‹ Histoire de l'Abbaye d'Avenay (volume 2)Chapitre 53 sur 100 · DE NEVERS · texte numérisé non relu

DE NEVERS

16i6, ik novembre, — Madame de Nevers voulant aller à Rheims, pour, disoit-elle, y faire ses couches, M. de la Vieuville, lieutenant du Eioy audit bailliage, luy manda qu'il la supplioit très-humblement de tà'y point venir. Sur cela elle se mit en colère et ne laissa de passer >ntre, et fit dire tant à luy qu'aux habitans de Rheims qu'elle estoit la gouvernante de la province et qu'il n'avoit aucun pouvoir où elle ^toit. Elle estoit en litière et n'avoit que 4 hommes de cheval avec âlle. Estant arrivée à la porte de la ville, M. de la Vieuville, appuyé %UT la barrière, luy fit la révérence, un genou en terre, et lui dit qu'il dut voulu qu'il luy eust cousté un bras et n'avoir point le commandement qu'il avoit de ne pas la laisser entrer, mais qu'il estoit obligé d'obéir aux volontés du Roy. Elle luy respondit qu'il estoit un menteur; laquelle parole elle répéta quatre ou cinq fois et qu'elle savoit bien qu'il n'avoit point ce commandement. A quoy il répliqua un genou en terre, qu'il eut voulu qu'il luy eust cousté un bras et n'estre point obligé de lui refuser la porte : sur quoy elle, luy ayant dit plusieurs paroles très-aigres, enfin elle se retira.

Incontinent après, M. de la Vieuville et les habitans de Rheims en- ^oyent demander un adveu au Roy de ce qu'ils avoient fait, lequel leur fut baillé.

On tient pour certain que M. de Nevers avoit son intelligence si forte dans Rheims, que Mad' de Nevers étoit capable de s'en rendre maîtresse; et mesine un des siens, G. de Th., a dit que les habitans de

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Bçims luyavoient écrit qu'il les vint déliver de la tyrannie de M. j3< Jia Vieuviile.

Après le refus de Rheims, Mad« de Nevers alla à Troyçs ojà çlle fpt receue sa^s crainte à cause que tous les habitans çont trç^-boo^ f^rvUeurs du Roy. De }k eljle alla à Nevers faire ses ciouches. On àU qn% ies habitais de Troy«ft Tav/iieat priée de se retirer, après qu'içfJç «Kt ëemearé plusieiirs jours dius leur viile.

lia déclaration eontre M. de Nevers, 4u 17 janvier 1617, porte qw ladite Dame fit eommandeiMnt au LieBteaant de la vSle de Rheiois «t aux haMtans de se saisir de M. le M^ de. la Vieuvitle.

(Journal histor. et ànecdot. de la cour et de Parie, Ck)NBABT, pet. i.n-4*, t. II, p. 347.)

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