PRISE ET OCCUPATION DU CHATEAU DE SY PAR M. LE DUC DE NEVERS
1616^ 18 novembre. — Il vint nouvelle au Roy que le mardi 15 M. de Nevers avec 100 ou 200 soldats, avoît fait piller la maison de Si, appartenant à M. de la Vieuviile et qu'il menaçoit de la raser. A l'instant mesme on depescha un exempt nommé Barenton à M. de Nevers, avec une letti^e fbrt expresse et fort ferme portant que Sa Majesté veuloit qu'il fit réparer le tort fait k M. de la Vieiviile, jm* qu'à ee qu'il en fust contint : qu*autremeot il le déclarent criminel de lèse^m^^té et que oe baiton aeroit suivi de plusieurs épées. An n^êçie temps on donna aussi chargea M. de Prasljn de partir pour fl^n aller droit à ladite maison, et où estoit M. de Nevers arec la compagnie de la Reine, celle de Monsieur et quelques autres de cavalerie, les régi* mens de Vaubécourt et de Beaumont et les Suysses qni estoient en Champagne. Suivant oe commandement, M. de Praslin et M. de Fosses partirent le lendemain matin. La Reine dit à M. de JPoese^ que quand il lui verrait oouper la gorge, il ne s'y. employast pas avec plus de courage.
Sy est uo^ maison >rte où M. de Sy (La Vieuviile), n'avpit qn*nn receveur, lequel deux hqnjmps de M. 4e Never» ayant fait venir sur le pont, poHr.pajr}er à eux, ils se ^eixlireqt mai^tres 4e la plae^ «t le soir y firent eqcore venir 8 soldats et depuis ^ pu 80, If» leidQOifW et jusques à cent ou six vingts.
Est à rema^qper que la saisie et estabjissiçmeot de coffu^içs^aire ne furent faits par 1^. i|e Nfiv^rs que quatre ou cinq jpnr.8 après la p^ de la maison et lorsqu'il sçutque l'exempt y venoit.
Lorsque l'exempt arriva la première fois à Sy, celn^i qui y estoU ^uy olfrit de luy remettre la maison pourveu qu'il le fist décharger de ce qu'il avoit esté étably commissaire à la g^rde des fruîcts : ce que
Fexempt ne voulant faire, H alla trouver M. de Nevers, lequel luy tint les paroles qui ont tant offensé la reine : lorsque Texempt somma eeluy qui commandoit dans Sy, il menaça les soldats de Les faire pendre etjls jéttérent tous leurs bandoulières.
La deuxième fbis que l'exempt retourna, Sy luy fut remis entièrement entre les mains. Ledit Baraton s'estant troublé l'esprit par l'appréhension qu'il prit des menaces de M. de Nevers, lequel dit qu'il lui feroit couper la langue. On luy bailla des gardes, lesquels ayant oublié de luy oster un petit étuy, il se tua d'un coup de canif dans le cœur, le 23 décembre
23 novembre. — M. de Marillac, lieutenant de la compagnie de gendarmes de Monsieur, envoyé en Champagne, pour revenir en diligence apporter nouvelles si M. de Nevers avoit obey, afin qu'au cas qu'il ne l'eust (kit, le Roy partit en diligence pour aller en personne à Rheims.
M. de Marolles assura la Reine sur sa vie que M. de Nevers n'avoît fait autre chose que de saisir et establir commissaire par les voies de la justice, en la nmîson de M. de la Vieuville, à cause des devoirs sei- ^neorîaux non rendus. ....
