Ihstoria episc. AtreOatensis, t. Il, pp
considère le nombre des religieuses, il s’élève encore aujourd’hui à cent vingt, y compris les converses. Elles préparent et confectionnent elles-mêmes tout ce qui est nécessaire pour la nourriture et le vêtement des sœurs : celles-ci filent, celles-là tissent la toile et les diverses étoffes ; d’autres les teignent ; il en est qui fabriquent des souliers ; en un mot, tous les métiers qui peuvent leur servir sont représentés parmi elles. Pffles sont habiles dans la broderie, et presque en tous genres de travaux. . .
» Cette sainte maison a constamment joui d’une bonne réputation, et maintenant l’observance y est tout à fait stricte. Jadis, avec la permission de l’abbesse et celle du révérend père directeur envoyé par le général, les hommes graves et honnêtes étaient admis à visiter le cloître et ses dépendances. J’ai vu alors dans son entier l’église, qui est de toute magnificence, et qui possède sur plusieurs autels de merveilleuses peintures ; j’ai parcouru le cloître, qui dépasse en ampleur et en beauté ceux que l’on voit dans les monastères d’hommes les plus opulents.
» Les salles où les religieuses vaquent à leurs travaux sont très vastes et parfaitement appropriées à leur destination. Je laisse de côté le réfectoire, la cuisine, la brasserie, l’atelier de tissage et autres locaux du même genre. Je ne parlerai pas non plus des superbes oratoires, tant de la Révérende Abbesse, dans son quartier et à l’église, que des principales religieuses dans le pourtour intérieur du temple. J’ajouterai seulement que, dans ces dernières années, un visiteur général qui avait parcouru l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et toute la France, étant venu en Belgique, et visitant aussi ce monastère, déclara, comme je l’ai ouï dire, que nulle part il n’avait vu une maison de religieuses comparable à celle-ci 1.»
Les travaux que les abbayes faisaient exécuter répandaient l’aisance en répartissant sous la forme du salaire, stimulant de
t. Il pourrait bien être question ici d’un moine espagnol, Bernard de Villalpand, qui entreprit, avec la permission de ses supérieurs, un voyage d’exploration historique et archéologique dont il a consigné les résultats dans un volume resté manuscrit sous ce titre : Itinenarium ordinis Cistcrciensis. Il serait intéressant de retrouver ce volume, si toutefois il a pu échapper au vandalisme de la Révolution qui, en Espagne comme chez nous, a détruit tant de richesses littéraires et artistiques. (V. C. de Visch, Biblioth. Script. Ord. Cislercietisis, p. 52.)
l'industrie et du travail, les vastes ressources dont disposaient ces puissantes associations. Ainsi s’entretenait dans nos villes une activité artistique maintenant absorbée par quelques centres populeux, ou pour mieux dire par un seul. Les artistes qui décoraient les monastères de Flines, de Malchiennes ou d’Anchin, habitaient pour la plupart Lille, Douai, Valenciennes, Tournai ou Cambrai : aujourd’hui, sauf de rares exceptions, le plus médiocre talent quitte son pays et va chercher fortune dans la capitale, où trop souvent il ne rencontre que la misère. Autrefois, l’art pouvait se produire dans ses plus hautes conceptions: il était apprécié par un public capable de les comprendre et de les rémunérer. Maintenant, ce sont les petits genres qui fleurissent, trop heureux encore quand l’art prostitué ne flatte pas, pour obtenir un peu d’or, les instincts les plus bas des cœurs dépravés.
Avant son élévation, Jacqueline de Lalaing avait montré déjà son goût éclairé pour les arts en faisant exécuter un livre d'heures qui, parvenu jusqu’à nous dans un parfait état de conservation, est certainement une des plus curieuses merveilles qu’on puisse voir en ce genre L
Ecrit avec un grand luxe calligraphique, sur un vélin d’une blancheur et d’une finesse peu ordinaires, ce splendide volume est orné à profusion de majuscules où l’éclat de l’or se détache sur les couleurs les plus vives et les plus harmonieusement agencées.
