Gilles Vendeville
3. Correspondance de Marguerite d' Autriche, duchesse de Parme , avec Philippe II, publiée par M. Gachard, t. i, pp. 453-455.
Malgré l’appui donné par la gouvernante aux sollicitations du comte de Meghen, l’abbesse d’Orienten ne fut point nommée. Le monarque ratifia le choix des religieuses, qui s’était porté sur Philippine de Torcq. En signant cette nomination à Tolède, le 31 mai 1501, Philippe II se souvint de l’autre demande formulée par la duchesse de Parme. Il réserva en faveur de l’abbaye de Nizelles une somme de trois mille florins une fois payés. C’était pour l’époque une somme considérable. En conséquence des ordres royaux, l’abbesse élue souscrivit une obligation qui fut déposée par Jérôme de France, pensionnaire de la ville de Douai, et solliciteur des affaires de la maison et abbaye de Flines près la cour de Bruxelles.
Certes, ni l’abbesse ni les religieuses ne regrettèrent une libéralité qui, sans les incommoder grandement, pouvait sauver de la ruine une maison qui leur était chère et que souvent elles avaient secourue. Quand l’abbé de Nizelles venait à Flines pour une profession ou pour une vêture, il n’en partait point sans emporter une large offrande. Y avait-il quelque livre de chœur à écrire? On était heureux de confier cette tâche à l’ün de ses religieux, et de rétribuer largement son travail h Les honoraires des cinq ou six moines placés à Flines comme chapelains formaient un chapitre de quelque importance dans le modeste budget de Nizelles, chapitre qui venait s’augmenter encore d’un grand nombre de messes que l’on faisait décharger dans cette abbaye, parce que l’on ne pouvait y suffire à Flines. Enfin, des secours pécuniaires directs étaient accordés suivant les circonstances, et ils furent continués jusque bien avant dans le XVIIe siècle. En 1625, l’abbé de Cambron s’exprimait comme il suit dans une lettre où il faisait valoir quelques réclamations en faveur des religieux de Nizelles : « Il faut qu’ils vivent, se trouvant souvent en telle nécessité qu’ils seroient misérables, ne fust l’assistance qu’ils ont d’icy et de Flines 1 2. »
Tout en approuvant le motif qui inspirait le gouvernement et qui était en parfaite conformité avec les sentiments de nos religieuses, on doit regretter la forme de cette intervention officielle. L’aumône est essentiellement libre. On la sollicite, on la conseille : on ne l’impose pas. Chacun doit contribuer aux