24 novembre. — L'exempt des gardes de retour de Champagne, rapporte qu'il avoit trouvé des commissaires établis par justice dans la maison de M. de la Vieuville, avec dix ou douze soldats et un honneste liomme qui leur commandoit pour garder ladite maison, lesquels n'aboient fait aucun désordre, et avoient payé tous les vivres qu'ils avoient pris et lui avoient offert de sortir de la place et de la lui remettre entre les mains puisqu'ils avoient commission du Roy. Que quant à M. de devers, il luy avoit dit toute sorte de bonnes paroles et usé de toute sorte de soumissions pour ce qui concernait la personne et le service 4ln Roy. Mais que quant à la Reyne, le duc avoit dit qu'elle Tavoit traltté luy et les autres Grands, absens de la Cour, ainsi que des esclaves : qu'il estoit hors de sa tyrannie et que d'autres qui y estoient «neore, n'y seroient phis possible dans trois mois : qu'il ne la verroit jamais qu'en peinture, et que si M. de Prasiin alloit à luy avec dix mille hommes, ri iroit au-devant avec vingt mille » Avec plusieurs autres paroles contre la Reine et le maréchal d'Ancre.
J'ay ouy conter à M. Barbin cette affaire. Le 23 mars 1618, qui est que se devant tenir conseil* chez M. le garde des sceaux du Vair, pour cette sthire de Sy, la Reine lui commanda d'y aller, résolu de ne dire
mot. L'affaire ayant été rapportée par M. de , M. le garde des
sceaux dit qu'il estoit d'avis de renvoyer tout au Parlement ; M. de Vîlleroy dit que Taffaire estoit de telle conséquence qu'il estimoit qu'il hi fiiHoit retenir au conseil, d'autant qu'autrement ce seroit laisser op-
primer un gentilhomme qui n'estoit en cette peine que pour avoir sery^P le Roy. M. le président Jeannin dit qu'il falloit distinguer, ea reo— -
yoyant au Parlement, ce qui estoit de la saisie féodale et retenant. ai conseil ce qui estoit de la saisie par armes. M. Mangot fit un lonj discours. Après, l'avis estant demandé à M. Barbin, il dit qa*il li sembloit qu'il falloit remarquer une chose qui n'avoit point été dii qui estoit que la saisie féodale n'avoit esté faite que quatre on cii jours après la prise de la maison ; sur quoy M. du Vair dit : 8i yo pensiez nous porter à vos conseils violens vous vous tromperiez fort.
Voicy comment l'on conte cette affaire dans le monde.
La Reyne ayant assemblé le Conseil, commanda à l'exempt de diia tout ce qui s'étoit passé et tout ce que M. de Nevers lui avoit dit. ^ répondit :
« Madame, vous plaist-il que je die tout ?» — Elle dit oay. ^ après il dit tout ce que dessus (grande imprudence !) Cela fait la Rei: voyant que personne ne disoit mot durant un fort long temps, èl devint rouge, et en se levant, dit :
« Puisqu'il n'y a icy personne qui veuille conseiller le Roy, faudra qu'il se conseille luy-mesme », et aussitôt s'en alla à la fenesi et tourna le dos à la table où ils estoient tous assis. On dit que ineontinent après, elle dit qu'elle ne prendroit jamais conseil de M. le des sceaux, de M. de Villeroy, ni de M. le président Jeannin.
M. de Guise dit le lendemain chez M. de Créquy que cela se ainsy, et que pour luy il n'avoit point de conseil à donner, pour d'avis de ruiner son cousin germain, mais que quand on luy comnoand»-' roit, il obéyroit contre qui que ce fust, fut-ce son père et son grandpère, s'ils estoient au monde.
On tient pour certain que l'exempt ayant dit à la Reyne toutes les paroles dites contre elle par M. de Nevers, lesquelles il n'avoit point mises dans son procès-verbal fait en Champagne, elle luy commanda de faire un autre procès-verbal et de les y mettre.
