Cartulaire, pp
2. V. l’intéressante brochure de M. A. Preux, Résurrection d'un grand artiste. Jehan Bellegambe de Douai, peintre du retable d'Anchin. Notice suivie de recherches sur d’autres peintres de la même famille. Douai, 1862. (Extrait des Souvenirs de la Flandre wallonne , t. n, pp. 81 et suiv.) Sur le triptyque du musée (Immaculée Conception), voir dans le même recueil un article de M. Félix Brassart, qui a découvert à la bibliothèque de la rue Richelieu un manuscrit, le Ch ronicon Duaceno-Minoriticum, faisant connaître l’origine, la date et la provenance du tableau en question. ( Souv . de la Fl. wall., t. m, pp. 182 et suiv.) Dès l’année 1860, M. l’abbé Dehaisnes (De l'Art chrétien en Flandre, pp. 297 et suiv.) avait savamment décrit le retable d’Anchin, réfuté l’opinion qui l’attribuait à Memling (Escallier, Viardot, Arsène Iloussaye), et fixé approximativement la date de cette œuvre magistrale. Une découverte faite à Bruxelles par M. A.Wauters vint confirmer de tous points ses déductions et les compléter en déchirant le voile qui recouvrait le nom de l’auteur.
Depuis l’époque où parut la première édition du présent ouvrage, Mgr Dehaisnes a publié une monographie complète du grand artiste qu'il a tant contribué à faire revivre : La Vie et l'Œuvre de Jean Bellegambe. Lille, 1890, 1 vol. gr. in-8° orné de planches.
seulement sur les travaux en cours d’exécution, mais encore sur ceux dont il attendait la commande L
Les œuvres du maître qui figurent dans les documents arrivés jusqu’à nous sont un tableau de sainte Marguerite et un tableau à volets représentant la vie de saint Hubert. Ce dernier paraît avoir été le plus important de ceux dont son riche pinceau orna l’église et l’abbaye. On se rappelle que saint Hubert était à Flines l’objet d’un pèlerinage fort suivi1 2.
Colin, Gobin de Valenciennes, Jacquet d’Anvers, élève de Bellegambe, sont signalés aussi comme ayant exécuté des travaux de peinture sous Jeanne de Boubais 3. A Gobin, l’on dut un triptyque représentant des traits de la vie de saint Bernard. Jacquet orna de nombreuses miniatures un antiphonaire en deux volumes in-folio, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque publique de Douai. La plupart de ces miniatures sont assez médiocres : quelques-unes cependant sont d’une exécution supérieure et révèlent la main d’un artiste. A la fête de saint Benoît, Jeanne de Boubais est représentée à genoux devant le saint législateur, avec la crosse, insigne de sa dignité : c’est une allusion à la réforme qu’elle poursuivit avec tant de zèle 4.
Je ne parle pas des œuvres de sculpture, ni des ornements et vases sacrés dont s’enrichit le trésor. On cite encore une riche courtine, ou grand rideau qui fermait l’entrée du sanctuaire et dérobait pendant le carême la vue de l’autel 5.
Parmi les occupations multiples qui ont rendu son administration si féconde, Jeanne eut principalement à cœur les intérêts spirituels de sa famille religieuse et le soin de sa propre perfection. Tout dans sa vie se rapportait à cette fin suprême.
1. Manuel de 1511-1512 ( Cartulairc , p. 930). — Chronique des Abbesses (Ibid., p. 928).