DROIT DE MINAGE A AVENAY ET A SUIPPES
REQUESTE DES DAMES d'aVENAY
M. le Bailly de Vermandois, ou votre Lieutenant à Reims.
Remonstrent humblement les Religieuses, Abbesse et Couvent de saint Pierre d'Avenay,
Que de ladite abbaye dépendent les terres et seigneuries d'Avenay «t Suippes-Ia-longue, esquelles elles ont hauctorité, justice moyenne et l>a8S6 et officiers establi, mesmes pour mesurer les grains et avoir <sgard aux autres marchandises quy se vendent et débitent es foires €t marchez des d. lieux, sans que les suppliantes aient pris, receu ou levé ny fait prendre nu lever aucune chose sur les d. grains ou autres marchandises. TouteiToys d'aultant que la dicte abbaye d'Avenay a esté arse, bruslée et ruynée durant les troubles derniers, laquelle les suppliantes n'ont moyen de rebastir, elles ont obtenu lettres patentes du Roy, fondées sur ce que dessus, par lesquelles sa majesté leur permect et octroyé de prendre ou faire prendre, cueillir et lever doresnavant et à perpétuité le droit de minage, es jours de foires et marchez desquels lieux d'Avenay et 'Suippes-la-longue, à la raison de vingt quatre boisseaux l'un. Lesquelles lettres vous sont adressées et par icelles mandé de faire joyr plainement, paisiblement et perpétuellement les suppliantes du dit droict et à ce faire souffrir, obéyr, et payer y estre contraincts tous ceulx qu'il appartiendra, non obstant oppositions on appel en court quelsconques.
Cç considéré. Monsieur, il vous plaise, suyvant la volunté et intention du Roy, mectre ces lettres à exécution et, ce faisant, mectre en possession les suppliantes et les faire joyr dudit droict déminage; et pour icelles lever et percevoir establir personnes recéantes es dits lieux :
218 ABBATE D*AVENAT
Et a ceste fin que les dictes lettres soyeot publiées es joui^ de nar?chez es d. lieux et ordonner que les habitans dudit Avenay et Suippes seront appelez pour cest effect: et vous ferez Justice.
Signé : de Laval. •
Soient les habitans dudit lieu de Suippes appelez aux fins dé la requeste à comparoir pardevant nous mardy prochain, sii^ièine Jour d'aoust, sept attendant boit heures du matin, aupardevant dà griand portai! de l'église dudit Suippes : et les habitans dudit Avenay, au vendredy suivant, mesme heure, audevant du grand portail de l'église paroissiale dudit lieu d'Avenay : auxquels habitants de Suippes et d'Avenay sera délaissé copie de la 'présenté requeste et des lettres patentes mentionnées..%.'......".1... '.'..;-. 6K les dits habitants ne
comparent qu'il sera par nous procédé à l'exécution des dites lettres sans les plus appeler. — Faict par nous J. Colbert docteur en droict, lieutenant général au bailliage de Vèrmandois, siège présîdial de Reims, commissaire du Roy en ceste party«, le vingt neufviesme Jour de Juillet m. Y. c. soixante et dix sept. ,
GOLBERT et Te'llier.
Commandement au Mayeur de Suippes de convoquer les habitants pour entendre lecture des lettres patentes sur le droit de ménage.
