‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 129 sur 264 · vieux style · texte numérisé non relu

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des troupes espagnoles. On faisait profession dans cet acte de reconnaître l’autorité du roi d’Espagne, que jusqu’alors le prince d’Orange prétendait respecter, bien qu’il la combattît par les armes. C’était le moyen de faire des dupes en cachant son jeu, et en colorant la révolte d’un prétexte de dévouement aux intérêts du pays.

La liberté de l’Église catholique et son maintien dans tous ses droits étaient expressément stipulés, mais cette clause, de la part des chefs de la révolte, était plus illusoire encore que la précédente. Aussi, comme les hérétiques n’en tenaient nul compte, il se forma un nouveau parti, celui des Malcontents, qui, sans se rallier encore à la monarchie espagnole, s’engagèrent à défendre leur foi contre les violences des sectaires.

La confusion était à son comble. Le pays entier était en armes et divisé contre lui-même. Le gouvernement n’avait plus sous son obédience que les trois provinces de Limbourg, de Luxembourg et de Namur. Mais dès l’année suivante, l’Artois, le Hainaut et la Flandre se soumirent spontanément à l’autorité de Philippe IL « Nous reconnaissons, dit l’abbé de Saint-Vaast portant la parole en leur nom, nous reconnaissons que la guerre à laquelle nous nous sommes laissés entraîner, est une juste punition de Dieu dans sa colère contre nous. Si nous avons paru nous écarter de la soumission que nous devons aux ordres du Roi, on ne doit l’attribuer qu’aux vexations que nous avons essuyées de la part des troupes espagnoles. Nous vous avouerons même que les cris de la liberté nous ont séduits, et que nous avons reconnu trop tard que cette liberté n’était qu’un voile qui couvrait les pernicieux desseins des ennemis de la religion et de la royauté L »

Cette démarche n’amena point la pacification complète de la Flandre wallonne. Les Gantois d’une part, et de l’autre les Huguenots français commandés par La Noue, infestaient le pays de Lille ; les garnisons de Cambrai, de Bouchain et de Tournai, villes restées au pouvoir de la ligue, inquiétaient les alentours par de fréquentes incursions.

Pendant cette période des troubles, les Dames de Flines se virent forcées encore une fois d’abandonner leur monas-

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