On dit que le Conseil fut un conseil debout, où personne n'estoit assis, et qu'après que l'exempt eut lu le procès-verbal, la Reyne dit: (( Eh bien, M. le garde des sceaux, dites votre avis! » — A quoi il ne répondit rien. Et que pour la deuxième fois elle lui dit la mesme chose. A quoy il répondit : a Madame, vous vous en conseiHerei avec vos plus particuliers serviteurs. » Sur quoy elle dit en colère : « Guy, ouy, le Roy s'en conseillera avec ses fidèles serviteurs. Et pourquoy pensez-vous donc qu'il vous eut appelé en la charge où vous estes, sinon pour lui donner des conseils ? »
J'ay ouy conter à M. Barbin comme ce conseil se passa : qui est . que la Reyne estant venue^ et ayant dit qu'elle vouloit que le |»ocès«
re
▼erbai fust leu (M. le garde des sceaux avoit dit qu'il n estoit point besoin de le lire). On lut ledit procès* verbal. Après la Reyne dit à M. le garde des sceaux ce qu'il estoit d'avis que Ton fît sur cela? Il se retira un pas en arrière, et ne répondit rien. La Reyne lui dit la mesme chose pour la seconde fois et il ne répondit encore rien, et se retira un autre pas encore en arrière. Et puis la troisième fois, ayant, djèipandé si l'on ne voulait point donner conseil au Roy de ce qu'il falloit faire ? Il ne répondit encore rien. Sur quoy la Reyne se leva rouge et en très-grande colère et dit qu'il n'estoit pas besoin de tenir conseil, puisque Ton ne vouloit pas conseiller le Roy. Tous les conseillers d'Estat d'espée qui estoient présents firent un murmure et dirent tout haut qu'on leur demandast leur avis et qu'ils le diroient.
Le mesme matin, M. Barbin luy ayant dit que la Reyne vouloit que l'on évoquast au Conseil l'afiaire d'entre M. de Nevers et M. le marquis de la Vieuville, il dit que pour ce qui concemoit la mouvance féodale, il ne le pouvoit faire, à cause que cela devoit aller au Parlement. Sur quoy M. Barbin luy répondit : « Il faut tout évoquer, Monsieur, car la Reyne le* veut. » Il répliqua : « Il faut ! Vous ne me devez point parler par il faut. Je scay bien ce qu'il faut, et vous ne serez pas mal si vous rendez aussi bon compte de votre charge que je feray de la mienne. » — M. Barbin répondit : a Vous me querellez dans vostre maison ! A Dieu ! »
La vérité est qu'au Conseil des affaires d'Estat, tenu ledit matin chez M. le g^rde des sceaux, le 4)rocès-verbal touchant l'afTaire de M. de Nevers ayant été leu, comme ce fut aux opinions M. le président Jeannih fut d'avis de renvoyer au Parlement et comme M. Mangot alloit opiner, M. Barbin prit la parole et dit : « Il ne faut pas juger de cette affaire comme d'une affaire de particulier à particulier, mais comme l'affaire du Roy. Estant facile à recognoistre que c'est le Roy quy y est offensé plus que M. de la Vieuville, premièrement en ce que cette prise de maison a esté faite par 50 soldats, lesquels se sont saisis du chasteau 6 ou 12 heures avant que l'on eust estably aucun commissaire par justice. En second lieu cette prise a esté faite incontinent après le refus fait à Madame de Nevers par M. de la V^uville, et en troisième lieu M. de Nevers a pris sujet de saisir ladite maison sur la félonie qu'il prétend avoir été commise contre luy par M. de la Vieuville, au refus qu'il avoit fait à Madame de Nevers. » M. Barbin ayant dit cela, M. le garde des sceaux prit la parole et dit : « Je ne veux pas en suivant vos conseils violens estre ministre d'iniquité. Il faut faire venir de Messieurs du Parlement qui soient capables de juger de cette affaire. » M. Barbin répliqua : a Monsieur, je suis très jiomme de bien, et parler de conseils violens, c'est toucher le Roy
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et la Reine. Vous me querellez en vostre maison; adieu, Monr sieur !
{Bibl, de VAraenal, CONRART, pet. in-4», t. IV, p. 249.)