L'an rail cinq cens soixante dix sept, le premier Jour du mois d'aousty par vertu de la requeste et ordonnance éscripte au.»..:, signé Colbert, datte le vingt neufviesme Jour dé Juillet dernier passé et è la requeste de vénérables Religieuses Abbesse et Gbuvent -de saint Pierre d'Avenay inpétrantes y deiwmmées : Je Robert Le Ooq^* ser^ gent ordinaire du Roy no^tre Sire^ a» biiUiâge dé Veriiiandoiiâ,'déiit.'k Reims : Estant au bourg de Suippefi^la^^longueoù me suis transporté exprès dudit Reims, J'ay faict commandement/ de par ié "Roy;- hb8|n» sire à Nieolas Macqùart, Mdyeur en la jùstke* dudit Suippèsy parlaht ^à sa personne, de cbngrégier et assembler, ou £iire con^égieT et'asteinlflei; lesmanans et habitans dudit Suippes, demaindeuxièanejoHr dud.' mois d'aoust, six attendant sept heures du 'matin, au deVant de là -Cro^x isisiâse au marché dudit Snippesy pour veoir pàrmoy proèéder ài'Pexécuiioti d^ la dite requeste et ordonnance sur icelle. Par lequel Macqiiarib a e$tè foit response, obéissant and. eommendement^ qu'il fSèiroit'son ideliroiv de faire assembler les dits habitants. ^-^ Et le lendemaiik deuxième jour dudict moys d'aoust, peu après la dicte heure de sept heures M»née,. eh l'orloge de l'église dudict Suippes, me suis transporte audevant, de la dicte croix et marché, dudit Suippes : auquel lieu sont comparus le dict Nicolas Macquart mayeur, Nicolas Faveret, procvreur' fiscal, Jehan de Lasneyer, Pierre Raoullet, Nica:ifie Panart, Pierre Wyan,
APPENDICE il9
fhilbert' Vi^oret, Jean Jacob, Nicolas Regnard, Pierre Lasne, Nîcor ïas Martignon, Pierre Fortier, et j)lusîeurs autres, tous manans et habltans.dudît Suippes, représentant grande partie d'iceulx habitans congregiez et assemblés ; Parlant aux personnes desquels ay les d. manans et habitans dudit Suippes-la-longue adjourné et baillé assignation à estre et comparoir mardy prochain, sixième jour dudit mois d'aoust sept, attendant huit heures du matin, audit lieu de Suippes ^udevant du grand portail de l'église paroissiale dudit Buippes, parde* vaut Mons. le Bailly de Vermandois ou son lieutenant général au siège présidial du d. Reims, commissaire du Roy nostresireen eeste partie : Pour respondre aux d. impétrantes aux fins de la d. re<iueste et intimation qu'ils comparent ou non, et nonobstant leur absence, sera procédé à rexécution desd. lettres patentes du Roy, comme il appartiendra par raison. — Coppie des quelles lettres- patentes, de 'la d. requeste, ordonnance sur icelle expédiée j'ay baillé aud. Macquard mayeur, pour les dits habitants et en présence de Jehan, Guypt et de Pierre CresticA demeurant à Etriancpurt ad ce appelez potir
tesmoings.
Signé LecogQj
Assignation nux habitants d'Avenay pour répondre aux fins de la ■ requeste et ordonnance, touchant le droit de minage.
L'an mil cipq cent. soixî^nte-dixTsept, le 2" jour d'aou.st, par vertu de la requeste et ordonnance escripte au pied, signée Coiberti dattéele vingt-neûfvjème jour de juillet dernier passé.. . Et- à la requeste des vénérables religieuses, abbesse et couvent de Saint-Pierre d'Avenay, impétrantes, y demeurant. Je, Robert Le Cocq, «ergent ordinaire du |Eloy nostre sire ou bailly de Vermandois, demt. à Reim», estant au bourg <l'Avenay, où me 8ui& transporté exprès 4udit Reims, j'ay faict commandement de par le Roy nostre sire à Jehan Delacourt, procureur fiscal en la seigneurie dud. Avenay, parlant à sa personne, decongrégieret assembler ou faire congrégier ft assembler les manans et habitans dudit Avenay, demain, treizième jour dudit mois d'aoust, six, attendant sept heures du matin, au dessoubz de la halle dudit Avenay, pour veoir par moy procéder à l'exécution de ladicte requeste et ordonnance sur ieelie': par lequel Delacourt, procureur susdit a esté faict response, obéissant auxdicts commandements, qu'il feroit son débvoir dé faire assembler lesdicts habitants. — Et ledit jour de lendemain, troisième dudit mois d'aoûst, peu après ladite heure de sept heures sonnée en Forloge de l'église dudit Avenay, me suis transporté au-dessous de la halle dudit lieu, où est comparu ledîct Jèhah delà Porte, procureur, Jehan Camuset, mayeur en ladite justice, Jehan Lotinet, Gérard Cuiller, Henri Berant, Jehan Lasnier/^iacreBoutron, Pierre Halle,
220 ABBAYE d'aVENAY
et plusieurs autres, tons manans et habitans dudit Ayenay, représentans grande partie d'iceulx habitans congrégiez et assemblez, parlant aux personnes desquels, après lecture et obstencion par moy faicte de ladicte requeste et lettres patentes du Roy nre. sire, ay. lesdîcts habi* tants et manans dudict Avenay, adjourné et baillé assignation à estre et comparoir le vendredi suivant sept, exploîct neufviesme jour dudict mois.
