MADAME AÉLIS OU AKLIDIS
terre commode et suffisant. De l'année 1225 à 1240, nous avons une douzaine de chartes établissant les droits de Tabbaye sur diverses maisons, jardins et dépendances, sises au quartier Saint- Symphorien de Reims. Nous citerons notamment une belle charte de l'archevêque Henri de Brayne, de 1234, par laquelle Regnault de Warmeri ville, prêtre chanoine d'Âvenay, fait don à Madame Âélis et à son abbaye de l'héritage de Henri de Woncq sis près l'église Saint-Symphorien, non loin de la maison du prieur de Novi une autre lettre par laquelle Raoul Violart vend sa part sur deux maisons de la rue Darnetal. Une autre de Messire Godefroy, écolâtre, qui, chargé de procuration des religieux de Saint- Pierre de Châlons, échange avec Madame d'Avenay leur maison, size au trou Saint-Symphorien, contre une autre que Tabbaye possédait rue Montoison. De ces diverses acquisitions, se forma la rue dite encore aujourd'hui rue d'Avenay. « C'est là, dit M. Tarbé, qu'aux temps de troubles se réfugiaient les dames de la riche abbaye d'Avenay. » ^ A Suippes, en 1226, Madame Aélis obtenait de Baudoin, chevalier, seigneur d'Autrey, l'abandon de ses prétentions sur le guidage (i) des habitants que de son propre aveu il s'était induement arrogé : « quod abhominibus de Soippia^ quisimt monasierii de Aveiiaio... eœtorqicebam. »
A Mareuil, la même année, Guillaume de Fraville permet à son frère Eliot de vendre à l'abbaye tout ce qu'il possédait en ce terroir, juœtà Ave^ naium. Mais^ puisque nous sommes à Mareuil, citons
(1) Nous supposonfl quUl s^agit ici d*un droit prëleytf sur les permis de voyager, ou passeports.
il4 ABBAYE D*AVEXAY
detrx autres actes importantfs et de nature difiSrenta. Par une charte de notre abbesse, dont nous possédons l'original et que reproduit le cartulaire, madame Aélidis, Aelidis Dei permissione de Ave* naio humilis abbaiissay atteste qu'en sa présence Guyot de Florigny, chevalier, a vendu à Enguerand, hérault d'Âvenay, avec toute garantie» six pièces de terre, la 1'* sise en Champ-Bernard ; la 2* à la Croix-Demoiselle-Mathilde ; la 3^ en Soranges; la 4* en la Voie-Saint- Hilaire, la 5* à la Crayère, et la 6* au Gué-Thomas, aux terroirs de Mareuil et d'Avenay. — Lesquelles pièces passeront bientôt au domaine de l'abbaye.
Le Trésor des Chartes nous fournit une charte d'un autre genre, que nous ne pouvons omettre, bien qu'elle ne touche point aux affaires de l'abbaye, mais qui est d'un grand intérêt pour Mareuil. Elle est d'Eustache de Conflans, âls puiné d'Eustache de Conflans et d'Helvide de Touroîte, seigneur d'Estoges et de Mareuil, de l'illustre maison de Brienne et tige des seigneurs de Mareuil. Par cette lettre, Eus tache reconnaît que sa maison de Mareuil, qu'il a fait entourer de murs, ne pourra être convertie en forteresse qu'avec l'expresse autorisation de Thibault, comte de Champagne : promisit ut nichil de cetera in eadem doino quod a forte* ritiam pertinet^ usque ejus mandata et speciali licentia sit facturus. Cette belle charte, munie du sceau d'Eustache de Conflans, cire blanche et double queue, est conservée au musée des Archives nationales.
A Chouilly, Thiery de Voucies (Vouzy, du canton de Vertus) reconnaît avoir vendu à l'église