En tète des grandes divisions et aux fêtes principales, on
1. Ce volume, après avoir fait partie de la riche collection de M. de Cugnac, à La Madeleine-lez-Lille , est passé entre les. mains de sa fille, Madame veuve de Badts de Cugnac, à Marcq-en-Barœul. C’est grâce à son obligeance que j’ai pu le décrire et publier une des miniatures qu’il renferme. Je me plais à lui exprimer ici toute ma reconnaissance.
Le format, qui répond au petit in-8“, mesure environ dix-sept centimètres sur onze. Les feuillets ne sont pas numérotés. Sur le dernier on lit : Ce présent journal à l'usage de Cistcaulx appartient à dame Jacqueline de Lalaing, abbesse du monastère de Flines, et f ut escrit l'an Nostre-Seigneur mil YcXXXlI. C’est en effet un Diurnal, c’est-à-dire un livre d’office qui contient toutes les heures de la journée, depuis laudes jusqu’à compiles, selon le Bréviaire de Cîteaux.
En tète du volume se trouve le calendrier. On y remarque les fêtes de saint Biaise, de saint Vaast et de saint Amand, de saint Albin, de saint Cuthbert, de la dédicace des églises de Flines (28 mai), de Clairvaux (13 octobre) et de Citeaux (17 octobre), de saint Léger et de saint Hubert. A la suite des offices usités dans l'ordre de Citeaux se trouvent deux petits offices de dévotion : liane de Passione Domini, et Horæ Conipassionis Virginis Mariæ.
admire une splendide miniature qui occupe toute la page, ou qui s’étale simplement sur les marges agrandies pour lui faire place. Çà et là, surtout en regard des grandes compositions, le texte est entouré d’un encadrement où des fleurs, des fruits, des oiseaux, sont peints sur un fond or mat avec une délicatesse infinie. Impossible d’imaginer quelque cAose de plus frais et de plus suave L
Les miniatures dénotent un artiste de l’école de Bellegambe. Son nom est malheureusement resté inconnu : comme tant d’autres, il n’a pas signé son œuvre et aucun document n’est venu lui en rendre la gloire.
11 est intéressant pour nous de retrouver à côté des scènes sacrées qui ornent ce manuscrit, non seulement le portrait de Jacqueline, mais ceux de tous les membres de sa famille. C’est d’abord son père, Arthus de Lalaing, avec ses trois fils 1 2. Puis, c’est Jeanne de Habarcq, épouse de ce seigneur 3 *, avec ses sept filles, parmi lesquelles notre abbesse figure au cinquième rang, derrière ses sœurs plus âgées : le sommet de sa tête est seul visible, et elle n’est reconnaissable qu’à son voile de religieuse. L’artiste nous dédommage en la faisant reparaître dans une autre miniature, où nous pouvons cette fois contempler ses traits L Sidrac de Lalaing, son oncle, doyen de Saint-Omer et prévôt de Saint-Pierre à Douai, clôt cette galerie de famille 5.
1 . L’un de ces encadrements, placé à la fête de Pâques, représente par exception une série de bijoux de l’époque.
2. Il est représenté avec les armes de Lalaing, brisées d'un lambel à trois pendants d’azur. Sur un cartouche on lit : A rtus de Lalaing, seigneur de Hordain. Derrière lui se tient saint Louis, qu’il avait pris sans doute pour patron. Des trois fds d’Arthus un seul nous est connu : c'est Ponthus, le vainqueur de Thérouanne.
3. Elle est représentée en costume de veuve. Son mari était mort en 1521. Devant elle un prie-Dieu avec son écusson aux armes de Lalaing, brisées comme ci-dessus, et de Habarcq. A côté sur un cartouche on lit : Jehcnne de Habarcq, dame de Hordain ci de B rebières, etc. Derrière elle se tiennent saint Jean l’évangéliste et saint Jean-Baptiste, ses patrons. Des sept filles que notre miniature lui donne, V Histoire et généalogie des comtes de LoAaing, par M. Brassart, 2- éd.. pp. 29-30, en connaît quatre seulement : Anne, qui épousa Nicolas de Lannoy, seigneur de îlaingoval : Bonne, qui épousa Adam d’Esne, seigneur de Béthencourt ; Yolande, qui épousa Jean de Laporte, seigneur de Morslède, et enfin, Jacqueline, abbesse de Flines.
