‹ Histoire de l'Abbaye d'AvenayChapitre 27 sur 42 · MADAME MARGUBRITB DE LA DIEPPE · texte numérisé non relu

MADAME MARGUBRITB DE LA DIEPPE

instaurattonis monasterii perfeoit, Obiity majore chori parte œdificatay xvii cal. aug. anno 1538.

Bien que nous n'ayons trouvé aucun acte régulier, authentique, attestant les travaux de restauration que nécessitait à cette époque-ci l'état de l'église abbatiale, nous n'avons pas cependant cette seule mention du Gallia pour savoir qu'au temps de Madame de la Dieppe, cet édifice si libéralement reconstruit au xii* siècle par Madame Hélisende, menaçait •de s*effondrer> surtout dans la partie du chœur, Qt c'est à rétablir de fond en comble cette partie de l'église que madame de la Dieppe mit tous ses soins. Dans le procès-verbal d'expertise que nous publierons plus loin, sous l'abbatiat de Madame de Linange (année 1568), nous trouvons ces mots qui confirment complètement le dire du Gallia Christiana : « Primo j le chœur d'icelle église faict depuis quarante ans... »

Mais aux courtes mentions du Gallia Christiana, nous ajouterons, selon notre usage, l'analyse de quelques actes que nous fournissent les archives de r<abbaye.

Le premier, de l'année 1535, est une sentence contre un particulier de Suippes, pays toujours disposé à entrer en lutte avec l'autorité abbatiale.

Noël Garlois, de Suippes, avait essayé de troubler les Dames d'Avenay dans leur droit de haute, moyenne et basse justice en la ville de Suippes. Sentence du lieutenant général d'Epernay qui le condamne à l'amende envers lesdites Dames, et lui fait défense expresse de jamais oser renouveler un tel trouble : à quoi ledit Garlois obtempéra, dit notre extrait, promettant tout respect et obéissance

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et de payer sans délai la taxe de l'amende prononcée contre lui.

AvENAY, 4 janvier 1536. — Dans l'acte qui suit, Madame de la Dieppe parait en personne dans une acquisition de terrains destinés à l'agrandissement de Tabbaye.

Alardin Fosse et Gérarde sa femme vendent, sous le scel de la prévosté d*Epernay> à Madame Marguerite de la Dieppe, abbesse, acquérant pour elle et £Our son couvent, une maison, jardin et appentis, appartenances et dépendances, sis au bourg d'Avenay, en la rue de Dessus-le-Mur, autrement dite la Lombardie, tenant d'un bout aux maison et cour de Tabbaye, appelée le Jardinet^ de l'autre à ladite rue ; d'autre bout au cimetière de la paroisse et à une maison appartenant à M^" les chanoines, tenue et occupée par par un nommé Gérardin Baudier. Ladite vente faite au prix et somme de cent sept livres cinq sols.

Puis vient un extrait de la Chambre des comptes qui nous fait connaître l'importance des bois que possédait l'abbaye, tant au terroir d'Avenay qu'en la montagne de Reims. Cet extrait porte que l'abbaye d'Avenay possède sept vingt arpens de bois d'une part, et treize vingt de l'autre, ensemble 400 arpens. Cet extrait est précédé de cette curieuse supplique que Madame de la Dieppe adresse à la cour.

A nos Seigneurs des Comptes.

€ Supplient humblement les religieuses, abbesse et couvent de Sainct-Pierre de Avenay, de l'ordre Sainct-Benoist, diocèse de Reims,

€ Comme ladite abbaye soit fondée de grant an-

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cienneté, par les roys de France et les comtes de Champagne qui l'ont douée de certains domaines et héritaiges situez et assis en la seigneurie d'Espernay et es montaignes de Reims^ à la charge de prier Dieu continuellement pour lesdits fondateurs, ce que lesdites suppliantes font jour et nuit : laquelle abbaye et religion de Saint-Pierre de Avenay a esté réduite à bonne et saincte reformations puys douze ou quinze ans ençà; auparavant laquelle réformation les Chartres, lettres, tiltres et enseignemens d*icelle abbaye et église auroient esté perdus et adirez (déchirés) : et soubs umbre de ce, plusieurs personnes leurs voisins s'efforcent chascun jour et de fait prennent et usurpent sur elles leurs dites terres, boys, domaines et héritaiges, en defiraudant l'intention desdits fondateurs et au grant préjudice et dommaiges d'icelles suppliantes ; — ce considéré, il vous plaise ordonner extraict estre faict de la pancarte de ladite seigneurie de Ëspernay et des mo n« taignes de Reims des articles concernants les terres, boys, héritaiges et domaines appartenant auxdites suppliantes à cause de leur dite fondation, dotacion et augmentation et icelluy extraict leur estre baillé pour la conservation de leurs dits droits. Et vous ferez bien. »

Voici maintenant l'extrait :

Extraict faict en là Chambre des Comptes du Roy nostre sire, à Paris, de l'ordonnance de nos seigneurs d'icelle, escripte en la marge d'en hault de la requeste cy dessus transcripte, d'aulcuns articles contenus et escripts en un ancien registre couvert de cuir blanc et estant en ung grant coffre de l'une des chambres particulières de la Chambre

âfiS ABBAYE d'AVENAV

desdits comptes, nommée la chambre de Champagne, intitulée sur la couverture : Assietia fada in Bailliva Cadomi, de somma vi"^ L. ts. — Commençant sur le premier feuillet d'icelle : « c'est la prise et assiette de im"^ 1. , de terre pour madame la Royne de France : » au quel reg" au viii* feuillet d'icelle entre les parties du domaine de la chastellenie d'Espernaj ou chapitre intitulé Boys en gravie après plusieurs articles, et le dernier dudit chapitre est escript ce qui ensuit :

€ L'abbesse d'Avenay environ vii^^ arpens. » Item au dit reg'* au même feuillet, entre les parties de boys en gravie, es montaignes de Reims, au chapitre intitulé Gravie de la montaigne de Reims est escript le premier article dudit chapitre qui ensuit :

a L'église d'Âvenay tient es lieux que Ton dit Montullé, Vausserain, boys de Raray, le boys de Hanermer (peut-être ce que nous appelons aujourd'hui le bois de VA7^mée)y\^ bois du Perchier, environ xm" arpens.

Voici l'épitaphe que nous fournit le Monasticum benedictinum de Madame de la Dieppe, dont nous avons trouvé si peu de chose à dire :

EPITAPHE

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