendront à 11" IIIc LXXVII liv. X s. ts.
Somme totale de tous les ouvraiges est de XXII" Ville "VIII liv. mis. ts.
Tous lesquels ouvraiges ont été ainsi par nous veus visités et prîzès au prix commung que les ouvraiges vallent a faire en ce pays, et trouvé qu'ils se montent aux sommes dessus dites, sans les cloches qui estoient au clocher (^ui sont fondues et la métaille pour la plupart perdue.
Aquoy faire nous avons vacqué parchascun deux jours aux champs estant comme commissaires, et trois jours à la ville a faire les dites prisées par le menu, sans le temps des escriptures de ce présent nostre rapport qui contient dix neuf feuillets, sans ceste présente page.
Fait les jour et an que dessus tcsmoing nos seings cy mis : Signé Maillard, Pussot, Pignon, Destrebay, Michel, Charlot et Breheuille.
Voici maintenant Tappréciation des travaux de charpenterie à exécuter pour réparer les dégâts de rincendie. C'est à M* tfehan Pussot, de Reims, qu'est confiée cette tâche. Ce Jehan Pussot s'est rendu célèbre à Reims comme ligueur. Il était lettré et l'un des plus chauds partisans de la maison de Guise. Ses Mémoires sur les choses de son temps (de 1368 à 1626), ont été recueillis et publiés dans les Annales de l'Académie par les soins de M. Lori- ' quel. Empreints d'un violent esprit de parti, ces Mémoires sont fort curieux ; la bonne foi de l'auteur est égale à son patriotisme, et son Journalier est pour le pays de Reims ce que sont pour le pays de Provins les Mémoires de Claude Hatton.
Nous n'avons emprunté que quelques extraits au procèsverbaux de J. Pussot qui, dans son ensemble, entre dans les mêmes détails et longueurs que les massons Estrebay et Pignon.
ProcèS'-verbal des maîtres charpentiers Jehan Pussot et Jehan Maillartf de Reims,
Je, Jehan Pussot Taisné, charpentier juré demeurant à Reims, le premier jour de juing M. V© LXVlII, me suis transporté en l'abbaye ae St-Pierre d'Avenay avec les dessusdits massons, couvreurs et witryers, cy après nommés, pour veoir, visiter et rapporter par escript les ruynes de charpenterye naguères advenues à r église, dortoir et autres batimens d'iceile abbaye par feu que les gens de l'armée des Huguenots y ont mis comme l'on dict : où illeca avec les dessusdits experts j'ay pris les longueur et largeur de tous tes bastimens ruynés par le moyen dudit feu, et estant de retour audict Reims, j'ay appelé Jehan Maillart, maistre charpentier, demeurant audit Reims, pour, avec moi et André Pignon, faire ce calcul et prisée de tous lesdits bastimens ainsy ruynés, auquel on a donné à entendre toutes les mesures de longueur et largeur d'iceulx, le tout de l'ordonnance de honorable homme maistre Jenan Colbert, docteur es droicts/ conseiller du Roy notre Sire,- Lieutenant général à Reims, de Mens, le Baîlly de "Vermandois, commissaire en ceste partye, où nous avons trouvé ce qui 8 'ensuit :
Premier, lecœur de l'église contient les longueur et largeur escriptes au dessusdits rapports des massons à mesurer dedans œuvre et au pied clu Roy. Le comble duauel est tout bruslé qu'il est besoin de reraire pour garder de ruynes les murailles et voultes d'icelluy cœur où il rault dix poultres ou sonarmières, vingt contre-chevrons, dix poinsons, quatre....
Au bout de la croisée de ladite église, et sur ledit dortoir, y a une tour sur iaauelle y avoit un clocher qui est bruslé avec le beffroy et les six clocnes fondues...
Au boit du dortoir, du côté vers les jardins, y a une place fermée de murailles, de la contenance de dix-huit pieds longueur, et neuf lîirgeur, ouestoient les privezpour la nécessite des religieuses, duquel le comble et les deux planches (?) sont brûlez et les sièges desdits ]p rivez : sera bon pour refaire ladite place comme autrefois, et vault ^2 liv. Les fassons 20 liv. ts. , et les sièges, tant en bois que fassons, S liv. ts. Somme 100 liv. ts...