4 C’est la miniature reproduite en tète de ce chapitre. Dans le manuscrit, sur la bordure inférieure de la page placée en regard, se trouvent les armes de Jacqueline, qui sont les armes pleines de Lalaing, avec cette devise : O mater Del, mémento mei.
5. Il est représenté en chanoine, avec l’aumusse sur le bras. Sur le prie-Dieu
Ce qui n’est pas moins intéressant, c'est le portrait de Jeanne de Boubais, encore abbesse quand ce livre fut écrit (1532), et une petite scène charmante, où l’on voit des religieuses de Flines occupées à la cueillette du houblon.
Quand même nous aurions les éléments de ce travail, il serait fastidieux d’énumérer toutes les œuvres d’art exécutées sous la prélature de Jacqueline de Lalaing. Cependant quelques indications relevées dans les comptes de l’abbaye ne seront pas sans intérêt pour l’histoire artistique de nos contrées, trop peu connue encore dans ses détails h
Non contente de restaurer les verrières de l’église, Jacqueline voulut aussi orner de vitraux les édifices élevés par ses soins. Maître Jean Stais, peintre verrier de Lille, exécuta sur vingthuit panneaux, pour la salle de l’abbesse, l’histoire de Joseph et celle de Suzanne, le double triomphe de la chasteté dans l'Ancien Testament.
La peinture, l’art par excellence, était toujours celui auquel on recourait le plus. Les peintres qui travaillèrent à cette époque pour l’abbaye de Flines furent Martin Bellegambe, fils de l’illustre maître dont la carrière venait de s’achever ; Jean Bacheler, peintre de la ville de Douai, et Jean Lalie, qui paraît avoir habité la même ville.
Martin Bellegambe peignit pour l’abbaye de Flines un portement de croix et plusieurs autres tableaux dont aucun, que je sache, n’est arrivé jusqu’à nous.
Jean Bacheler, « paintre et estoffeur d’imaiges, » fut chargé des écussons appendus dans l’église pour les funérailles de Jeanne de Boubais * 1 2. Les artistes ne dédaignaient pas alors une semblable besogne. Quelques années plus tard, il décora de peinture polychrome deux statues en bois, l’une de saint Martin et l’autre de saint Georges, dues au ciseau d’André Bérens.
J’ai déjà fait remarquer combien furent en vogue, pendant tout le moyen âge, les œuvres collectives où le ciseau et le
figurent les armes pleines de Lalaing. Derrière, un saint que le chapeau rouge placé près de lui semble désigner comme étant saint Jérôme. C’était sans doute le patron que Sidrac s’était choisi. Sidrac de Lalaing mourut en 1534. Il fut inhumé à Saint-Omer, où l’on voit encore son tombeau.
1. Ce qui suit est emprunté surtout aux Manuels acs Boursières de 1537-1538 et de 1342-1543. V. les extraits contenus dans le Cartulaire, pp. 933-937.
2. Sur Jean Bacheler, v. les Souvenirs de la Flandre wallonne, t. n, pp. 28 et 29"
pinceau unissaient leurs efforts. Ce genre n’était pas abandonné au XVIe siècle. Toutefois l’église de Flines possédait aussi des œuvres de sculpture dont la matière précieuse excluait le décor polychrome. Ainsi nous voyons qu’André Bérens fut chargé de la restauration d’une statue en albâtre de saint Philippe.
Jean Bacheler eut encore la mission de décorer six panneaux sculptés du retable qui ornait l’autel de sainte Anne. Pour compléter l’œuvre, on fit appel au talent de Jean Lalie, qui exécuta sur deux volets, « en plate painture à l’huille, » une grande composition.
A l’extérieur, l’arbre de Jessé, sortant de la bouche du patriarche, étendait ses rameaux en tout sens. Au pied du tronc, on voyait d’une part l’arche et ceux qu’elle allait abriter contre les eaux du déluge; de l’autre, Noé endormi près de la vigne, avec ses trois enfants.
