‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 113 sur 264 · Ibitl., pp. 897 et 898 (5 juin · texte numérisé non relu

Ibitl., pp. 897 et 898 (5 juin

3. Comptes de 1538-1539. — Cartulaire, p. 488. En 1570, Saftinghem fut totalement détruit par une inondation.

Planche VIII

L’ANNONCIATION avec portrait de Jacqueline de Lalaing

M> /licUurc extraite clu Livre d' heures de cette abbesse.

cloître, aux murailles extérieures et aux verrières de l’église, Jacqueline rebâtit clans de vastes proportions le quartier abbatial et le quartier des hôtes.

Pans le bas de l’église, en deçà du transept, les nefs latérales restaient nues et abandonnées depuis que la réforme de 1507 les avait fermées aux fidèles : Jacqueline fit établir, dans chacun des entre-colonnements, de pieux oratoires où les religieuses se retiraient pour vaquer à leurs dévotions particulières. L’abbesse avait le sien, sans préjudice de la belle et vaste chapelle attenante à son quartier. Les autres, attribués aux religieuses les plus anciennes, étaient ornés par leurs soins.

A la voix de Jacqueline qui les conviait à décorer la maison de Pieu, tous les arts apportèrent leur tribut. C’était la peinture animant ses conceptions par la magie des couleurs, ou communiquant la vie aux créations plus froides du ciseau, bas-reliefs et statues ; c’était l’art du peintre verrier, associant le soleil et la lumière aux effets de sa palette; c’était la statuaire, avec son cachet monumental et grandiose.

Pans des régions plus humbles, où le métier toutefois confine à l’art, le ciseleur, l’orfèvre, le fabricant de tissus et de tapisseries historiées, fournissaient de riches ornements pour l'autel, des vêtements sacerdotaux et des objets dignes de servir au culte divin.

Ainsi l’abbaye de Flines, qui devait tant à des abbesses comme Catherine de Saint-Génois et Jeanne de Boubais, acquit un nouveau lustre sous Jacqueline de Lalaing. Elle avait dès lors la réputation d’être la plus magnifique, et, ce qui vaut infiniment mieux, la plus régulière de ces abbayes cisterciennes qui dans les Pays-Bas primaient toutes les autres par leur nombre et par leur importance.

François de Bar la visita vers l’époque où nous sommes arrivés en ce moment. Il décrit ses impressions dans un langage plein d’enthousiasme 1 :

« Quand nous aurions cent bouches et autant de mains pour écrire, dit-il, avec une éloquence plus que cicéronienne, il nous serait impossible d’exprimer dignement l’excellence, la beauté, l’étendue et la magnificence du monastère de Flines. Si l’on

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