Au mitant d'une place, près la cuisine des religieuses, y avoit un logis appelé l'Escolle, et le logis de l'ancienne prieuse, lequel contient les mesures escriptes au rapport desdits massons, qui est dutout bruslé, et pour le refaire il faut quatre sommiers...
Auprès du chœur de ladite église y a un confessionnal, en fasson de srevestière, où nous n'avons entrée, mais nous avons pu veoir par une "ffenestre le plancher fondu, et en partie bruslé, avec aucuns pan de fust, qui vault à refaire pour bois et fassons 9 livres ts...
Atenant de ladite église, du costé du village, y avoit un corps de logis pour loger les pèlerins malades également dutout bruslé...
Ainsy, les ouvrages de charpenterie ruynez en l'église et autres bât-iments d'iceile abbaye au moyen du feu mis en iceuls par les Huguexiots, pour les mestre en Testât qu'ils estoient auparavant ladite ruine reviendront à 12,150 livres.
Ainsi signé : PussOT et Maillart.
214 ABBAYE D*AVBNAY
1568y 23 juillet, — Lettre du roi Charles IX au grand-mattre deê eaux et forête, de faire délivrer par le maître parttcwCler, aiuc Dames religieuses, les bois nécessadres au rétablissement de leur maison brûlée par les hugitenots.
Charles, par la grâce de Dieu, Roy deFCanèe, à nos amez etféaUx les gens tenans nostre court de parlement à Paris, Grand Maistre En* questeur et général réformateur des eaues et forests de nre. Royanmt et Maistre particulier des eaues et forests à Epernay. — Comme mr la requeste présentée en nostre eonseil, le IX juillet dernier, de là part des Religieuses Abbesse et couvent de Sàint-Pierre d'Avenay^ afin de leur permettre prendre et lever en nre. forest d'Espemay tell^ quantité chesnes et autres bois qu'il leur conviendra pour la manii£ao» ture et réparation de leur église et monastère bruslés pendant les der^ niers troubles, en outre coupper et abbatre es boys à eulx appartenaiis assis en nostre dite seigneurie d'Espernay et montaignea ae Reims telle quantité des bois qu'elles verroient estre ^ faire pour emploièr èÉ dites réparations, ainsi quelles ont droit et accoustumé d'aûciènneté» Nous eussions envoie ladite requeste à vous, Grand Maistre et général Réformateur ou vostre Lieutenant général à la table de marbre de nostre Pallais à Paris, pour nous donner advis si lesdits siippliana ea vertu de Tusaige par elles prétendu es bois appartenansà ladite abbaïè qui sont en nostre grurie, peuvent prendre bois pour 'édifSèr leur égHse et autres lieux bruslez et ruynés. A quoy depuis auroit esté aatislait^ savoir faisons que veu, en nostre dit conseil ledit advis et autres pièces concemans les tiltres desdits suppliantes, actendu la nécessité dessus dite de l'advis de nostre conseil, avons auxdites Abbésses et Religieuses d'Avenay permis et octroyé, permettons et octroyons par ces présentes signées de nre. main, faire prendre, couperet abbatre es- bois a elles appartenans, estant en nostre dite gruerie par monstre-marqae et délivrance de nos officiers sur les lieux telle, quantité boys qu'il eoiH viendra emploïer pour la réparation nécessaire en ladite église et monastère d'Avenay, et pour ceste fois seuUement et sans le tirer à coih séquence.