C'est à la suite de ces pourparlers et contredits si passionnés de part et d*autre, que le Roi intervenant et tàisant un instant taire sa haine contre Goncini, déclarait te duc de Nevers et tous ceux qui Tavaient assisté, dédius de tous honneurs, dignités, offices, pouvoirs, gouverne* ments et pensions, et tenus pour crinûnels de lëze-majesté. Mais, à quelques jours de cette déclaration, la mort tragique du maréchal d* Ancre mettait fin à la disgrâce du due, qui, le 4 mai 1617, prenant sa part de la réconcibation des princes, était réhabilité dans tous ses droits.
f6i5. Cession du buron de Bollandre de tout ce quHÎ possédùit à Suippe. — Une autre lettre en papier, passée devant les mêmes fUH taires, aux jour et an que dessus, par laquelle ledit baron de BoHandre fit cession à ladite Dame de Beauvilliers, abbesse, de tom les droiofs, actions et raisons, qu'il prétendoit contre Laurent de Btr, demeurant audit molin dit de la Charme.
Î6t8. Bois à Louvois. — Vente par madame de Bea^vilHers de la tonsure des bois, taillis, mouvans de la terre et baronaie de LoufH> vois, et éUins en la garde-justice, gruerie et grairie de ladite terre, communément appelée le bois d'Avenay, tenant d'une part la totalité au bois de Francourt. d'autre au seigneur baron de Loupvois, d'un bout et d*autre au seigneur auquel appartient à cause dudit droict; raulre nnoitié de ladite rouppe, pour en faire partage par lesdïts achepteurs à rencontre dudit seigneur, duquel lesdits achepteurs forent tonus prendre permission et faire le partage à leurs fnds et despens, pour parvenir à ladite couppe et jouissance. Par h mesme contraot ftit aussy vendu auadits achepteurs la couppe et tsasnre dhue autre pièce du bois taillis, size en ladite terre et seigneurie, èe lieuM W Ligneux, pour ieeUuy coupper comme étant es fune alleu. Bl un et laulre desdits b«is coup|)er selon les ordonnaMes royaux, laisBant ft c4iaqut arpent aeôe bai !li veaux du cru du boit, avec les anôens, nodernos et arbres fruietiers. I^ première venditioa incle Mt prix et mille Uvres» la seconde de cinq cent Kvns, payables à la Saint* Martin de Tannée dudict contracta qui fut miUe six eeat dix hait
1620. Moulin d'Aven^y. -^ Seoteqce en papier dooDée en la iustitB 4'AveAay )e 26' mu»t 1620, ooiUre Jean Le&pine, pour avoir vouIq troubler h droact de banoalilé du moulin des Davaes religieuses.
f670. Tofidue du bois de Ligneux. — Sentence des requestes touchant la saisie faicte des susdits cinq cent livres provenant de la vente dudit bois de Ligneux par le seigneur baron de Loupvois, disant qu'k hiy appartenoit moitié dudit argent. Laquelle sentence donna mainlevée aux Dames religieuses, moyennant caution pour ladite moitié, qu'elles donneroient devant le bailly d'Espernay, juçques à tadéfînition du différend survenu entre lesdites parties. Injonction fhicte à un sergent royal de mettre en exécution ladite sentence selpn sa fbrme et teneur, laquelle exécution dudict sergent est attachée à ladite sentence, comme aussy la réception de ladite caution, présentée par lesëictes Dames, en la personne de maître Pierre Baillet^ habitant d'Espemay.
i6^i. DroU des Z>am«4 d'Avenay au bais d'Epernay en la mont^gfte dje Reims, -^ SeptoAce interlocutoire du Bailliage d'E»p«rnay fi^clmt r^piartissemAot du copite Thibault, en Tannée miUe deui( cent irente six, au mois de juillet, eonUrpsIée par des opposans, qui disoient ne rien valoir aux Dames religieuses pour le droict qu'elles prétendoient au bois d'Espernay, en la montagne de Reims ; par la* qvu^lje sentence donnée l'an mille six cent vingt et u)i, furent lesdits opposans obligés «envers lesdites Dames deffenderesses, leur donner, fournir et parfournir leurs causes et raisons d'opposition pour y ètro par icelles respondu, et justifier leur dit droict.