Les Dames (V Avenay constituent leur procureur, Pierre de Laval, licencié advocat au siège présidial de Reims, pour soutenir leurs prétentions au droit de minage à Avenay et à SuippeS'la-Longue. {1517, 9 août.)
Comparurent en leurs personnes Révérende et puissante Dame Madame Françoise de la Marck, abbesse de Téglise et abbaye Sainte Pierre d'Avenay, dévotes religieuses sœur Magdeleine de Uangard, prieure, Charlotte Bourdineau, Jehanne de Laval, Jehanne du Frenel, Jehanne d'Arcenay, Guillemette des Ortyes, Anne Danquoy, Katherine de Capillart, Marguerite de Saint-Privé, Charlotte de Gand, Elizabeth Mangeard, Simonne Josseteau, toutes religieuses en laditeabbaye, diocèse de Reims, faisant, nommant et représentant la plus grande et saine partie de ladite abbaie, lesquelles pour elles et en leurs noms ont fait, nommé, constitué et establi leur procureur, prudent homme M."* Pierre de Laval, licencié ès-Iois, advocat au siège présidial de Reims, auquel pour plaider, pour opposer, pour appeler et y renoncer pour substituer un ou plusieurs procureurs pour soi, faire et constituer pardev.
ester de justice, etc., et par espécial de requérir pour et au nom
desdites constituantes Tenthérinement de certaines lettres patentes par elles obtenues au mois de septembre mil cinq cent soixante et seize, pour prendre, lever et percevoir ung droit de minage ès-lieuxde Avenay et Suippes-Ia-longue, à la raison de vingt-quatre boisseaux Tun, des grains qui se vendent es-jours des foires et marchez desdits lieux, mesme avoir pour .agréable ce qui a esté faict par ledit de Laval auxdits lieux de Suippes et Avenay pour Fenthérinement desdites lettres et qui tant et promeetant sur peine obligeant les biens et revenus temporels de ladite église, et en renonçant, etc.
Faict et passé en ladite abbaye et couvent, le neufviesme jour de aoust Tan mil cinq cent soixante et dix-sept, et ont les susdites Dames constituantes signé suivant l'ordonnance du Roy. Suîvent les signa'tures.
Vient après, sous la date de 1579, la sentence du Roi en son conseil, mettant les Dames d'Avenay en possession de Toctroy à elles fait par Sa Majesté, touchant le droit de minage ès-foires et marchez d'Avenay et de Suippes. — «Et parce que les habitants dudit Suippes
APPENDICE ââl
8*opposoient auxdites lettres d'octroi, le bailli de Vermandois s'étant transporté audit Suippes, accompagné du greffier et d'un sergent de son bailliage, fit lire lesdites lettres patentes enjoignant, au maieurdudit lieu, de les faire enregistrer sans délai au "greffe d'icelui, établit des commissaires pour lever ledit droit de minage, en prenant d'eux le serment de fidélité, et condamne à l'amende de quatre cent escus tous ceux qui seroient si téméraires que de vouloir troubler la posses-» sion dudit octroi. » (F" 72, n» 79.)
Une autre sentence du 2'' d'aoust 1584, portant condamnation contre certains mutins qui avoient voulu troubler le droit de minage auxdites Dames ; iceux condamnés à tenir prison pendant trois jours, et jeûner au pain et à l'eau : et, en cas de récidive, d'estre chastiés du fouet par la main de l'exécuteur de justice. — Au dos de laquelle sentence est mise la publication que le sergent en fit au milieu du marché dudit Suippes, au jour qu'il se tenoit. (F* 72, n» 81.)