•ci, voulons, vous mandons et expressément enjoignons que snÎTaiit nostre permission cy-dessus, vodsaïez à monstrer marque et faire déli* vrer auxdits suppliants lesdits bois qui leur sera nécessaire pour lesdites réparations, et ce ès-lieux et endroits plus commodes, et oioins dommageables desdits bois que vous adviserez, gardans par vous qu'il ne soit ea ce faisant commis abus ne aucun dégast ou malversation et rajpportans auxdites présentes ou vidimus d'iceifes, deument coliationnees et la certiffication ou recognoissance d'icel'es religieuses et cou-* vent de la quantité dudit bois qui aura esté couppé et abbattu, Nous voulons que. Vous, maistre particulier, soïez et demeuriez deschargé d'i-r celle partout où il appartiendra sans aucune difficulté. Car tel estoostre plaisir, nonobstant les ordonnances cy-devant faiotes sur le iait. et rè-t glement de nos bois et forêts de nostre royaume, auxquelles et à quelconques ordonnances, deiîenses ou lettres à ce contraires, nous avons dérogé et dérogeons. — Donné à Bolonçne, le XXIIP jour de juillet^ l'an de grâce mil cinq cents soixante-buict et de nostre règne le huictième.
Signé : CharLb$.
Et plus bas : Par le Roi en son conseil,
Dubois.
i^lU — ' Le duc d'Alençon usufruitier d'Epernay fait exécuter ^ Vart^t de Charles IX en faveur de Vabbaye d*Avenay.
François, fils et frère de Roy, duc d'Alençon, Château-Thierry et "Evi'eùx, conte du Perche, Dreux, Mante et Meulan, seigneur de Bézahne et pair de Frtince, au maistre particullier des eaues et fbrests ^fh^ernay et montaignes de Reims, et autres nos justiciers et offîciers esdits lieux qu'il appartiendra, salut. — De la partie des religièusen abbesse et couvent de saint Pierre d'Avenay, Nous a esté en notre poqseil r«monstré que non obstant les lettres patentes par elles obtenues flu roy nostre très honoré seigneur et frère dès le 23* fnilièt 1568 et sur icelles Varrest donne par la court de Parlement e 6* juing dernier, par lequel leur est permis de faire coupOer des boys a elles appartenants jusques a la valleur de. trois mil. livres parisis'; n'àuroient toutefois peu jouir de reffect et contenu es dites lettres et arrest, obstant le& difneultés et empéscbeinents que tous faictes en l'exécution d'iceulx à leur grand préjudice et dommaige et JAWres]t,noiisreq,uéran&sur ce leur pourveoir. — ^Pour ce est-il aue;Nou8 considerans.ia pauvreté, nécessité et indigence desdites suppliantes et fé? péta' de mojrèn qu'elles y ont de faire reba^tir et réparer leur église et conVent mynéspar les derniers troubles, sans s*aider de leurs d. bois, leur avo^s, par l'advis de notre conseil, en confirmant etapprouvant eh tant qu'à nou^ e^t le d. arrest, permis accordé etoctroyé^ permectons, accordons et octroyons par ces présentes signées de nostre main qu'ils pui&sënt fkfre ôoiipper abbatre et prendre et enlever des dits bois a §q}x- appartenans jusqùes a la quantité de douze à q[uinze arpens, non excedans toutefois la somme de 4rois mil livres parisis, et ce oar vos marques .et liyres, le substitut de nostre Procureur gênerai appelé, pour cslr'è les d. bois employez à la réfection de l'église et édifice d'icelle église et abbaye et non à aultre usaige. Si voulons et vous mandons Que du: contenu en «es. dites présentes conforme au dit arrest vous làjctk, soufîre; et laissez les d. suppliants joYr et user plainement et tai^blemèn^, sans Jeiir faire mettre ou donner ne souffrir leur estre irait, mis ou donné sur ceaulcun trouble ou empeschement encourrir.— « Leur faisanl marquer et délivrer le d. bois qui leur sera nécessaire pour les d. réparations es lieux et endroits moins dommaigeables es d. I^ist-.que : y 0U9 ad Viserez .'gardant au reste qu'en ce faisant il n'y soit {aict pu, commis aucun abbus, dégast ou malversation et en rapjportant par Vous^jpe^ dites présentes ou yidimus d'icelles deument collationnées S' cest original, et certification ou reçognoissat^ce d'icelles religieuses et eonvent de là quantité du d. bois qui aura été couppé, Nous voulions [ue vous maistre particullier soïez et demeuriez, déchargez d'icelle parout ou i} appartiendra sans aucune difficulté. Car tel est nostre plaisir, ^ii signe de 'ce nous avons fait mettre et apposé, nostre scel a ces ^r^séntèis, lion bbàtant quelconques ordonnances, restrainctions, mandemens, delTenses et lettres à ce contraires. Donné à Paris le treizième jour de mars mil cinq cent soixante onze.
