REDDITION DU CHATEAU DE MAREUIL
Le fort de Mareuil, par sa position sur la Marne, entfé Reims et Châlons, et par sa proximité d'Epernay, étâtt comme point stratégique l'objectif des divers partis belligérants, n existe toutefois quelque incertitude sur l'eoH placement qu'occupait le donjon féodal, le ehâteau des
Al>PENDlCË 243
sires de Roucy , vicomtes de HareuU, que les fettrés du pays hésitent à recommlire dans le fort dont il est qaeslion aux xi¥* et xvi* siècles. Ce fort, comme on Fa cru, ne s'élevait point en avant de Mareuil, du côté d'Ay, en cette sorte d*écart entouré de fossés, dit le Petit-Mareuil, fossés dont on voit encore les restes, aujourd'hui que ce terrain est réuni au bourg, mais bien sur les rives mômes de la Marne. — Voici ce que dit Anquetil, non point du château féodal, mais du fort occupé par les Anglais qui, dans la guerre de Cent ans, y avaient concentré leurs munitions, leurs ustensiles de guerre et leurs approvisionnements. « En 4359, Gaucher de Châtillon, capitaine de Reims, en « entreprit le siège. Accoutumés à la guerre, les Rémois « de cette époque avoient honte de se tenir oisifs : ils « allèrent successivement attaquer les petits châteaux dont € les Anglais s'étaient emparés, et d'où ils faisoient des € courses dans le plat pays. Les uns furent ruinés, les € autres munis de garnisons qui servaient comme de « gardes avancées à la ville. Chassés de tous les postes, « les ennemis se réunirent dans une île de la Marne, « nommée Mareuil, qui n'existe plus. Ils la fortifièrent à « la. hâte et en firent un dépôt général défendu par les « meilleures troupes. Les Rémois ne les y laissèrent point « tranquilles. Animés par leurs succès précédents, ils se « présentent hardiment devant la forteresse, montent à < l'assaut, emportent la place et passent tous les Anglais « au fil de l'épée. Les provisions de Mareuil augmentèrent « celles de la ville. »
Voilà ce que Ton connaît du siège de Mareuil et de l'expulsion des Anglais au xiv® siècle. — Nous en savons un peu plus de la reprise de ce château sur les ligueurs par les troupes de Henri IV, en 1591.
Durant le siège de Bisseuil qu'il voyait sur le point de tomber au pouvoir du duc de Nevers, Saint-Paul, sous prétexte d'aider à la défense de cette place, ne se faisait aucun scrupule de rançonner les villages et bourgades des
ÛU AftftAYÈ D*AVËNAV
environs. Nous avons retrouvé les formules imprimées de ses impérieuses réquisitions (1). Voici celle nominativement adressée aux gens de Mareuil, dont ses soldats occupaient encore le château :