Voici la description que fait M. fi. Mena des vignettes qui ornent U Praiicque spirituelle, imprimée à Àvenay sous les yeux de Madame de Beauvilliers, en 16^2, par Jean Charpentier.
I. — Titre : BuT un élégant péristyle occupé an centre par le titre de l'ouvrage, on voit le Christ tenant de la main gauche le globe du monde appuyé sur son cœur, heurter à la porte de «m épouse mys- Uque qui l'atteiod. Au fond, lever du soleil dans la campagne. On lit au bas de la ^cène : Vox dileçti tnei pulsantis. Aperi miJii soror men cQlmmba mea. Cant. 5.
Au-dessous, à gauche, s$\inte]Qerthe est agenouiUée, les mains jointes. J^ lace du pilastre pcurte gravé : Eoce ^ongavi fugi^ns ei marm in seMtvdine. P. 5^, A droite, la Vierge agenouillée montre §Qn ooe^ir Oi^vePt. On Ut sur le socle du pilastre : In meditafione Tmta exardesi-^ çf^i igrm. PI ^B, ^t plu# bas î H. Piq^H. Iwi4it,
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II. — Horloge spirituelle formée par an cadran placé dans on carré, aux angles ornés de fleurs. Le centre du cadran on plutôt des rayons indiquant les heures est occupé par un médaillon rond. L'artiste a retracé dans ce petit espace Penfant divin balayant la maison du charpentier. L'emblème est expliqué par douze lignes latines, gravées au burin, au-dessus et au-dessous du sujet (page 67).
m. — La Confession. — Figurée par une femme agenouillée : l*âme pénitente, cheveux flottants et mains enchaînées, avoue ses fautes è Jésus-Christ qui montre, de la main gauche son cœur percé d*UQ glaive et tient de la droite une banderolle sur laquelle on lit : Vul* neratus suum propter te fecisti mala et potuisti... Une banderoUe, aussi chargée d'inscriptions, sort de la bouche de l'ange placé entre le Christ et l'âme pénitente dont les vêtements comme les divers attributs religieux, les chandeliers, les colonnes et les murailles delà chambre sont surchargés de sentences latines. On lit au bas de la planche, à droite : //. Picart fecit. (page 146.) .
IV. — La Communion. — Debout, tournant le dos à l'autel ebargé de flambeaux, de livres ouverts et du calice, le prêtre présente à la communiante, agenouillée à gauche, l'hostie consacrée d'où surgit, au milieu des langues de feu, le Christ enfiaint tenant la croix. Au bas, sous la robe du diacre assistant, à droite, on lit : H. Picart sculpsit (page 200).
V. — € Le sacré mariage du verbe et de Vâme. » — Personnifiée par une femme richement vêtue, la tête couronnée et les mains jointes, l'âme reçoit la bénédiction nuptiale du Christ, coiffé d'une tiare. Dieu le Père, entouré d'anges, préside, au centre d'un nuage ouvert, à ce mariage mystique. Des légendes latines se lisent sur les vêtements du Christ, de 1 âme et du petit ange placé entre eux. L'artiste a signé sous les pieds de l'âme : H. Picart fecit (page 340).
VI. — Sacrifice d'holocauste. — Saint Benoît, marchant sur une rivière, soutient de la main gauche un religieux porteur d'une aiguière qu'il tient de la main droite au-dessus de l'eau où il est enfoncé à micorps. Un autre religieux, debout dans l'ermitage qui couronne le rocher, placé au second plan, contemple la scène d'obéissance. Au bas de la planche, à droite, on lit : H. Picart incidit (page 372).
Vn. — Nativité, — La Vierge et saint Joseph adorent le Christ enfant endormi dans un berceau. Chargée d'inscriptions tirées des psaumes, la planche porte au bas : H. Picart fe. (page 384).