Sur les panneaux intérieurs, l’artiste retraça plusieurs figures de l’Ancien Testament, analogues aux bas-reliefs qui formaient le soubassement du retable, et qui représentaient la nativité de Notre-Seigneur et sa résurrection. C’étaient d’une part Joseph envoyé vers ses frères, sa rencontre avec eux, les habitants de Jéricho obtenant du prophète Elisée qu’il enlève l’amertume de leurs eaux ; de l’autre, Sarnson emportant les portes de Gaza, déchirant un lion, combattant les Philistins, et enfin rompant les cordes qui l’attachaient.
Il est parlé encore, à propos de Jean Lalie, des peintures qu’il exécuta au Calvaire, et de diverses restaurations dans les chapelles de saint Jérôme et de saint Jean-Baptiste.
Ces détails sont empruntés aux comptes de deux années seulement. Combien d’autres se trouvaient mentionnés dans les documents de même nature anéantis par la révolution ! Quel dommage que le vandalisme de cette époque néfaste ait détruit ou dispersé tant d’œuvres remarquables !
Il est certain, par exemple, que le fameux miniaturiste Hubert Cailliau 1 avait beaucoup travaillé pour Flines. Un curieux document en administre la preuve, en même temps
1. Sur les œuvres de cet artiste, v. M. Dehaisnes, De l'A rt chrétien en Flandre, pp. 88 et 89.
qu’il fait voir combien le souvenir de Jacqueline de Lalaing, la bonne abbesse, était cher au cœur de l’artiste.
C’était en 1573. Hubert Cailliau, arrivé au déclin de sa carrière, eût dû jouir en paix du fruit de ses travaux. Hélas! le malheur vint fondre sur lui : il perdit le peu de bien qu’il avait amassé, et se trouva sans ressources, sans asile et sans pain.
Que faire alors ? Il a usé sa vie au service des cloîtres. Il ira leur demander un asile que la charité ne refuse point à l’infortune, encore moins au talent malheureux. Donc il se rend à Flines, et, sous la protection d’une mémoire vénérée, il s’adresse à Gabrielle d’Esne, qui occupe le siège abbatial illustré par sa tante Jacqueline de Lalaing.
Hubert Cailliau se mêlait parfois de versifier. Il composa pour la circonstance une requête poétique dont le tour est vraiment ingénieux L
Le poète, endormi, se voit transporté dans un frais bocage où le printemps lui sourit avec tous ses charmes. Accablé de tristesse, il demeure insensible aux attraits de la nature, et ne peut qu’exhaler uûe plainte douloureuse. Tout à coup des profondeurs du bois s’avance une dame éclatante de beauté : un essaim virginal lui forme cortège. Le poète se tait, tremblant d’une douce émotion, et une voix se l'ait entendre qui répand sur son cœur un baume délicieux :
Povre Cailliau, comment Mescongnois-tu ta dame Jacqueline,
Qui t’as été et à maint tant bégnine,
Lorsque j’estoye en Flines l'humble abbesse Gouvernant lors la maison en liumblesse,
Sy longuement qu’y fis mon jubilé Où tu estois.
Le pauvre vieil artiste, à ces mots, reconnaît sa bienfaitrice ; il lui parle de ses douleurs, mais Jacqueline sait tout ; elle panse la plaie et indique le remède :
Passe oultre et va à Flines,
Où trouveras une abbesse bégnine ;
Ma niepce elle est : c’est dame Gabrielle,
Qui envers toy a aussy ung bon zelle,
1. Le texte de cette requête se trouve intégralement dans notre première édition, note m, à la fin du volume.
Et sy serois vers elle bien venu,
Croy moy, amy, et aussi retenu En sa maison, si tu en fais requeste.
Cailliau accepte cet avis avec un empressement plein de reconnaissance, et puis, ajoute-t-il, après un suprême adieu,
Sur ce point disparu
Ceste umbre saincte, et sy ne sceu par u,
Fors que je veis comme une estoille gente Montant au ciel fort claire et réfulgente.
