‹ Histoire de l'Abbaye d'AvenayChapitre 8 sur 42 · MADAME HÉLI6ENDE · texte numérisé non relu

MADAME HÉLI6ENDE

précède et affirmé par serment qu'ils y donneront leur garantie et l'observeront fidèlement. Helwide et ses héritiers ont aussi juré qu'ils n'inquiéteront jamais l'Église à ce sujet et ne lui apporteront aucun trouble ; que si par hasard ils le faisaient, ils compenseront le dommage dans les quarante jours. De leur côté, les dames religieuses ont renoncé à intenter à l'avenir aucune action contre les héritiers dudit Gaucher au sujet de la Maison-Forte, soit devant le juge ecclésiastique, soit devant le juge séculier. Enfin il a été pareillement dit qu'Helwide pourra citer les hommes de Tabbesse aussi bien que les siens propres pour le paiement de ses cens et en exiger l'amende suivant l'usage ancien. Et pour que toutes ces choses demeurent fermes et stables, nous les approuvons par ces lettres que nous avons confirmées de notre sceau , voulant et défendant , sous peine d'anathéme, que personne soit assez hardi pour les violer ou pour y contrevenir, sauf, en tout, le droit du siège apostolique. Fait l'an de l'Incarnation mil cent quatre-vingt-neuf. Donné de la main de Lambin^ notre chancelier. »

Après cet accord, qui établit si bien quelques-uns des droits qu'exerçait à Suippes l'abbaye d'Avenay, nous avons une lettre de Rotrou du Perche, évêque de Châlons, qui donne en aumône à l'église Saint- Pierre vingt-cinq sols de rente annuelle et perpétuelle. Et cette donation est confirmée par le roi Philippe- Auguste qui, à la prière de l'évêque qu'il qualifie son parent, y a fait apposer son scel en cire blanche, l'an 1193.

Par une autre petite lettre, scellée de son sceau, la comtesse Marie (fille de Louis VII et d'Ëléonore

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d'Aquitaine y et femme de Henri^ comte de Champagne) garantit contre toute résistance^ injure et violence, à Tabbesse et à ses religieuses , la jouissance paisible de la terre que Hugues de Porte- Marne> chevalier, leur donna en considération de l'entrée en leur maison de sa fille et de sa petite-fille, pro filia suœ et pro filiœ suœ. Cette lettre de sauvegarde est donnée en présence de Hugues, l'année 1 193. Le cartulaire nous donne ensuite, de Tévêque de Troyes, Guy de Traisnel, sous son scel en cire jaune et lacs de curr, une belle lettre confirmant à Tabbesse et à ses religieuses les droits qu'elles avaient à Aulnay, près d'Arcis-sur-Aube. Le préambule de cette lettre est curieux : c Comme il faut accorder une sollicitude particulière aux faibles, considérant la fragilité du sexe féminin et surtout la piété des religieuses de l'église d'Avenay qui font le service dans celle de Saint-Remy d' Aulnay, et, comme telles, sont sous notre juridiction. Nous devons et voulons leur accorder notre protection : sachez donc qu'approuvant les aulmônes qui leur ont été faite?, nous confirmons et leur permettons de posséder à toujours toutes les propriétés et biens qu'elles y peuvent avoir acquis, en quelque titre que ce soit, notamment les rentes que le père et la mère d'Alix et d'Adeline deMareuil leur ont données en aumône perpétuelle à Aulnay, Vassoigne et Romainie (près

Ramerupt et Arcis-sur-Aube) Suit une énoncia-

tion de tous les droits , dixmes et redevances de l'abbaye , le tout mis sous la protection de Saint- Pierre de Troyes et sous la nôtre, sous peine d'excommunication Fait Tan de l'Incarnation mil

cent quatre-vingt-quatorze. »

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Bien que , selon nous, il faille arrêter à Tannée 1197 le gouvernement de l'abbaje par Madame Hélisende, nous croyons cependant pouvoir lui attribuer encore les deux actes suivants de cette même année. Il s'agit d'une acquisition de bois.

La petite abbaye de la Charmoie, située près de Montmort, tenait des libéralités du comte de Champagne un petit bois enclavé dans ceux que l'abbaye d'Avenay possédait en la forêt de Reims. Ce petit bois^ appelé le Raret , nom qu'il porte encore aujourd'hui, convenait aux dames d'Avenay, et l'abbé Joscelin, en le leur cédant au prix de cent quatrevingt-dix livres^ pensait faire une bonne affaire pour sa maison. Nous avons la lettre de Joscelin et celle de la comtesse Mat*ie qui approuve et confirme la cession. La première est signée de Foulques, prieur de la Charmoie, de Richer, sous-prieur, et d'Ârnolfe et Robert , moines. La seconde , de Geoffroy Mareschal, de Milon de Provins, de maître Eudes de Sézanne, Manassès de Clause et de Lambert de Bar.

Rien ne nous indique l'époque précise de la mort d'Hélisende, nous la portons à cette année 1197, parce que l'acte suivant, également de cette année, est évidemment postérieur à son abbatiat. Les auteurs du Gallia nous disent qu'il est fait mémoire d'elle à la date du XIV novembre dans le Nécrologe de Saint-Pierre de Reims.

XII« Abbesse.

H»dAme ^IWlilfBiiltUflilfi,

De rëldction des abbesses. — Gaillanme-anx-Blanches-mains iostitue abbesse d^Aveoay Madame Wilhelmiae, religieuse de Jouarre. de la maison de Joinville. — Notice des comtes de Champagne — LMlection de Wilhelmiae désavouée par Thibaut , comte de Champagne. — Guillanme-aux- Blanches-mains s'excuse de Tinstitution qu'il a faite de Madame Wilhelmine et toutefois en sollicite le maintien. — L'élection des abbesses est de droit aux comtes de Champagne. — Thibaut III, bienfaiteur de Tabbaye. — Acquisition des maisons de Reims. — Guillaume-aux-Blanchesmains fixe à quarante le nombre des religieuses du couvent d'Aven ay.

Nous avons omis jusqu'à présent de parler de l'institution des abbesses : Il est certain que les vierges vivant en communauté religieuse sous la règle de Saint-Benott nommaient elles-mêmes leur abbesse, par voie de scrutin , et à la pluralité des suffrages, mais il n'est pas douteux non plus que les maisons de fondation royale ne tinssent à honneur de recevoir leur supérieure des mains du souverain. En vertu du principe féodal , ce droit d'institution devait passer aux grands vassaux dans la circonscription desquels se trouvait l'abbaye. Mais les rois, comme les comtes , omettaient souvent d'exercer leur prérogative, et , dans ce cas, Tabbaye recouvrait son droit et procédait à l'élection : Tévêque ou son représentant présidait aux opérations du scru-

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