• ■ Signé : Fbangois.
'■■■:. Et plus bas": Par monseigneur le duc d'Alençon
et Chasteau-Thierry fils et frère de Roy
'.."'.■ Hennequin.
216 AfeBAYE d'avENAY
AvENAY, î'i novembre 1511. — Lettre d'accensissement, passée devant la justice d'Avenay qui mentionne un assez grand nombre d'habitants : Pierre Dupley le jeune vigneron : maitre Jean Mariage chirurgien, Pierre Pothier, Trezain Barat, Jean Pierre Taisné, Jean Pierre le jeune son fils, Jean Chaillot, Pierre Briquet, Roland Cbappelus... ces accensissements sont faits a raison de 5 deniers ts. par chaque boisseau, le boisseau de six verges un quart, et la verge de 24 pieds, et payables annuellement au 1*' jour d'octobre.
i4 Novembre 1511. — Cens de 5 deniers sur demi arpent de terre en savart, lieu dit le montullé — par le sieur Jean Pothier, vigneron à Avenay.
Ik Novembre 1511. — Divers prennent à cens de 5 deniei;8 sur deux arpens et demi de terre en savart, lieu dit Montullé.
Ayenay, 20 mai 1512. — En cette année une nouvelle contestation s'était produite entre MM. les Chanoines et Madame Tabbesse au sujet de six septiers de froment qu'ils dévoient à l'abbaye, comme droit de préciput sur les dixmes qui leur étoient attribuées : ceux-ci prétendant que ce préciput se devoit payer par leurs dixmeurs et non par eux. L'abbesse soutenoitau contraire que, avant de rien prélever de ces dixmes ils dévoient personnellement en acquitter le préciput convenu, de six septiers, — Sentence intervint du maire d'Avenay qui effectivement les condamna et mît à leur charge* les arrérages dus par les dixmeurs.
Voici un échange qui nous semble curieux par les détails qu'il fournit sur la localité, détails toutefois qui présentent quelque difficulté en raison des dispositions actuelles.
Avenay, 1574. — Denis Robin laboureur et Jeanne Robert sa femme demt. à Jallons, échangent avec les Dames d'Avenay une petite maison avec cour devant, prenant cette cour de la maison de l'ancienne congrégation de Reims jusqu'au pignon du pressoir de l'abbaye, contre lequel pignon le dit Robin et sa femme pouvoient si bon leur sembloit faire bâtir un pressoir sans toutefois l'endommager et depuis le dit pignon jusques à la rue, faire lever une muraille de l'épaisseur dudit pignon.
i574, Avenay. — Gérard Plomb, vigneron à Avenay, et Marguerite Forboteau, sa femme, vendent à messire Pierre Briquet, prestre et chanoine dudit Avenay, sept verges trois pieds de vignes, sises lieudit ès-Viei!les-Coustures, tenant d'un côté à l'acquéreur, d'autre
à Jacques Troiseux, du bas à la sente commune, du haut bout à .Henri Bérard, ladite vigne chargée d'un quartier de froment et d'un €]uartier de poule, an jour de fête de Saint-Martin d'hiver.
1575, Mareuil. — Le curé de Mareuil, M. Belloy, avait obtenu contre les Dames d'Av^ay une sentence de l'officialité de Riems, an sujet d'une portion congrue que réclamoit ledit curé : arrêt du Parlei&ent qui casse la sentence et renvoie le curé sans dépens.
3LXXin" Abbesse. — madame Franfoise
de la ]IIarel&«