PIERRE A SIGUIARD , ROI DE NORVÈGE
Je remercie du fond du cœur le Roi tout-puissant et éternel d'avoir daigné vous inspirer la crainte et Famour du Seigneur, et d'avoir fait prévaloir en vous le goût des choses divines sur les attachements terrestres. Placé comme vous l'êtes, à l'extrémité de l'univers et sous les glaces du pôle, le maître des siècles n'en a pas moins adouci, par la chaleur de son esprit, votre froideur septentrionale; il a fondu les glaces de votre corps et de votre infidélité; et l'on peut s'écrier, en parlant de vous : «Lève-toi, aquilon ; vent du midi, viens, souffle sur mon jardin, et ses parfums vont couler. » Et encore : « Je dirai à l'aquilon, souffle ; et au vent du midi, obéis. »
Nous avons tous appris avec plaisir de la renommée, moi surtout, qui vous aime plus vivement que personne, quelle est votre pieuse soumission à Dieu; combien vous avez pour lui de respect et d'amour ; avec quelle affectueuse tendresse vous avez soumis le faste royal au doux joug du Christ; comment vous vous êtes établi le protecteur de TEglise de Dieu; de quelle manière, nonseulement dans vos états, mais encore dans vos pays les plus reculés du Midi et de l'Orient, vous avez défendu les fidèles contre les ennemis de la croix de Dieu, autrefois par la force de vos armes sur terre et sur mer, et aujourd'hui même avec le secours
empressé de votre vaste flotte. De tout cela, nous rendons grâces., autant qu'il est en nous, au dispensateur de tous biens qui a brûlé votre âme des ferveurs de FEsprit saint, vous a inspiré la force de mépriser les grandeurs d'un trône passager, la puissance et la richesse, et vous a donné la résolution de marcher courageusement dans le chemin du royaume éternel. Menez à bout un dessein si beau; tous nos vœux le demandent au ciel pour vous.
Noie X, page 108.