VIII. — Récompense de l'âme religieuse, — Dans une salle richement tapissée, le Christ, placé sur un trône, ayant à ses côtés la Vierge et saint Joseph, est entouré des Chérubins et des Hiérarchies évangéliques. Deux anges planent dans les airs porteurs d'un coflRre sur lequel on lit : Thésaurus passionis. Soulevée par saint Benoît qui lui présente une croix en disant : Abnega te ipsam et toile ann
At»PËNDtôe â88
cent tuant et par sainte Berthe s'écriant : Sequere me, Tâme relig'euse agenouillée écoute ces paroles de la Vierge : Veni coronaberis et répond : Quis mihi d«l ut inveniat illum et deosculer. Elle tient à la main un papier rappelant les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissanc8 qu'elle présente au Christ. Cette planche manque dans l'exemplaire du livre qui nous occupe. Elle paraît, d'après l'analyse donnée à la page 400, chargée d'inscriptions et de sentences mystiques.
IX. — Trinité, — Sur les bords d'une rivière, et non loin du vallon où s'élève le monastère, sainte Berthe dirigée à gauche, agenouillée, les mains jointes, adore la Trinité figurée au-dessus et dans les nues. Dieu le Père sous la figure d*un vénérable vieillard vêtu pontificalement est nimbé, et occupe le centre du groupa. Le Christ, assis à la droite du Père, porte sa croix. Le Saint-Esprit, à gauche, tient la colombe nimbée, et tous trois posent la main sur le triangle, emblème de la Trinité, que tient Dieu le Père entre ses genoux. C'est un des rares exemples de la représentation de la sainte Trinité sous la forme humaine. On lit au bas de la planche : H. Picart incidit (p. 432).
X. — Temple de la religion. — L'âme errante agenouillée à l'entrée d'un temple rond, à deux étages, prie devant la porte, surmontée d'un fronton triangulaire, emblème de la Trinité, six colombes, tenant des banderoUes avec devises, vol igent dans le ciel. Au bas de la planche on lit : H. Picart incidit (page 440).
XIL — Adoration, — L'âme religieuse, agenouillée entre sainte Berthe et saint Benoît, présente à Jésus-Christ une banderolle chargée d'inscriptions. Assis sur un trône, le Christ tient une petite croix de la main droite et de la gauche un livre fermé. A droite, sur les dalles du sol, on lit : H. Picart incidit (page 452).
XII. — Cœur de Jésus. — Assis au milieu de son cœur ouvert et auréolé, le Christ sommeille la tête appuyée sur la main gauche, tenant de la droite le globe, personnification de l'Humanité. On lit au bas de la planche chargée d'inscriptions emblématiques : H. Picart, fe, (page 518).
XIII. — Epiphanie. — La Vierge, assise à droite, tient sur ses ^ genoux le Christ enfant auquel les trois rois Mages présentent l'or,
l'encens et la myrrhe. Des inscriptions nombreuses expliquent ce pieux sujet signé au bas : H. Picart fe. (page 534).
XIV. — Purification. — Agenouillée sur les marches^ du Temple, la Vierge confie l'Enfant divin à sjint Joseph et parle au grand prêtre Siméon. Près d'elle un serviteur tient un panier où s'agitent deux colombes. On lit au bas de la planche, à droite : H. Picart fecit (page 540).
XV. — Sainte Famille^ — Pour le jour de saint Joseph. -^ Debout sur les genoux de la Vierge assise devant une treille chargée de pampres et de raisins, le Christ enfant, la main droite levée, montre le
â86 ABBATff vf^Mm^kY
Ciel k saint Josepk Aa bas, àdrofite, cm Ht : H. Pica)4 atml^M^ (pflge
XVI. — Assomption. -^ D0b#at au centre (fitn ntoagé; MaTie, entourée d^snges, s'élève vers les deux. Sur k papoi du tMÉbeBtfvkle, sitsé au milieu de la cam^^gne de Jérusalem-, otiilit : If. Picà»téèUlp8U (page 5S2>.
