‹ Histoire de l'Abbaye d'AvenayChapitre 7 sur 42 · MADAME HÉLI6ENDE · texte numérisé non relu

MADAME HÉLI6ENDE

tarer les bestiaux^ mais encore d'y couper le bois nécessaire au chauffage et aux besoins de Tabbaye.

Le cartulaire d'Ayenay nous fournit, pour cette même année 1189> un acte d*une autre nature. Le Gallia Christiana en donne l'analyse en ces termes : Transegit etiam (Helisenda) anno 1189, coram Guillelmo archiepiscopo super injuriis sibi et monasterio suo illatis à Waliero de Castellione oui invitis monialibus munitiones apud Suppiam construœerat. On voit qu'en fait d'injures causées à l'abbesse et à ses religieuses, il s'agissait d'une maison à Suippes que, peu de temps avant de mourir, Gaucher de Chastillon avait jugé à propos de fortifier en regard du domaine de l'abbaye et en quelque sorte sous les yeux des religieuses. La charte est importante et nous en reproduisons les principaux passages.

€ Il est de notre devoir, dit en préambule l'archevêque Guillaume, de garantir et sauvegarder avec une sollicitude paternelle les contrats passés entre personnes ecclésiastiques ou laïques , lorsqu'ils ont été revêtus des formes et de l'autorisation nécessaires, afin que dans la suite ils ne puissent être altérés ou faussés par le mauvais vouloir des méchants. Sachez donc qu'après que notre chère fille en Jésus^Christ l'abbesse Hélisende et le chapitre d'Avenay eussent plusieurs fois cité par-devant nous Helwide, veuve de Gaulcher de Chastillon de bonne mémoire , à propos des torts et dommages causés à leur Église par ledit Gaulcher, il a été, grâce à notre intervention et à nos instances, conclu entre eux l'accord suivant. Ladite Helwige et ses fils ont assigné à l'Église d'Avenay sept livres

de revenu annuel , moyennant quoi les religieuses se sont engagées à dire tous les jours, à perpétuité, une messe pour Tâme dudit Gaulcher et pour cel'es de tous les fidèles défunts. Ils ont, en outre, assigné à ladite église vingt sols de rente pour le cens d'une place à Suippes, sur laquelle ledit Gaulcher avait construit un fort, contre la volonté desdites religieuses, invitis monialibtcs munitiones apud Suppiayia consirtiœerat , lesquels n'ont cessé de réclamer jusqu'à ce jour. Pour ces huit livres les parties ont assigné à l'Eglise de l'abbaye quarante muids de vin à Verzy, mesure du lieu, franc et quitte de toute charge, à prendre sur les rentes que ledit Gaucher y possédait ; il a été convenu que l'abbesse, ou celui qu'il lui aura plu de commettre à sa place, prendra son vin la première, après quoi les héritiers dudit Gaucher prendront le reste. Il a été aussi convenu entre les parties que les dits héritiers ne pourront construire à l'avenir ni four, ni moulin à Suippes, comme ledit Gaucher avait fait souvent au préjudice et détriment de ladite Église d'Avenay. L'Église possédera à perpétuité et sans discussion le moulin qui est près du vivier, et comme le vivier reste aux héritiers , ils seront tenus de réparer la chaussée à leurs dépens chaque fois que la chose sera nécessaire, et l'Église fera faire les réparations qui regardent le moulin. Et, attendu que les religieuses sont tenues de célébrer l'anniversaire dudit Gaucher, à savoir le jour de sainte Catherine, elles pourront à leur loisir faire pécher dans le vivier pour leur entière et pleine réfection. Les neveux de Gaulcher, Gui ôt Gaucher, ont donné leur consentement à tout ce qui

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