‹ Histoire de l'Abbaye d'AvenayChapitre 21 sur 42 · MADAME NICOLE DE CRAON · texte numérisé non relu

MADAME NICOLE DE CRAON

petit pont de la largeur de trois ou quatre pieds et non plus, en sorte que les bestiaux n'y pussent passer ; qu'ils seraient en outre tenus de replanter des saules tout le long desdits fossés sans qu'ils pussent prétendre à la tonsure desdits saules, exclusivement réservée auxdites Dames, comme usufruit du fonds qui leur appartenait ; et, comme ils avaient jeté beaucoup de décombres dans la rivière de ladite seigneurie, ils demeuraient obligés de la vider semblablement, et de n'en point à l'avenir interrompre le cours ; le tout à leurs frais et sous l'obligation de tous leurs biens communs et particuliers.

Reims et Ay, Î415, 16 janvier. — Aux assises d'Épernay, le 16 janvier 1415, les Dames abbesse et religieuses d'Avenay avaient ajourné l'abbé et les religieux de Saint-Denis de Reims comme leur devant une queue de vin du vinage d'Ay, à prendre au jour de la Saint-Martin d'hyver, en fournissant les tonneaux pour le recevoir. Ce que contestaient lesdits religieux. Sur production des titres des Dames d'Avenay, le bailly de M. le duc d'Orléans, en ses terres de Champagne, condamne les abbés et religieux de Saint-Denis à payer la queue de vin réclamée et toutes les redevances du passé, mais le tout sans dépens.

Tonsure cléricale. — Jean^ fils d'Adenet François et de Jeannette, sa femme, avait pris la tonsure de clerc sans le consentement de l'abbesse et des religieuses dont il était serf ou homme de corps. La simple tonsure ne conférait aucun degré dans la hiérarchie ecclésiastique, msCis c'était un acheminement, une preuve qu'on enten-

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dait sç préparer aux saints ordres. Pour être apte à la tonsure^ il suffisait d'avoir été confirmé, de savoir lire et écrire, et d*étre instruit des principaux articles de foi. La simple tonsure rendait seulement capable des petits emplois rétribués de réglise. Il semble toutefois qu'avant de l'accorder^ l'évoque, qui seul la pouvait donner, devait s'assurer de la condition libre du postulant. Quoi qu'il en soit, les Dames d'Avenay virent dans cet acte du supérieur ecclésiastique une atteinte à leurs droits, et, en vertu de lettres royales qu'elles sollicitèrent et obtinrent, elles citèrent le tonsuré devant le bailly de Vitry, séant à Châtillon-sur-Marne. Jean n'osa comparaître, mais, s'avouant homme de corps de l'abbaye, il supplia les Dames religieuses de lui faire grâce, reconnaissant qu'il n'avait pu sans leur congé solliciter ni recevoir la tonsure, ni jouir des droits qu'elle confère. L'acte est du 24 août 1428.

Guillaume de Damery. — Parmi les bienfaiteurs les plus généreux de l'abbaye, il faut placer M* Guillaume de Damery , personnage riche et fort important de l'époque. Il avait une sœur et une nièce religieuses au monastère d'Avenay. Après une vie assez mondaine, puisque nous lui voyons un fils naturel, il se rapprocha de l'Église, prit les ordres et devint chanoine de l'abbaye ; l'étude qu'il avait faite de la jurisprudence le mit en crédit près de Madame de Craon, qui aimait à le consulter en toutes choses et notamment dans les affaires litigieuses de sa maison. Messire Guillaume, qui sans doute possédait une grande fortune, éprouva le besoin d'en laisser après lui une partie à l'abbaye où plusieurs personnes de

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