CAPITULATION DU CHATEAU DE MAREUIL
' Monseigneur de Nivernois et de Retellois, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en Champagne et Brye, a accordé à Monsieur de Vaugré, commandant dans le château de Mareuil, que dans lundy matin prochain, que l'on comptera le xxij" de juillet, il fera tirer vingt coaps de canon contre le chasteau dudit Mareuil, et cela faict, le dict ^ de Vaugré lui remettra le dict chasteau entre ses mains, ou de celiuy qu'il luy plaira de commander pour le recevoir, ledict matin, tout aussitost que lesdicts vingt coups de canon auront esté tirés ; à cette charge que Saint-Pol ne contraigne mondict seigneur de Nevers dedans dimanche au soir prochain, xxj de ce mois, de s'en aller hors du grand et du petit Mareuil, où il est présent logé, tenant assiégé le ' chasteau de Mareuil, car au cas que ledict Saint-Pol ne le fit desloger et départir desdicts deux villages, dans ledict soir de dimanche prochain, le sieur de Vaugré sera libre de rendre ladicte place à mondict seig'. comme dict est, lundy matin ensuivant, après avoir tiré lesdicts vingt coups de canon, auquel matin lundy. Mondict seigneur a accordé audict s** de Vaugré et à tous les capitaines et soldatz et autres qui sont dans ledict chasteau de sortir d'icelluy avec tous leurs bagages, armes et meubles et chevaux qu'ils ont dans ledict chasteau, avec la mèche allumée et tambourin battant; avec asseurance que mondict seigneur les fera conduire à trois lieues d'icy, la part ou bon semblera audict s** de Vaugré en toute seureté, sans qu'il leur soit faict aucun tort ny déplaisir en leurs personnes, honneur et meubles et chevaux, et pour seureté des choses susdictes, mondict seigneur a signé la présente, obligeant à l'entretenement de ce que cy-dessus sa foy et honneur ; et d'aultre costé ledict s*" de Vaugré a baillé à mondit seig' pour ostage les capitaines Duport et Chauveteste. Et en oultre a signé une pareille et semblable capitulation obligeant sa foy et honneur et celle de ses capitaines et soldats d'entretenir inviolablement le contenu cy-dessus.
Faict à Mareuil, ce vendredy xjx juillet 1591.
{Jiihl. nat, f. fr. 3980, f 325.)
On remarquera les termes de cette capitulation : hors du grand et du petit Mareuil où il est présent logé; ce qui prouve que le château n'était point dans l'enceinte du bourg, mais vers la Marne, dans r)lot dont il a é(é précédemment question.
SIÈGE d'ÉPERNAY
tl est peu de villes qui autant qu'Epernay aient eu h souffrir du fléau de la guerre. On se souvient de ses désastres au temps de Gharles-Quint et de François !•'. Toici maintenant les misères de la Ligue. En 1592, après plusieurs collisions sanglantes, elle se trouvait au pouvoir des royalistes, sous Tautorilé de Saint-Etienne, capitaine prouvé, quand c le dimanche xxviii* de juin 1592, la « ville d'Epernay fut rendue à l'Union, estant assiégée par « Messieurs de Rosne et de Saint- Paul avec la force des « gens de Messieurs les princes de Parme, l'espace de c huit jours, où y avoit grande bresche : et y fut mené « les quatre grosses pièces de canon de cette ville de Reims. « Sur quoy en fut composé avec les susdits par monsieur « de Saint-Estienne, qui estoit dedans, avec grand nombre « de gens de guerre pour le parly du Roi de Navarre. — « Ce fait, » ajoute le ligueur Pussot, à qui nous empruntons < cette citation, « ledit Sainct-Estienne rentra à Chaalons, c et non ses gens, où il fut payé de tous ses vols et € meschans faicts, principalement pour avoir rendu c ladite ville^ fut exécuté audit Cbâlons, et comme il « méritoit, tous ses escus et bien confisquez quil avoit t acquis par pillerie et voUerie {{), »
La plupart des pièces qui suivent, sont empruntées au Recueil des Lettres missives de Henri IV, par M. Rerger de Xivrey. Elles ont été reproduites en partie par MM. Aug. Nicaise et Vict. Fiévet, dans leur Histoire de la ville dE-
(1) La passion politique rend aveugle et crédule. Nous ne savons trop quel accueil les royalistes châlonnais firent à Saint-Estienne. Mais la vérité est que nous le voyons peu de jours après reprendre les armes et poursuivre les soldats de Saint-Paul. Nous avons trouvé dans la coUection de Champagne de la Biblioth. nationale, t. la pièce suivante : Quittance d'Edme de Saint-Eatienne, capitaine et gouverneur d'Espemay, de la somme de 80 escus sol. à lui ordonnée PtLr M. d'Inteville, lieutenant-général pour le Roy en Çhafnpagne, «— Fait à Chaalons, le 9 mai i589,
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pernay: mais ces lettres jettent une si grande lunaièresur rhistoire de nos contrées, et par cela même, rentrent si bien dans notre cadre, que nous n'hésitons pas à les rééditer à notre tour, comme complément de notre étude sur la marche de la Ligue en Champagne.
Ceux de nos lecteurs qui no les connaissent pas, nous sauront peut-être gré de cette reproduction.