XVII. — Béswirection. ^ Debout dansunmiag^, teiMtttdéill|:fmto gaiidie rétendard des croisés, le Rédempteur s'élève- triomphant éto la mort. Au-dessous, les gardes terrifiés prennent la faite. A gàticbe^ derrière la grotte sépvlorale, on aper(^oit les tre» saintes feOMÉMS et, plus bas, à droite, on lit : H. IHcsrt fêa. (page 644)»
TouteB ces petites planches, d'une grandeur presque nnlfénntt', portent généralement 0,123 mill. de hauteur sur 0^069 mill. de largeor et, sauf le titre et l'horloge spirituelle, sont placées a» terM> en ragavd de leurs descriptions mystiques.
PtUBUfti! DE Saikt-Josbph. — 21 juin ±623, -^Bsitpeir Madame de Bêatmilliera^ au profit du prieuré de SxintKÏoaeph, à NicQltL» Hémartf d'Ay, de 3 arpent ±2 boisseaux de présen Ia praàrie d'Af venay,
f juin 1623. — Comparut en personne révérende et puissante Dame Madame Françoise de Beauvilliers, Dame fondatWce du Prieuré dts Saitit-J{«eph de Ghaaions et Dame et Abbesse de l'église Saint- Pierre d'Avenay, laquelle en ladite qualité de ibndatrice et pour le dit Prieuré a recogneru avoir baillé et délaissé et par ces présentes baîller et délaisse à titre de loyer et prix d'argent à Nicolas Hémart, vigneron, bourgeois d-Ay, à ce présent, preneur audit titre, trois arpens, douze boisseaux de prez assis en la prairie dudit Ay, liefudif la Grande- Chapellerie, tenant d'une part à pour en jonir paf ledit'
preneur le temps, terme et espace dé trois années contimielfe et
Tune l'autre qui commenceront aux moissons de la' prësedt»
année et finitront à pareil temps : lea-ditestrois années et trois dépouilles finies et efxpirées. Le présent bail faiét moyennant la somme de vingt sept livres tournois par chacun an, qae ledit prenenr sera tenu et a
promis payer à Madame la Prieune abbesse ,
reoepveur ou au porteur au jour de feste sainct Martin' d'hiver prochain venant, et en^ continuant d'an en an, jusques en fin" du troisième et dernier payement : à charge defttucher par ledit preneur par- chacmi' an les prés à faux courant : et en fin d^sdites^ années les rendre en* bon estât et matière de prés. — Promettant ladite Dame abbesse 90ubz le vœu de religi m et obligation des biens temporels dudit prieuré faire jouir ledit preneur payer et satisfoire à ce que dessus, sur peiner et obligeant corps et biens, etc. Faiot et passé audit Avenay au pai^
tolr. d» lédUe éame Âbbene te vingt4inriie8me jour (le juin I^ mil ai» MBts'^ftgt-tPOi». Et a taélte Dame et ledH preneur signé.
Ainsi signé : De BeauvilKer» abb. d'Avenay ; Nicolas Hemart et CftlHét.
ra^TRÉB EN RELIGION DE NIGOLB OAILLET. -r i623.
Comparurent en personnes Révérende et puissante Dame Madame l^rançoise de Beauvillers, Dame et Abbesse de l'flgiise et abbaye Saint- Pierre d'Avenay. v
Sœurs Louyse de Noirfonteyne, prieure ; Ëmonne de la Chaussée, sous-priéure ; Simonne Josseteau ; Charlotte de G and ; Claude Domballe; Marie de Baudier; Marie Vathier; Catherine de Sainct Biaise; Edme Degand; Marie Cauchon; Catherine de Sablon; Appolline Mimy; Charlotte Dubiez; Anthoinette de Vraux; Catherine de
Joyeuse; Anne de Reumon; Catherine de ; Françoise de
Crécy; Catherine de Baradat; Louyse de la Berguerye; Louyse de Bar; Elisabeth Ougnon; Johanne Cooquebert; Agnès Dompmartin; Elisabeth Martinet;
Toutes religieuses professes d'icelle abbaye faisant et composant la plus grande et saine partie dudit monastère, congrégées et assemblées au parloir de ladite abbaye d'une part,
Et honorable homme M'* Pierre Caillet, mayeur en la justice dudit Avenay,. y demeurant et damoiselle Nicole Marlot, sa femme de luy lîcentiée et hautorizée quant à de ce, d'autre part.
