‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 12 sur 264 · Cartulaire, p · texte numérisé non relu

Cartulaire, p

2. Ibid., p. 10. — Dans les Documents historiques inédits, publiés par Champollion-Figeac, t. n, pp. 94 et suiv. (Paris, 1843), M. Le Glay a émis l’opinion que l'abbaye de Flines aurait été fondée antérieurement à la date du 9 octobre 1234 par la comtesse Jeanne : Marguerite n’aurait fait que reprendre et augmenter cette fondation. Comme preuve, le savant archiviste allègue la charte de donation du mois de mai citée ci-dessus, où selon lui Marguerite, en mentionnant l’abbaye de l'Honneur-Notre-Dame comme existant déjà, déclare que sa sœur Jeanne en est la fondatrice. Cette interprétation repose sur une erreur de Mirœus (Op. dipl., t. i, p. 579), qui a lu fundavit se rapportant à Jeanne, au lieu de fundavi se rapportant à Marguerite. (V. le Cartulaire, p. 6.) Quant à l’existence d’une donation antérieure à l'acte formel de fondation, je l’ai expliquée dans le texte, et il n’y a rien là qui puisse créer une difficulté réelle.

L'hypothèse de M. Le Glay est contredite par tous les documents, à commencer par celui qu’il invoque. 11 est donc inutile de nous y arrêter davantage.

Les auteurs du Gallia Christiana citent, sans l'avoir vue eux-mêmes, une charte de mars 1260-1261, tirée du Cartulaire de la Brayelle-lez-Ànnay, d’où il

Ainsi le monastère se trouvait constitué. Il eut pour première abbesse Ogive, parente de la fondatrice, qui le gouverna saintement jusqu’à sa mort, arrivée en 1241. Il est probable qu’elle était venue de l’abbaye de Marquette, récemment fondée par la comtesse Jeanne, et qu’elle avait amené de là les premières religieuses de l’Honneur-Notre-Dame.

Cette conjecture s’offre d’elle-même, vu les rapports étroits ' qui unissaient les fondatrices de ces deux monastères et ceux qui unirent longtemps les deux communautés. En 1241, nos religieuses allaient chercher une abbesse à Marquette et, seize ans plus tard, Marquette rappelait la pieuse et sage Ode de Maigny pour lui confier la charge pastorale. En 1270 et 1276, le même fait se reproduit dans la personne de Jeanne de Wavrin.

Il y a là un ensemble d’indices qui, à défaut de témoignages anciens, corroborent les assertions des historiens modernes attestant ce lien d’origine h

Une chose manquait encore au monastère de l’Honneur- Notre-Dame : c’était la bénédiction du Siège apostolique. Elle ne tarda pas à descendre sur lui, entourée de faveurs multiples. Le 19 juillet 1235, le pape Grégoire IX promulguait la bulle suivante * 1 2 :

« Grégoire, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à nos chères filles les abbesse et couvent 3 du monastère de l’Hon-

semble résulter, à ce qu’ils disent, que la comtesse Jeanne et Thomas de Savoie, son second époux, ont contribué à la fondation du monastère de Flines. Le texte de cette charte se trouve dans le Cartulaire de l'abbaye de Flines , p. 140. Comme la date l’indique assez, ce document n’est point de Jeanne, morte en 1244, ni de Thomas de Savoie, qui était retourné dans son pays après la mort de sa femme, mais de Marguerite. La comtesse y vise des lettres de Jeanne et de Thomas, contenant une donation faite à l’abbaye de la Braye lie en décembre 1238. Puis elle ratifie un échange fait par cette abbaye avec celle de Flines, et c’est ici que viennent se placer dans la bouche de Marguerite le£ paroles attribuées à Jeanne par les Bénédictins ou plutôt par leur correspondant anonyme : « Insuper est sciendum quod nos abbatisse et conventui monasterii de Honore Beate Marie, quod primo juxta Orchies fundavimus, et postmodum ipsum juxta Felinas transtulimus, in elemosinam contulimus, etc. »

1. Manrique, Annales Cistercienses, ad a. 1234, ch. xi, n. 2. — Parvus fons ordinis Cisterciensis, auct. Pantaleone Douschon, p. 266. (Manusc. à la bibl. de l’université de Wurtzbourg.) Je dois à une bienveillante communication de M. le bibliothécaire Ruland la connaissance de la Notice consacrée à l’abbaye de Flines dans ce grand ouvrage inédit. P. Douschon, profès d’Eberbach, est mort dans cette abbaye en 1703.

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