Hubert s’éveille aussitôt, écrit en vers ce songe mystérieux, et termine ainsi sa requête poétique :
Sy vous supply très-humblement, Madame,
A qui Dieu doint salut de corps et d’âme,
Que sy avez pour moi mettre en besoigne,
Que le fâchiez, car mon vouloir ne soigne Qu’à vous complaire ainsi qu'humble servant,
Tour quelque bien estre ainssy desservant ;
Ou sinon ce, je vous supply, de grâce,
Me retenir ichy pour quelque espace.
Cela faisant, à dire vérité,
Peu vous sera, sy ferez charité,
Et le bon Dieu vous le guerdonnera Lassus au ciel, car gloire donnera A celle ou cil qui fait miséricorde,
Et qui du povre affligé se recorde.
Nul doute que le vieil artiste n’ait rencontré à Flines l’accueil sympathique sur lequel il pouvait à bon droit compter.
Cette affectueuse bénignité qui faisait le fond du caractère de Jacqueline se montrait davantage encore dans sa conduite avec les religieuses. Elle aimait toutes ses sœurs d’une affection sincère et cordiale. On raconte qu’un jour le médecin de l’abbaye, mandé pour une converse malade, se fit un peu attendre. Blessée dans sa sollicitude maternelle, Jacqueline lui adressa des reproches. « Oh ! répondit le docteur, si c’eût été pour une dame, je me serais empressé d’accourir, mais pour une soeurette, il n’y avait pas de quoi se presser tant. » A ces mots, la sainte abbesse ne put contenir son indignation.
« Sachez, lui dit-elle, que la santé d’une sœur m’est aussi chère que celle d’une dame. Sortez d’ici, et désormais ne paraissez plus dans cette maison. » Le médecin confondu s’épuisa en
excuses. On ajoute qu’il eut beaucoup de peine à rentrer en grâce et à conserver son emploi L A une aussi belle âme il manquait quelque chose encore. Dieu acheva de la sanctifier par la souffrance. Un mal affreux, un cancer dévorait notre sainte abbesse, sans que l’expression de sa physionomie, toujours calme et souriante, laissât deviner ses cruelles douleurs. Plusieurs années s’écoulèrent de la sorte. Enfin, après avoir édifié ses sœurs par l’exemple des plus admirables vertus, et surtout par sa patience héroïque, elle passa au lieu de l’éternel repos, le 26 février 1501 1 2 3. Elle fut inhumée dans l’église, devant l’autel de saint Bernard. On lui crigea comme à sa devancière un riche mausolée en marbre, avec sa statue d’albâtre en demi-bosse 3, et Guillaume Bugnotte, confesseur du monastère, célébra ses louanges dans cette épitaphe :
Præfuit hio quondam toto venerabilis ævo,
Quæ celebranda venit tempus in omne sequens.
Inclyta progenies comitum, sata sanguine ruagno Heroum, egregia nobilitate micat.
Ast animi virtute fuit præstantior atque Ingenio pollens, relligione gravis.
Corporis incessus mores referebat honestos,
Compositæ indicio verbaque mentis erant.
Pallidamors mediotulit, est caro vermibus esca,
Hicque jacent putris corporis exuviæ.
Libéra mens patriam repetit cœloque beatur,
Sedibus et gaudet spiritus ætheréis.
Est anima angelicis sociata choris, fidibusque Créditer altisonis promere dulce melos,
Membra petat donec cunetos reparandaperartus. Duplicibus fiet sic decorata togis.
Ici dans la première place elle fut vénérée de ses contemporains ; de même les âges futurs la célébreront à l’envi. Illustre rejeton des comtes, issue d’un sang de héros, elle brilla de tout l’éclat de la noblesse; les vertus du cœur et les dons de l’intelligence la placèrent plus haut encore, et la piété rehaussa le tout. Dans son extérieur et dans sa démarche se montrait la gravité de ses mœurs, et dans ses paroles se
1. Buzelin, Gallo-Flandria, p. 236. — Martin Lhermite, Histoire îles Saints, etc., p. 528.