Bisans lesdictes parties, scavoir, ledict Caillet que lui étant apparu comme encore il lui apparoisse que la proposition ferme résolu*tion et fervente affection que Nicole Caillet, sa fille, a. de vivre et mourir en Testât et degré de religion et vie contemplative aU: service de Dieu, sainte Eglise apostolique et romaine, au mespris, contemnemeut des vanités du monde et à en estre inspirée d'une ardeur, zèle et désir, il avoit requis^ supplié à ceste fia ieelies Dame abbesse religieuses converses vouloir recepvoir ladite Nicole Caillet, fille novisse en ladite abbqye, lui bailler Thabit de Tordre de leur religion selon la règle ide* ladite abbaye. De quoi icelles Dames seroient volontairement cende&cendu. Suivant ce, seroient lesdictes parties demeurées d'accord que ladite Nicole seroit reçue, et promis lesdites Dames abbesse et reUgieuses la recepvoir en icelle abbaye, et promis lui bailler Thabit de Tordre de eur religion le jour<le demain. Pour après le temps de sa probation faire par ladiote Nicole vœu de vivre et mourir audit estât de religion. Et moyennant ce, et affin que ladite Nicole ne soit du tout en charge audit couvent, lesdits Caillet^ dameMarlot, ses père et mère ont promis et par ces présentes promettent payer et continuer audit couvent la somme dS'quatr&'vingt livre» de renfe et pension via^
âÔ8 ABBAYE D*AVENAV
gère qui a commeacé à courir du vingt-uniesme jour de mai de l'an mil six cent vingt-un et à continuer jusqu'au décès de ladite Nicole, après lequel décès demeurera ladite rente et pension esteinte et les bie.is dudit Gaillet deschargez, à prendre et percepvoir ladicte rente par chascun an aud. vingt-uniesme jour de mai, en et sur une maison et accin consistant en chambre, cuisine, etfourny par bas, trois chambres hautes et estude, grenier dessus, cave, cellier, grange, estable et jardin, le lieu comme il se comporte assis audit Avenay, lieudit la me des Forges, tenant d'une part à M' Symon C9muset, d'autre aux héritiers Charles Yvernel ; d'un bout par hault à ladite rue, d'autre bout
par bas à une ruelle Plus sur une autre maison consistant en coi-
sine, ouvroir par bas, chambre haulte, grenier dessus, couverte de thuille, assise audit Avenay, lieudit la rue de la Halle, tenant d'une part et d'un bout auxdites Dames, d'autre part à Jehan Malo et d'autre bout par devant à ladite halle — et générallement sur tous et chacuns les autres biens meubles et immeubles audit Caillet appartenant, sans que la générale obligation descharge à la spéciale ny la spéciale à la générale. Lesquels pour ce, lie, oblige, affecte et hypothèque au payement cours et continuation de ladite rente et pension viagère. Et a esté accordé que ou ladite Nicole fust par autoricté et permission de ses prélats, supérieurs, transférée en autre monastère, en ce cas ladite rente et pension la suivra. Si comme, etc. Dont etc. Promettant lesdites Dames abbesse et religieuses, soubs le vœu de religion et obligation des biens temporels de ladite abbaye, tenir, entretenir ces présentes et ledit s' Caillet et sa femme à leur esgard satisfaire à ces présentes sur peine et obligation l'un pour l'autre et chascun d'eux seul pour le tout, sans division ni discorde, renonçant au bénéfice de division, etc. — Faict et passé audit Avenay, an parloir de ladite abbaye le huitiesme jour de febvrier, l'an mil six cens vingt trois et ont lesdites Dames et Caillet signé.